Les déterminants de la croissance

Les premières analyses de la croissance datent de la Révolution Industrielle (XVIIIe). Depuis, les gouvernements du monde entier n’ont qu’une lubie : favoriser la croissance à tout prix. Pour ce faire, il faut stimuler l’activité économique (par une relance économique par exemple). Voyons ensemble les déterminants de la croissance !

Tout d’abord, la croissance économique, c’est l’augmentation, pendant une ou plusieurs périodes longues, d’un indicateur de dimension (Perroux). Cette variation se mesure grâce à l’évolution annuelle du PIB.

 

Les déterminants de la croissance (à court terme)

Au-delà des facteurs conjoncturels liés à la demande, la croissance s’analyse également autour d’éléments structurels liés à l’offre.

 

Les déterminants de la croissance (à long terme)

 

  • L’hypothèse d’une croissance finie (vision traditionnelle)

La croissance, dans cette théorie, s’explique par l’augmentation du capital (l’investissement soutiendrait la croissance) et par l’augmentation du facteur travail (allongement de la durée de travail, accroissement de la population active). Néanmoins, une telle analyse aurait pour conséquence de conclure que la croissance serait « finie » (car augmenter indéfiniment la durée de travail ou le capital n’est pas possible).

C’est d’ailleurs ce qu’avancent deux auteurs, qui annoncent au XIXe siècle la fin de la croissance et l’avènement d’un état économiquement stationnaire :

Ricardo « la croissance se heurte à l’avarice de la nature » puisque le rendement des terres est limité.

Malthus « la croissance bute sur la loi de population » puisque la croissance démographique serait exponentielle alors que la croissance de la production serait arithmétique.

 

  • Les autres hypothèses de croissance (visions plus moderne)

Adam Smith, dans un élan d’optimisme, indique que la croissance prend sa source dans la division du travail. Ainsi, améliorer cette dernière permet tout naturellement de stimuler la croissance. On peut développer en évoquant la DIPP (division internationale des processus de production) qui permettrait donc d’élever à un niveau supérieur la croissance (l’exemple type de DIPP étant l’iPhone).

Cette vidéo t’explique la DIPP made in Apple !

Enfin, Jean Baptiste Say créa la « loi des débouchés ». Celle-ci explique que la croissance peut être stimulée par la production des entreprises. En fait, les salaires versés aux salariés seront destinés à la consommation et stimuleront une partie de la demande du produit créé. -> Le salarié produit, reçoit son salaire, et enfin consomme (parfois) le bien qu’il a lui-même fabriqué : il crée sa propre demande. La loi des débouchés fut utilisée par Ford, avec Henry Ford qui souhaitait vendre ses voitures à ses propres salariés.

 

L’hypothèse d’un progrès technique exogène

La croissance exogène est la théorie qui considère le progrès technique comme exogène, c’est-à-dire dû à des facteurs externes. Il s’agit d’une théorie défendue par Robert Solow, économiste néoclassique !

Le résidu de Robert Solow (1956)

  • Le modèle de Solow est un modèle souhaitant déterminer les sources de la croissance. Pour l’économiste, l’augmentation du volume de production a trois causes différentes : l’augmentation du facteur capital, l’augmentation du facteur travail et le troisième qu’il nomme « résidu ». Ce résidu signifie en fait progrès techniques & innovation. Pour Solow, les deux premiers facteurs (le capital et le travail) sont contrôlables. En revanche, pas le dernier.
  • Les travaux de Carré, Dubois et Malinvaud qui ont pour base le modèle de Solow montrent que durant les 30 glorieuses (1945-1975), l’augmentation du facteur travail et capital ont eu un impact assez faible et que c’est en fait le résidu qui fut la cause de la croissance.

 

Les théories de la croissance endogène

Les théories de la croissance endogène permettent d’expliquer précisément la croissance économique, autrement que par un résidu tombé du ciel. Elles ont vocation à répondre directement à Solow. Ces théories montrent que le résidu n’est pas inexpliqué.

De plus, les théoriciens qualifient la croissance endogène d’auto-entretenue car elle permet le financement d’investissements qui vont la renforcer.

La croissance proviendrait donc du comportement des agents, comme l’investissement des entreprises, de l’Etat ou des ménages. Pour les auteurs, le rôle de l’Etat prend tout son sens puisque c’est la seule entité qui peut investir dans l’éducation, la santé et les infrastructures publiques.

Néanmoins, il convient de prendre du recul sur le fameux « rôle de l’état pour la croissance » puisque le financement de celle-ci par l’innovation est de moins en moins une réalité. Le phénomène d’entreprise zombie le démontre bien (lien en fin d’article).

Pour résumer, les théories de la croissance endogène considèrent les investissements publics, la R&D, les brevets, la qualification des salariés et l’état de santé de la population comme des facteurs indispensable pour augmenter le PIB. Cependant, le délai est long entre le financement de la R&D et les résultats sur la croissance, cela ne se fait donc pas d’un simple claquement de doigts !

Aujourd’hui,  la Direction générale du Trésor utilise les théories de la croissance endogène pour la modélisation économique.

 

Conclusion sur les déterminants de la croissance 

Finalement, on constate un grand éventail de déterminants de la croissance, qui évoluent avec les perspectives économiques actuelles. Quoi qu’il en soit, face aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux actuels, le fonctionnement de l’économie pourrait se retrouver polarisé. Partisans de la soutenabilité forte d’un côté, défenseurs d’une soutenabilité faible de l’autre.

 

Définitions

Soutenabilité forte : C’est l’idée qui convient d’une décroissance. En effet, la croissance mettrait en danger la capacité des générations futures de pouvoirs répondre à leurs besoins.

Soutenabilité faible : L’idée qui convient d’une poursuite du fonctionnement capitaliste, de production à haute cadence, en favorisant une production vertueuse. Cela tend vers la croissance verte.

Lire plus : La croissance vue sous un angle managérial.

Lire plus : L’innovation en danger, la croissance également ?

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