Comment réussir l’analyse de sujet en culture générale ?

Comment réussir une analyse de sujet en culture générale ?

Si l’analyse du sujet est une étape subjective et propre à chacun, il n’en demeure pas moins qu’elle représente le moment décisif qui définira la pertinence de votre réflexion et la qualité de votre devoir. C’est pour cela qu’elle ne doit pas être abandonnée à l’improvisation. En effet, cette étape doit obéir à certaines règles pour qu’elle ne vous fasse pas perdre trop de temps d’une part, et pour que les aspects du sujet soient analysés dans leur intégralité. 

 

Lorsque vous découvrez le sujet : 

A titre personnel, lorsque je découvrais le sujet et avant même de démarrer une analyse concrète, je m’accordais quelques minutes pour noter les premières idées instinctives, ce qui saute aux yeux, les paradoxes qui ressortent à la première lecture. De plus, il est très intéressant de noter directement des références philosophiques, des thèses et des philosophes qui traitent amplement de l’aspect du thème suggéré par le sujet. Par exemple, dans « peut-il y avoir une civilisation du désir », il serait intelligent de noter d’entrée de jeu les références à Freud, Nietzsche, Hobbes et d’écrire qu’en apparence, les grandes idées seraient : oui cette civilisation peut être imaginée en hypothèse, mais elle serait plutôt décadente, et donc comprendre le paradoxe. Ces auteurs et idées devraient vous suggérer au fur et à mesure des lignes directrices, des points de vue, pour poser le paradoxe et y répondre.

 

Pour entamer l’analyse du sujet : 

Vous l’aurez remarqué, la philosophie est avant tout affaire de problèmes, de paradoxes, de questions qui en appellent à d’autres. L’analyse du sujet permettra donc d’expliciter les arguments qui fondent le paradoxe et ceux qui aboutissent à une résolution ou à une synthèse.

Une méthode consiste à noter les éléments suivants et à y répondre:

  • Nature et fait : de quoi s’agit-il ? Que désigne-t-on par …? Si le sujet est donc «  désir et réalité », on citera sans trop détailler les définitions de désirs : si on définit le désir dans une optique lacanienne, le désir est ce qui nait dans le corps pour s’accomplir dans le fantasme. Ainsi, une première définition soutient que le désir est en conflit avec la réalité. Or, la définition du désir comme élan qui pousse vers l’objet est au contraire en adéquation avec la réalité. Les définitions permettent donc d’établir des paradoxes primaires. 
  • Existence : Cela existe-il vraiment? Il faut par exemple penser, à titre personnel, à une application du problème dans sa réalité. Sans pour autant citer des exemples personnels, cela aide le candidat à visualiser le problème et penser son vécu face à cela. Pour la civilisation du désir, on pensera aux artistes, à la République des Lettres, qui est une civilisation qui a milité pour introduire le désir dans toutes ses formes sur la scène publique, selon Michel Jeanneret.
  • Causes et buts : Voici ce qui les rend possibles, voici ce qui les cause… Sur «  Désir et réalité », on répondra que d’une part la réalité cause le désir et donc que le désir désire se réaliser dans la réalité, mais aussi que le désir est alimenté par l’imagination, et donc tirer des paradoxes. 
  • Les valeurs : Faut-il que cela soit possible, autorisé, pensable? Ainsi, cela pose une problématique morale. Dans «  peut il y avoir une civilisation du désir ?», on pourrait se demander quelles seraient les conséquences morales de cette civilisation si elle venait à exister ( La guerre des désirs, ou plutôt la fusion des forces désirantes pour atteindre un idéal ?). Attention, on ne cessera de rappeler que la dimension morale est à traiter sans trop s’y attarder.
  • Multiplicité : Parle-t-on d’un ou plusieurs ? Lesquels sont en adéquation et lesquels en conflit ? Sur «  Peut il y avoir une civilisation du désir? », les désirs refoulés ou sublimés jouent en faveur d’une civilisation du désir, tandis que les désir violents, bruts et égocentriques laissent croire que cette civilisation serait destinée à imploser. 

 

Pour établir le plan : 

Une fois ce travail de réponse aux questions terminé, il faut maintenant bien mettre en évidence les idées qui s’opposent et font débat. Rappelons le, une copie sans débat réel, sans discussion, sans paradoxes et problèmes philosophiques ne mérite pas qu’on s’y attarde. C’est ce qui témoigne d’un esprit fin et de capacités philosophiques à explorer le complexe et l’abstrait sans s’y perdre.

Pour ce faire, il faut revenir à chaque question posée et tenter d’établir deux réponses opposées, chacune accompagnée, si possible, d’une référence philosophique et de son illustration littéraire. Les fluos seront très utiles ici  pour que les paradoxes soient visibles tout au long du devoir.

Par exemple, pour le sujet « l’infini du désir », pour la valeur, on répondra une réponse positive: il faut que le désir soit infini car il nous redonne sans cesse l’envie de vivre et d’explorer le monde, en argumentant avec le Banquet de Platon en philosophie et la recherche perpétuelle de choses à désirer chez Baudelaire, et on écrira face à cela, pour faire débat, qu’un désir ne doit pas être infini car il nous mène à notre perdition, notre éternelle insatisfaction, et ici les philosophes et auteurs qui le pensent sont nombreux.

 

Formation des axes :

Vous avez maintenant réussi à établir les paradoxes, les éléments de réponses ainsi que les auteurs à mobiliser pour argumenter. Les idées sont donc là, il ne manque plus qu’à les réunir sous de grandes idées, qui seront vos axes. Ainsi, n’hésitez pas à avoir deux premiers axes qui s’opposent: I/Le désir naît et s’inspire de la réalité puis II/ Mais le désir décroche de la réalité en ce qu’il est nourri par l’imagination et le fantasme ou encore II/ Mais le désir fuit la réalité pour se réaliser dans sa propre réalité fantasmée 

 

L’étape cruciale: Comment faire un grand III ? 

Si le grand III est souvent ce qui fait défaut dans vos copies, commençons par clarifier ce qui est INTERDIT de faire en dissertation:

  • Pas de III  « tourne en rond » : un III qui reprend une thèse préalable pour la justifier à nouveau avec d’autres arguments et auteurs est un III éliminatoire. À bannir ! 
  • Pas de III moralisateur : un III constitué de conseils et de leçons morales du type «  il faut que l’on évite…. » « il faut que l’on arrête de chercher le bonheur… »… les professeurs ont horreur des copies qui s’axent trop sur la morale, il faut contenir cela dans un paragraphe mais ne pas traiter le thème de la morale tout au long 
  • Pas de III indécis : on évite aussi un axe final qui serait du type « nos désirs nous divisent sans nous diviser», «  la civilisation du désir existe sans exister, elle peut exister sans exister… » tout cela est à interdire dans vos copies —> Privilégier plutôt « Nos désirs créent de la division en nous mais ils ne peuvent rompre l’irréductible altérité » en accompagnant ici l’axe d’une image, celle de la caresse, qui nous unit à l’autre tout en marquant la frontière irréductible de l’altérité (texte sur la caresse de  Levinas ) 
  • Pas de III qui part en vrille : on évitera les III qui montrent que le problème est ailleurs, du style sur « désir et réalité », dire en III que le vrai problème c’est que le bonheur n’existe pas…échapper au problème ou en poser un autre, ce n’est pas y répondre

 Enfin, le grand III doit être simple mais riche, on peut se donner à des idées complexes mais il faut être clair dans l’expression et l’argumentation. 

Un prochain article sur le grand III arrivera bientôt ! 

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