Les ouvrages pour faire la différence en ESH #04 La mondialisation

Dans la filière ECE, l’ESH est avec les maths la matière clé pour resurgir les concours. L’exercice roi de cette épreuve est bien évidemment la dissertation, redoutée de nombre d’étudiants.

Pour vous aider, Mister Prépa vous propose une série d’articles sur les ouvrages les plus utiles à citer et maîtriser pour faire la différence dans vos dissertations d’ESH. Les grandes thématiques seront abordées (marchés financiers, crises, développement, commerce…).

Vous trouverez une liste d’ouvrages, chacun accompagné de l’argument principal, d’une brève explication, parfois d’une citation et de compléments faisant référence à d’autres ouvrages, concepts ou théories qui sont en lien avec le premier ouvrage. A la fin, nous vous proposons des exemples de sujets que vous pouvez réaliser afin de vous entraîner ainsi qu’un rappel des auteurs de référence que vous avez dû voir en cours (si ce n’est pas le cas, faites des recherches car ils sont essentiels dans les dissertations).

Aujourd’hui, on traite des ouvrages sur la mondialisation et le commerce, un thème qui se réfère plutôt au cours de deuxième année mais qui peut aussi être utilisé en première année pour approfondir !

 

Les citations : 

  • K. Ohmae :  “interlinked economy”
  • K. Polanyi : ”désencastrement” (1944) > contribue à une diffusion internationale des paradigmes libéraux

 

  • E. Todd ou J. Sapir (2011) : “démondialisation” : La fragmentation de la chaîne de valeur semble atteindre ses limites. Les délocalisations en cascade ont en fait généré des coûts de coordination importants et certaines entreprises n’hésitent pas aujourd’hui à relocaliser. La recherche d’une compétitivité hors prix tend à remettre en cause les dynamiques traditionnelles de la mondialisation. 

 

  • Weiller (1982) : “préférences de structure”
  • A. Dunkel : “régionalisation et mondialisation apparaissent comme les deux faces d’une même pièce” > Les pays membres de l’UE effectuent ainsi près de deux tiers de leur commerce extérieur entre eux. Pour les pays de l’ASEAN, ces échanges intra-zone représentent un quart des échanges totaux (contre 15% il y a 50 ans).

 

  • P. Magnette (2017) dans une tribune au Monde affirmait que l’”Europe doit inventer une nouvelle mondialisation”. L’enjeu est alors de savoir si les unions régionales telles que l’UE ont aujourd’hui le poids et les capacités nécessaires pour penser et imposer une nouvelle forme de mondialisation qui permettent de dépasser les contradictions de celle que nous avons connu jusqu’alors. 

Les classiques : 

  • Krugman : après 2008, il reconnaît que la mondialisation peut engendrer des effets pervers. 
  • Smith (1776) / Ricardo (1817) / Modèle HOS (1933)
  • Lassudrie-Duchêne (1979)
  • Linder (1961)
  • Reinhart et Rogoff (2009)
  • Kaldor (1970) 
  • Viner (1950)
  • F. Bourguignon (2012) : montée des inégalités 
  • et bien d’autres…

Les originaux : 

  • Romain Leclerc Mondialisation (2014) : 68% des Français pensent que la mondialisation est un processus inégalitaire qui profite essentiellement aux plus riches. 37% d’entre eux pensent également que la mondialisation agit plus pour le pire que pour le meilleur. Les économies en développement représentent aujourd’hui 43% des exportations mondiales de marchandises et 41% des importations de ces dernières. Au début des années 2000 ces proportions étaient respectivement de 30 et 28%. En 2010, pour la première fois dans l’histoire de la mondialisation, les échanges Sud-Sud sont devenus supérieurs aux échanges Nord-Sud. L’auteur explique aussi la récente apparition d’une mondialisation culturelle avec une américanisation du monde : la culture des différents pays du monde se répands dans d’autres. 

 

  • F. Lenglet, La fin de la mondialisation (2014) : prédit le déclin progressif du libre-échange et le retour à une forme de “protectionnisme raisonné”. Entre 2005 et 2015, l’OMC estime que les flux de marchandises ont augmenté de plus de 50%, passant de 11 milliards de dollars à près de 17 milliards. Dans le même temps, les flux de services commerciaux suivaient une progression encore plus rapide, passant de 2000 milliards à près de 5000 milliards de dollars. 

 

  • S. Berger, Notre première mondialisation : leçons d’un échec oublié (2003) : La mondialisation est certes un phénomène récent, elle n’en est pas moins inscrite dans la dynamique longue du capitalisme. Le XIXème marque une première phase de la mondialisation moderne en accélérant l’interconnexion commerciale entre les nations occidentales. La seconde phase de la mondialisation, plus récente, prend place dès la fin des années 70s avec une accélération du mouvement de libéralisation internationale des échanges, notamment axée autour des flux de capitaux. 

 

  • P. Bairoch, Mythes et paradoxes de l’histoire économique (1999) : Le 19ème siècle illustre le caractère réversible de la mondialisation. Les périodes de crises économiques se soldent généralement par un mouvement de repli nationaliste. Illustration : Tarifs Méline (1892), Smoot-Hawley Tariff (1930) > Entre 1929 et 1932, la valeur mondiale du commerce mondial accusait une chute de 60%. 

 

  • S. Jean au CEPII, L’économie mondiale 2021 (2021) : Les exportations mondiales ont ainsi chuté de plus de 40% entre 2008 et 2009, soit plus qu’après 1929. Pour les IDE, la chute a atteint les 50%. Si après 2010 on a observé une certaine reprise des échanges, on assiste selon l’OMC à un nouveau repli des échanges entre 2015 et 2016. Les FMN emploient plus de 4% de la population mondiale. Pour le cas français, c’est près d’un salarié sur deux qui travaille aujourd’hui pour une firme multinationale, et cette proportion atteint même 2 sur 3 dans le secteur industriel. Les flux intra-firmes représentent quant à eux plus du tiers des échanges internationaux. 

 

  • D. Rodrik, Has Globalization gone too far ? (1997) : “trilemme de Rodrik” > Comment introduire plus de démocratie dans un processus de mondialisation devenu illégitime vis-à-vis des souverainetés populaires. Les manifestations contre les accords de libre-échange TAFTA et CETA ont illustré l’appétence des populations pour une plus grande régulation de la mondialisation et leur refus d’un ultra-libéralisme trop poussé. 

 

  • Sachs et Warner, Development economics (1997) : sortir de la mondialisation reviendrait à en effacer les avantages substantiels : effet de dimension, effet de concurrence et effet de diversification. L’ouverture à la mondialisation a été un élément essentiel de la croissance de nombreux pays (3,5 points de croissance annuelle moyenne entre 1970 et 1995). Plus globalement, un retrait de la mondialisation constituerait un double choc d’offre et de demande pour les économies nationales. En 2016, la France exporte plus de 670 milliards de marchandises et services commerciaux, soit près d’un tiers de son PIB. Par ailleurs, près des deux tiers de la dette française sont détenus par des investissements étrangers. 

 

  • Winfried Ruigrok, The logic of international restructuring (1995) : Les FMN que l’ont croit être des entreprises multinationales ne le sont en fait pas vraiment. Elles ne participeraient pas à la mondialisation des économies car elles restent principalement basées régionalement. En effet, seules 40% d’entre elles vendent plus de la moitié de leur production à l’étranger. L’auteur évoque également le post-fordisme et les politiques internationales mises en place par de grands organismes comme l’OMC qu’il juge insuffisantes pour véritablement pouvoir parler d’interdépendance des économies. 

Exemples de sujet d’ESH portant sur ce thème :

  • La mondialisation est-elle irréversible ?
  • Doit-on considérer que la désindustrialisation est un processus inéluctable dans un pays développé ? 
  • La mondialisation peut-elle expliquer les mauvaises performances économiques et sociales des pays ? 

N’hésitez à approfondir d’autres sujets d’ESH avec nos autres articles pour faire la différence dans cette matière et performer aux concours. 

 

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