Zoom philosophique #2 : Spinoza

Voyons ensemble quelques grands axes de la philosophie de Baruch Spinoza que vous pourrez réutiliser aisément en dissertation de culture générale ou même en colle. Il est intéressant de prendre des notes tout au long de cet article pour retenir un maximum d’informations. La veille d’une échéance, il ne vous restera plus qu’à lire toutes les notes que vous aurez prises sur cette série d’articles.

 

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Une courte biographie

Né en 1632 à Amsterdam, Baruch Spinoza est issu d’une famille juive. Converti de force au catholicisme, il est chassé de la communauté juive en 1656 et accusé d’athéisme. La pensée philosophique de Spinoza sera ainsi très empruntée de ces événements et il écrira beaucoup sur la religion, la soumettant à l’épreuve de la raison.

Ses ouvrages les plus marquants sont L’Ethique, Traité politique et Traité des réformes de l’entendement.

 

Saint-Augustin et les trois genres de connaissance

Selon Spinoza, il existe trois modes différents de perception qui permette au sujet de connaître. La connaissance du premier genre est celle du « ouï-dire » ou l’« expérience vague ». Elle renvoie à la connaissance qui est le fruit de la confiance accordée à l’autre, à son témoignage. On pourrait prendre de nombreux exemples : la date de naissance, que l’eau éteint le feu après avoir déjà vu ce phénomène une fois. Cette connaissance n’est pas certaine.

Ensuite, la connaissance du deuxième genre renvoie au raisonnement et à l’enchainement logique. Il s’agit dans ce type de connaissance de partir d’idées simples et vraies afin de trouver de nouvelles idées grâce à la raison. Cette connaissance est certaine mais n’est pas une connaissance directe des choses.

Enfin, la connaissance du troisième genre renvoie à la connaissance de l’essence de cette chose. Il ne s’agit pas ici d’un raisonnement mais d’une intuition qui nous mène directement à la chose. Ce savoir n’a rien à voir avec la raison, il est une saisie immédiate des choses qui n’est pas le fruit d’une opération de l’esprit. Cette connaissance intuitive est source de joie par la compréhension de l’ordre naturel qu’elle permet de générer.

 

Spinoza et la liberté

Par les différents vécus, tout sujet forme des représentations générales des choses. Un militaire qui entendrait un bruit sourd penserait aussitôt à un coup de fusil ou à un tir de canon. A l’inverse, en réaction au même bruit, un bûcheron se dirait qu’un de ses confrères est simplement en train de couper du bois. Ainsi, d’après Spinoza, tous les sujets sont déterminés à leur manière. Les sujets n’ont pas la main sur les causes de leurs actions, ils ne comprennent pas toujours le pourquoi.

En creusant sur cette ignorance des causes, Baruch Spinoza en vient à conclure que les sujets sont gouvernés par leurs désirs et leurs passions. Les sujets subissent l’illusion d’être libres et ne prennent conscience de cette illusion qu’une fois qu’il est trop tard. Ainsi, Spinoza écrit : « Nous voyons le meilleur et nous faisons le pire »

 

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Spinoza et l’idée de bien et de mal

D’après Spinoza, le Bien et le Mal ne sont pas des absolus comme le présentent la morale et la religion. Au contraire, le Bien et le Mal dépendraient de chacun des sujets et de ses représentations. Aucun des deux n’existerait en absolu, ils ne seraient que relatifs. Une chose est plus ou moins bonne par rapport à une autre. Ce sont les rapports de comparaison qui établissent le Bien et le Mal.

 

Spinoza et l’Etat

« Personne ne peut renoncer à la liberté de juger ni d’opiner comme il veut » écrit Spinoza. Ainsi, l’Etat ne peut contraindre les sujets à réduire l’expression de leur liberté. La liberté de pensée ne saurait être atteinte par une quelconque législation ou répression. En effet, « Il ne peut se faire que l’âme d’un homme appartienne entièrement à un autre ».

Ainsi, le bon gouvernant est celui qui arrive à concilier liberté d’expression des sujets et respect du souverain par les sujets dans leurs propos.

 

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Quelques citations

« Nous voyons le meilleur et nous faisons le pire »

« Personne ne peut renoncer à la liberté de juger ni d’opiner comme il veut » Traité théologico-politique (1670)

« Il ne peut se faire que l’âme d’un homme appartienne entièrement à un autre »

Martin Durroux

Etudiant à HEC Paris après une prépa ECE au lycée Sainte-Marie à Lyon, j'aide les préparationnaires en ESH et en maths.

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