Au Pérou, une situation politique explosive

Depuis une dizaine de jours, le Pérou est frappé par de nombreuses manifestations un peu partout dans le pays. La population péruvienne manifeste contre le pouvoir et notamment la nouvelle présidente Dina Boluarte, arrivée le 7 décembre 2022. Cette dernière est critiquée pour sa gestion du pays. Le bilan des manifestations est lourd : 42 morts en 5 semaines… La situation politique au Pérou est volcanique depuis quelques mois.

Les grandes lignes de l’histoire du Pérou

Marqué par différentes civilisations, le Pérou a construit son histoire à travers les cultures nazca, huari et mochica. C’est à partir des années 1100, que la culture inca a commencé à se développer via ses différentes légendes et mythes. Dans ces dernières, on y retrouvait les mythes autour de Manco Capac (adoré par le feu et dieu du soleil). Certains lieus mythiques de l’époque inca tentent d’être conservés et sont même devenus des lieux incontournables du patrimoine péruvien actuel. Parmi eux, le célèbre Machu Picchu, qui est devenu un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1983.

L’empire Inca s’est ensuite fait renverser par les troupes du conquistador espagnol Francisco Pizarro au XVIème siècle. Ce dernier conquit l’Empire inca et fut par la suite le gouverneur du pays. C’était le début de la catholisation du pays via des églises ou des cathédrales.

C’est à partir de 1780, que le Pérou a connu un violent revirement de situation à travers Túpac Amaru qui fut l’une des figures de la lutte contre l’indépendance. José de San Martin et Simón Bolivar furent les deux détonateurs pour la quête de l’indépendance en chassant les grands propriétaires d’origine espagnol. Le 28 juillet 1821, José de San Martin déclara l’indépendance de l’actuel Pérou.

Le XXème siècle a marqué le fort lien avec la lutte des classes dans le pays. Dans les années 1960, la situation des propriétés de terre a évolué. La redistribution des terres est devenue plus équitable (alors qu’en 1960, 2% des propriétaires possédaient 70% des terres péruviennes). C’est après le coup d’État en 1968 que le gouvernement s’est lancé dans ce processus.

Dans les années 1970, le Sentier lumineux apparaît au Pérou. C’est un parti communiste fondé par Abimael Guzman qui a participé au conflit armé dans les années 1980-1990. Ce dernier avait pour objectif la prise de pouvoir en établissant la Nouvelle démocratie.

La place du Pérou au sein de l’Amérique du Sud

Le Pérou est un pays d’Amérique Latine avec une superficie de 1,29 millions de km, soit le 19 pays le plus grand du Monde et le 3ème d’Amérique du Sud (derrière le Brésil et l’Argentine).

Ce grand pays d’Amérique latine possède d’importantes ressources naturelles. C’est notamment le cas dans certains secteurs comme celui minier, agricole et énergétique. C’est le deuxième producteur de cuivre. L’or représente la principale exportation du pays (5ème producteur mondial). Le secteur de la pêche incarne les ambitions péruviennes. En effet, le Pérou est le second producteur halieutique mondial.

De ce fait, le pays présente d’énormes promesses pour le futur avec un potentiel de croissance assez intéressant. Néanmoins, la pandémie est venue mettre à mal les ambitions péruviennes avec la pauvreté qui a augmenté (au moins 30% de la population).

Le Pérou est la 6ème économie d’Amérique Latine et est présente dans certaines organisations politiques et économiques du continent. Elle faisait partie anciennement de l’UNASUR (Union des Nations Sud-Américaine). Néanmoins, cette dernière a implosé en 2018. Elle a donc rejoint le PROSUR (forum pour le progrès de l’Amérique du Sud). Une collaboration régionale composée du Brésil, de l’Argentine entre autres, qui vise les infrastructures, l’énergie, la santé et la défense.

Le Pérou fait aussi partie intégrante de la CELAC (Communauté d’États latino-américains et caraïbes). C’est une alternative à l’OEA et elle a pour objectif l’intégration et le développement des pays latino-américains.

 

La situation politique très instable au Pérou

Aujourd’hui, le Pérou, malgré toutes ses ressources, souffre de l’instabilité politique. Le peuple péruvien reproche à la nouvelle présidente de ne pas se soucier de sa population. Cette dernière dénonce une absence de redistribution des richesses. Les secteurs de l’agriculture et du tourisme sont les principales cibles des critiques. L’aéroport de Cuzco a même fermé momentanément. Le peuple se sent lésé d’une situation qui leur est défavorable. Les manifestants soulignent aussi le manque d’écoute du gouvernement.

Néanmoins, après les heurts dans les rues de Lima notamment et les multiples décès depuis 5 semaines, certains ministres ont démissionné. Les ministres du Travail, de l’Intérieur et celui des Femmes et Populations Vulnérables ont quitté le gouvernement à cause de désaccord avec la politique actuelle. La nouvelle présidente Dina Boluarte nie vouloir démissionner.

L’arrivée de cette dernière était due au départ de Pedro Castillo qui est accusé d’avoir tenté de préparer un coup d’État en voulant dissoudre le Parlement. Il est ainsi visé pour trafic d’influence et de corruption.

Le Pérou est dans une situation délicate entre une présidente peu soucieuse des problèmes de son peuple et ce dernier voulant le changement. L’objectif des manifestations est d’obtenir une nouvelle constitution et une dissolution du gouvernement

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