Raymond Poincaré, histoire, politique et succès de cette figure incontournable

Cet article s’intéresse à la vie et l’œuvre de Raymond Poincaré, figure incontournable de la IIIe République. Les sujets “auteurs” en khôlle et lors des examens oraux sont redoutés par les étudiants. En effet, ceux-ci sont très spécifiques, plutôt originaux et demandent au candidat une connaissance précise et approfondie de la figure concernée. Pour autant, ces sujets peuvent rapporter beaucoup de points à ceux qui savent s’en saisir avec adresse. La connaissance des personnalités historiques est également une excellente manière de réviser l’histoire. Cela permet généralement une meilleure compréhension du contexte historique. 

 

Présentation générale de Raymond Poincaré

Raymond Poincaré, né le 20 août 1860 à Bar-le-Duc, en France, et décédé le 17 juillet 1934 à Paris, fut une figure éminente au tournant du XIXe siècle, marquant l’histoire par ses contributions notables dans le domaine politique. Président durant la Première Guerre mondiale, stabilisateur économique par la suite, cet homme a laissé une marque indélébile dans l’histoire de la République.

 

Jeunesse et Formation

Raymond Poincaré naît le 20 août 1860 à Bar-le-Duc, dans une famille bourgeoise cultivée. L’éducation y occupe une place centrale. Il appartient à une bourgeoisie lorraine peu intéressée par les réformes sociales mais soucieuse de l’équilibre budgétaire et des problèmes allemands. Il fait de fortes études de droit et de lettres. A l’âge de 24 ans, Poincaré devient avocat et se fait rapidement remarquer au barreau de Paris. Une brillante carrière s’offre à lui.

 

Entrée en politique de Raymond Poincaré

Ambitieux, il se tourne vers la politique. Il fait son entrée au sein du cabinet de Jules Develle. A 27 ans, il est élu député de la Meuse puis réélu en 1889. Il se fait remarquer par sa mémoire prodigieuse et ses discours prononcés sans aucune note. Durant cette période, il occupe plusieurs postes ministériels.

A la suite du scandale de Panama (1892) qui écarte une grand nombre d’hommes politiques compromis, Dupuy le prend dans son cabinet. Poincaré est en chargé du Ministère de l’Instruction Publique. Il enchaîne en tant que ministre des Finances et vice-président de la Chambre basse en 1898. En 1903, Poincaré se sépare du parti radical. La même année, il est élu sénateur de la Meuse et occupe dans la Chambre haute une place importante.

 

Poincaré, président de la République

Le 12 janvier 1912, Fallières nomme Poincaré Président du Conseil. Il conserve le ministère des Affaires étrangères et s’évertue à ranimer la diplomatie. En août, il se rend à Saint-Pétersbourg afin de renforcer l’alliance franco-russe conclue en 1892. Poincaré est conscient des lacunes entre la France et la Russie et souhaite donc trouver un “complet accord” entre les deux pays. Il garantit aux Russes un soutien français en cas d’attaque allemande. Dans le même temps, il cherche à populariser l’armée française. Les différents succès et sa popularité l’amènent aux élections présidentielles de 1913.

A 51 ans, Poincaré ne part pas favori. On préfère généralement des sexagénaires pour ce poste. Clémenceau l’invite même à se désister. Néanmoins, Poincaré refuse. Il dispose du soutien d’Aristide Briand et de ses compères politiques. Par ailleurs, l’image d’un Poincaré lorrain capable de faire face aux menaces allemandes plaît beaucoup aux députés et sénateurs. Poincaré triomphe largement le 17 janvier 1913.

 

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Le rôle de Poincaré pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918)

Devenu Président de la République, Poincaré va jouer un rôle crucial dans la Première Guerre Mondiale. En 1913, le gouvernement Barthou fait la loi des Trois ans : la durée du service militaire passe de deux à trois ans. Les effectifs français s’élèvent alors à 850 000 hommes soit autant que les Allemands.

La guerre est déclarée le 2 août 1914 et soumet Poincaré à la gestion de crise. Sa fermeté et résolution vont renforcer son image de chef d’État déterminé à protéger les intérêts de la France. Organisant l’Union Sacrée, il s’efforce de faire respecter la constitution en maintenant l’exécutif sous contrôle du parlement.

 

Raymond Poincaré après la guerre

En 1917, il nomme Clémenceau Président du Conseil afin de former un gouvernement capable de gagner la guerre. C’est une réussite, Clémenceau devient le “Père de la Victoire”. Après la guerre, Poincaré continue de jouer un rôle actif sur la scène internationale. Il participe aux négociations du Traité de Versailles, le signe et déclare : “La paix sera une création commune”.

Après son mandat présidentiel, il se retire de la vie politique active et se consacre à des études historiques. Néanmoins, animé de la volonté de siéger, Poincaré se fait élire à nouveau sénateur de la Meuse. Il revient au pouvoir en 1922 lors de la grand crise extérieure. Reprenant la présidence du Conseil et les Affaires étrangères, Poincaré s’attaque fermement à faire respecter les clauses du traité de Versailles.

Lorsque le chancelier allemand Wilhelm Cuno lui fait savoir qu’il ne peut pas poursuivre les paiements, Poincaré refuse et réclame en échange l’occupation des mines de la Ruhr. C’est la doctrine du “gage productif” qui permet au vainqueur de se payer en nature et par prélèvement direct. Ainsi, le 11 janvier 1923, les troupes franco-belges pénètrent dans le Ruhr.

 

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Fin de vie et postérité

En 1924, Poincaré se retire face au cartel des gauches. Il reprend ses travaux historiques mais une nouvelle crise le ramène au pouvoir. Doumergue le rappelle en 1926 pour former son 4ème ministère. De juillet 1926 à juillet 1929, Raymond Poincaré dirige un gouvernement d’Union nationale.

L’objectif est d’éviter la faillite financière et l’effondrement de la monnaie. L’expérience Poincaré est stabilisatrice et rassurante. Ce dernier met en place une politique d’équilibre budgétaire par des mesures économiques strictes. Les impôts sont relevés et la caisse autonome d’amortissement est créée. La dévaluation du franc en 1928 permet son redressement. Ainsi, il redresse la situation financière du pays et permet le retour de la confiance. 

D’autres mesures vont naître sous son gouvernement. Le service militaire est ramené à un an. La première loi sur les assurances sociales est votée en avril 1928. La loi Loucheur sur les habitations à bon marché est adoptée en juin de la même année. En novembre, la Chambre lui renouvelle sa confiance mais un accident de santé l’année suivante le conduit à la démission. Il consacre sa retraite à l’étude historique de sa présidence. Il meurt en 1934. 

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