Les relations entre Espagne et Amérique Latine

En termes de politique extérieure, l’Amérique Latine est un interlocuteur privilégié du gouvernement Espagnol. Leur proximité culturelle et linguistique ont permis à l’Espagne (par extension à l’Europe) et à l’Amérique Latine de bâtir de solides liens économiques et politiques.

 

Les faits historiques

Si les relations actuelles semblent apaisées et aspirent à tendre vers des relations équilibrées, cela n’a pas toujours été le cas. En effet ces deux régions font face à un passé compliqué, source de tensions encore aujourd’hui.

La colonisation

En 1519 et 1523, Cortés et Pizarro ont conquis respectivement les empires Aztèque (actuel Mexique) et Inca (Nord du Chili, Pérou et Bolivie). Cette colonisation a eu de nombreuses conséquences sur les territoires d’Amérique Latine : disparition de ces empires, effondrement démographique dû aux virus importés par les colonisateurs, les différentes guerres et aux mauvais traitements infligés aux civilisations (travail forcé, viols…). La colonisation a également donné lieu à une redéfinition des frontières pour se rapprocher du découpage que nous connaissons aujourd’hui.

Les conséquences

Ce lourd passé n’est pas sans conséquences et il est, aujourd’hui encore, source de tensions entre Espagne et Amérique Latine. Bien que l’Espagne ait demandé pardon aux différents pays colonisés et entretienne des relations bilatérales avec ses anciennes colonies, des pays tels que le Venezuela ou le Mexique ont à cœur de refermer définitivement ce chapitre. Le gouvernement vénézuélien a annoncé en Octobre 2020 vouloir renommer les espaces publics portant le nom des colonisateurs. Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador, lui, a adressé une lettre au roi d’Espagne et au pape François en mars 2019, non sans créer un certain malaise en Espagne, demandant des excuses pour les « abus perpétrés contre les peuples indigènes du Mexique ». Ce à quoi le gouvernement espagnol a répondu que « l’arrivée des Espagnols sur les terres mexicaines actuelles ne peut être jugé à la lumière des considérations contemporaines ». Cet événement intervient deux mois après que le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a rendu visite à AMLO au Mexique, ce qui était de bon augure pour leurs relations futures.

 

Qu’en est-il des relations actuelles ?

Ce lourd passé est encore source de malaise entre l’Espagne et certains pays d’Amérique Latine. Néanmoins, les relations économiques et politiques sont bel et bien établies et l’Espagne s’efforce d’apporter son soutien dans le développement des pays d’Amérique Latine.

Sur le plan économique

 La relation commerciale Espagne-Amérique Latine a longtemps été unidirectionnelle, l’Amérique Latine recevant 28% des IDE espagnols. Néanmoins, selon l’ICEX (España Exportación e Inversiones), « l’Espagne et l’Amérique Latine sont entrain de réécrire leur relation économique et commerciale, en développant un modèle d’investissement plus compensé et équilibré ». Preuve en est : l’Amérique Latine est aujourd’hui le quatrième investisseur en Espagne. Les IDE latino-américains représentent 40 517 millions d’euros soit 10,3% des IDE entrants sur le territoire Espagnol, Le Mexique, le Brésil et la Colombie étant les principaux pays moteurs de ces investissements. D’autre part, l’Espagne participe à huit programmes visant à limiter les inégalités et à améliorer la situation économique des pays d’Amérique Latine.

Sur le plan politique  

Les sommets ibéro-américains sont le témoignage des relations diplomatiques entre Espagne et Amérique Latine. Le premier de ces sommets s’est tenu en juillet 1991 au Mexique, depuis, les pays se rassemblent annuellement en Espagne ou en Amérique Latine. Le prochain sommet se tiendra au premier semestre 2021 à Andorre.

Bien que ces sommets soient un élément majeur des relations entre Amérique Latine et Espagne, nous pouvons observer que d’autres actions, notamment à l’initiative du gouvernement espagnol, sont mises en place. En effet, l’Espagne a soutenu les différents processus d’intégrations latino-américains lors de leur mise en place, joue le rôle de pays observateur dans plusieurs organismes multilatéraux ibéro-américains (ex : Organisation des Etats Américains (OEA) depuis 1972, Association latino-américaine d’intégration (ALADI) depuis 1982, Communauté Andine des Nations (CAN) depuis 2011) et participe activement à l’approfondissement d’une relation privilégiée entre UE et Amérique Latine.

Des relations qui profitent à l’Europe

Grâce aux initiatives de l’Espagne, l’Union Européenne a signé des accords économiques avec de nombreux pays d’Amérique Latine. Concernant le libre-échange, il existe à ce jour un accord de libre échange UE-CAN (entré en vigueur en 2013 pour le Pérou et la Colombie et en 2017 pour l’Equateur et auquel la Bolivie n’a pas encore adhéré) et un accord de libre-échange UE-MERCOSUR même si ce dernier connait des complications. Un accord de principe a été trouvé en juin 2019, néanmoins, les textes ne sont pas ratifiés par les différents partis et à ce jour, certains pays dont la France sont opposés au projet. Or, l’unanimité étant nécessaire au niveau Européen l’accord ne peut donc pas se conclure.

 

Conclusion

Ainsi, malgré les souvenirs encore douloureux de la colonisation, Espagne et Amérique Latine ont à cœur de maintenir et de développer leurs relations, conscients des bénéfices économiques et diplomatiques qu’une coopération solide peut leur apporter.

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