L’essentiel de l’indépendantisme en Catalogne

Emprisonnés depuis quatre ans, les indépendantistes catalans, enfermés à Madrid puis en Catalogne pour avoir participé à l’organisation du referendum de 2017, ont été graciés par le gouvernement de Pedro Sánchez. Cette action menée par le gouvernement socialiste a largement été critiquée par les adversaires politiques de droite. Pourtant, la montée en puissance de Vox dans l’Autonomie montre aussi une volonté de rompre avec les idées indépendantistes. Alors, où en est l’indépendance catalane 4 ans après sa «déclaration» d’indépendance ?

 

L’histoire de l’indépendance de la Catalogne depuis 2010

Même si le premier parti indépendantiste catalan remonte aux années 1920, nous pouvons dater les premiers mouvements indépendantistes en Catalogne aux années 2000. Entre 2009 et 2011, des associations de Catalogne organisent des votes locaux. Ces référendums, bien qu’ils ne soient en rien officiels ont quand même montré une forte proportion d’avis favorables à l’indépendance.

C’est le 9 novembre 2014, qu’un nouveau vote est proposé. Si la majorité des voix est favorable à l’indépendance, le résultat est surtout provoqué par la forte abstention de l’opposition : 80% des votes sont favorables, mais le taux d’abstention est d’environ 60%. À la suite des élections de 2015, Carles Puigdemont est élu à la tête de l’Autonomie catalane grâce la victoire du parti Junts pel Sí, une ancienne coalition de partis indépendantistes catalans. Le programme de Puigdemont avait alors pour objectif de mener la Catalogne vers l’indépendance en moins d’un an et demi. Fin 2016, le président du gouvernement Catalan à l’aide du pacte fait avec la CUP (Candidature d’unité populaire) rassemblera les indépendantistes pour signer le Pacte national pour le référendum. Il s’agira alors de la première étape pour Carles Puigdemont vers un nouveau référendum, qui aura lieu presque un an plus tard.

Le 1er octobre 2017 a lieu en Catalogne un référendum non officiel (soutenu par le gouvernement Catalan de Puigdemont, mais rejeté par le gouvernement espagnol) qui donnera lieu, le 27 octobre à la déclaration d’indépendance de la Catalogne par Carles Puigdemont. La participation au référendum restera tout de même assez faible (moins de 50% des Catalans), mais le résultat montrera  que 90% de ceux qui ont voté, sont en faveur de l’indépendance Catalane. La réponse du gouvernement espagnol est alors quasi-instantanée, il décide de dissoudre le gouvernement catalan  et de convoquer de nouvelles élections. Les dirigeants catalans sont alors accusés par le gouvernement espagnol et condamnés par la justice, mais Carles Puigdemont prendra la fuite vers la Belgique. Le nouveau chef du gouvernement catalan devient alors Quim Torra élu en décembre 2017 grâce à une  coalition entre Juntsxcat et ERC, deux partis indépendantistes.

L’indépendantisme catalan depuis Pedro Sánchez

Si Sánchez est arrivé au gouvernement à la suite de la motion de censure contre Rajoy, son second mandat lui a été permis grâce à une coalition entre son parti, le PSOE, Unidas Podemos et les partis indépendantistes et en promettant des négociations. Cependant, lors de son premier mandat en février 2019, la justice espagnole lance un procès contre les indépendantistes catalans : neuf personnes ont été condamnées à des peines allant de 9 à 13 ans de prison. Aussitôt, les manifestations fusent en Catalogne. Du 16 au 18 octobre 2019, les marches de la liberté ont lieu, il s’agit de grandes manifestations rassemblant près d’un demi-million de personnes dans les rues de Barcelone pour contester la décision des juges. Près d’un an plus tard, en septembre 2020, le président de la Generalitat, Quim Torra est accusé de désobéissance, et est condamné à un an et demi d’inéligibilité et aussitôt destitué, il n’a donc pas pu participer aux élections de février 2021. De plus, le gouvernement socialiste (créé par une coalition avec des parti indépendantiste) met en place la « Ley Celaá » qui en partie, supprime le castillan comme langue véhiculée dans les écoles, laissant place au catalan dans les écoles.

Les élections de février 2021 en Catalogne confirment Pere Aragonés comme président de l’Autonomie (il avait succédé à Quim Torra en intérim) et ce, malgré la victoire de Salvador Illa, PSC (alors ministre de la Santé de Sánchez). A la même période, Puigdemont perd son immunité parlementaire européenne. En juin 2021, le président du gouvernement Espagnol, Pedro Sánchez annonce la grâce des 9 dirigeants indépendantistes catalans qui avaient été condamnés en 2019. Cette annonce de Sánchez est critiquée par la population espagnole : 52% des Espagnols étaient contre cette grâce présidentielle. L’objectif derrière cette décision de Sánchez reste tout de même de réconcilier Barcelone et Madrid, pour pouvoir progresser vers une nouvelle ère.

A retenir :

Pour t’aider, nous te proposons une petite frise mémo. Nous savons à quel point ce sujet est difficile mais désormais, plus aucune excuse en khôlle !

  • Les partis indépendantistes en Catalogne : Junts per Catalunya (JuntsxCat), Parti démocrate européen Catalan (PDeCAT) et Esquerra Republicana (ERC dirigé par Oriol Junqueras).
  • Les présidents de la Catalogne : Pere Aragonès (depuis 2020), Quim Torra (2018-2020), Puigdemont (2016-2017)
  • Les grandes dates : 01/10/2017 – 27/10/2017 – 16 et 18/10/2019 – 14/02/2021

Le vocabulaire :

  • Independentismo, La Generalitat, los escaños, un referéndum/plebiscito, las elecciones
  • La huida, la detención domiciliaria, la inmunidad parlamentaria
  • La condena, el encarcelamiento, los indultos

Pour conclure :

Si nous avons daté l’indépendantisme catalan au début des années 2000, il est bien plus ancien que ça. Cependant, nous pouvons voir qu’il s’agit d’un conflit qui divise l’Espagne en deux camps : Madrid et Barcelone. Si les partis de droite s’opposent fermement à l’indépendance de la Catalogne, nous pouvons voir que Pedro Sánchez entend les indépendantistes, et a même eu besoin d’eux, à cela, il faut ajouter les concessions économiques qui restent nombreuses pour acheter un faux-calme dans l’autonomie. La nouvelle investiture de Aragonès pourrait peut-être faire changer les choses, car le président de la « Generalitat » pourrait bien négocier de nouvelles mesures avec le président du gouvernement espagnol.

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