Ma hackosophie : analyser tous les sujets de dissertation de CG

Depuis le début de votre scolarité, vos professeurs de philosophie et de culture générale vous ont répété encore et encore qu’il fallait analyser le sujet de votre dissertation. Cela dit, je suis certain que très peu d’étudiants ont réellement compris ce que cela voulait dire. Je vous livre ici les clés pour hacker la dissertation de philosophie.

Les 3 parties de « ma hackosophie »

La formule « ma hackosophie » se décompose en :

  • « hacko » qui est une méthode décrite ci-dessous (dans le « how to hack ») pour analyser la formulation du sujet
  • « sophie » qui s’appuie sur votre connaissance des termes de l’énoncé et de leur sémantique (synonyme, antonymes, expressions de la langue française qui s’y rattachent etc…)
  • « ma » qui est un élément indispensable pour montrer que l’on s’est bien approprié le sujet ce qui se retranscrit par votre style d’écriture et votre aisance à utiliser des références sans faire de récit doxographique (pour travailler ceci je vous recommande grandement une technique que j’utilisais aussi : les parapersos).

L’analyse du sujet :  “hacko-sophie” (formulation et sémantique)

Depuis le début de votre scolarité, vos professeurs de philosophie et de culture générale vous ont répété encore et encore qu’il fallait analyser le sujet de votre dissertation. Pour être encore plus précis, il faut analyser deux choses : la sémantique et la formulation.

Si la sémantique est largement analysée par tout le monde en cherchant les raisons pour lesquelles le concepteur du sujet a choisi ces mots (on cherche alors des synonymes, des antonymes et des expressions de la langue française pour problématiser), ce n’est qu’après trois années de classe préparatoire que j’ai compris ce que l’analyse de la formulation voulait dire et c’est un point pouvant très facilement se préparer en amont de l’obtention du sujet. Je vous livre ici, et maintenant, une façon d’analyser la forme de votre sujet d’un aspect tout bonnement logique

Ce “how to hack” la dissertation de culture générale (ou de philosophie) est très complet, bien que non parfait. Mon “how to hack” doit être, au minimum, accompagné d’une bonne étude de la sémantique pour avoir un plan de dissertation cohérent. Dès lors, la seule variable que vous devrez travailler méticuleusement sera votre style et votre aptitude à introduire élégamment les arguments et références appuyant votre pensée.

 

Comment lire le “how to hack” : de la logique pure qui va rendre fou vos professeurs

Chaque élément du “how to hack” se décompose avec d’abord le mot ou la structure à repérer (en rouge), en-dessous vous trouverez des exemples de formulation de sujet. Et enfin, j’explicite comment, en copie, vous devez analyser la formulation du sujet (cela peut même vous donner des idées de plans).

 

« ou »

Aimer ou haïr

Avoir à aimer ou être aimé

Confronter le « ou » d’identité (le “=” ) et « ou » d’exclusion (le”≠” et même l’opposition)

« , »

Courtiser, aimer, détester

Aimer, une perte de temps?

Une juxtaposition de termes : Faisons-nous face à des choses équivalentes, des étapes d’un processus ou bien encore des éléments qu’il est incorrect de mettre ensemble?

 

« et »

Bien aimer et bien aimé

Aimer et apprécier

Le premier terme a de l’importance.

Le relation entre les deux termes est-elle copulative (= coordination de termes / Sont-ce des étapes ?) ou adversative (opposition, voire “supplémentaires”, i.e. en opposition mais dont la réunion forme un tout) ou bien encore une relation d’identité (le “et” devient un « est »)

 

Verbe à l’infinitif 

Apprendre à aimer

Aimer l’autre

D’une part, on voit une représentation de l’action, et d’autre part, on ressent une valeur d’ordre. Dès lors, qui donne l’ordre à qui? Qui est actif et qui est passif ? Aussi, faut-il le faire et non? 

 

Termes aux pluriels

Aimer les autres

Pluralité => abondance => est-ce possible de tout assouvir ?

Valeur de concrétisation.

 

Termes aux singuliers

Aimer l’autre

Le sujet présuppose qu’il y en a un unique… Ne pourrait-il pas y en avoir plusieurs?

 

On

Sait-on ce qu’on aime ?

Peut-on aimer sans être aimé?

Il faut impérativement questionner l’identité du “on” ! Qui est ce “on”? Se rapporte-il à quelqu’un de conscient ou d’inconscient ? Le “on” me désigne-t-il moi, moi-même,  le “je” ou bien un ensemble de personnes ? 

 

Peut-on … ?

Peut-on aimer plusieurs choses à la fois?

Le “peut-on” ajoute à la formulation problématique du “on” la confrontation entre la capacité et la valeur morale ou le droit politique. Attention à ne pas se concentrer uniquement sur une des dimensions du “peut-on” en oubliant les autres ! 

 

-able

Aimer, est-ce modulable?

Se rapproche du « peut-on » : capable versus droit et moral

 

Ne… Que…

Aimer n’est-il qu’une perte de temps?

La restriction à quelque chose questionne assurément ce qui ce passe au-delà.

 

Le génitif 

L’histoire d’amour

La tragédie de l’amour

Génitif objectif versus subjectif : il faut faire la différence entre celle que connait l’amour et celle provoquée par l’amour

Nom (l’amour) + adj

L’amour impossible

Le nom associé à un verbe retire son idée de mouvement, on parle alors davantage d’un état. Quid alors du mouvement ?

 

Nom + adj (aimé)

L’être aimé

La forme adjectivale suppose une forme de passivité, quid alors de la forme active ?

 

Verbe  + verbe

Aimer aimer

Vouloir aimer

Aimer savoir

On revient ici doublement à l’analyse de la formulation avec le verbe à l’infinitif, à la particularité près que la réflexion doit se centrer sur la direction du premier mouvement (le premier verbe).

 

“un” / “une”

Aimer une personne, est-ce aimer une âme?

Aimer une personne, est-ce aimer un corps?

Pronom indéfini, comme il l’indique, ne définit par réellement de quoi on parle. On essaiera donc de comprendre la nuance dans la formulation avec un article défini.

Aussi, un tel pronom indéfini est dénombrement (un, deux trois…), ce qui questionne en parallèle l’impossible pluralité présupposée par le sujet.

 

“le” / “la” / “les” / “l’”

Aimer l’autre

Aimer les autres

Aimer le savoir

Aime se termine-t-il toujours par la mort ?

L’article défini, lorsqu’il est au singulier, met de côté la pluralité, alors que lorsqu’il est au pluriel, il met de côté le singulier. (Exemple : on peut aimer quelqu’un sans aimer tout le monde et réciproquement on peut aimer un tout sauf quelques particularités.)

 

Sujets métaphoriques

L’histoire d’amour

L’amour borgne

Tomber amoureux

Il faut absolument jouer sur les mots pour arriver à un questionnement ontologique.

La métaphore décrit bien l’enjeu VS ne le décrit pas bien VS pourquoi la réactualiser ?

Encore faut-il qu’elle soit une « métaphore vive » (RICŒUR : remotivée dans son sens et sa valeur) quand la métaphore « morte » (NIETZSCHE) n’est qu’un illusoire artifice rhétorique pour désigner l’inconstance de sa propre validité. On justifiera alors le rapprochement, sa perte de sens et les arguments de la réhabilitation de la métaphore.

 

Est-il … ? / Est-ce…?

Aimer, est-ce du conditionnel ?

Est-ce qu’aimer est ce qu’il y a de plus beau ?

Il faut se pencher sur l’ontologie du verbe “aimer” : est-il un peu cela versus n’est-il que cela ?

On parle alors de la conception philosophique.

 

Pourquoi … ?

Pourquoi aimer rend-il malheureux?

Pourquoi faut-il aimer ?

D’abord, on interroge la cause (idée du comment et par quel biais, le “pourquoi est-ce ainsi ?”), mais il faut aussi interroger l’objectif (s’intéresser sur le “pour quoi” faire).

Antoine Dalenconte

Étudiant à l'ESSEC en provenance du parcours ECS à la suite de deux années au Lycée Kléber à Strasbourg et d'un khûbe à Saint Jean de Douai. L'égalité des chances commence par avoir toutes les clés en sa disposition. Voici mon expérience : une méthode rigoureuse en mathématiques, une progression fulgurante en géopolitique et un raisonnement abouti en dissertation de culture générale.

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