[LIVRE] Patrick Artus & Marie-Paule Virard – La folie des banques centrales (2016)

La folie des banques centrales : pourquoi la prochaine crise sera pire

Patrick Artus & Marie-Paule Virard 2016

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Mario Draghi, ancien gouverneur de la banque centrale européenne expliquait que « La banque centrale ne peut pas tout ». En tout cas, elle peut tout de même lancer un plan de sauvetage colossal de rachat de titres pour 750 milliards d’euros pour faire face à la crise du coronavirus.

« A la moindre alerte, à la moindre “information“, les milliards se déplacent sans crier gare » (P.ARTUS et M-P.VIRARD) 

C’est dans ce contexte que nous aimerions vous proposer “La folie des banques centrales : pourquoi la prochaine crise sera pire” d’ARTUS et VIRARD, un livre très utile pour de nombreux sujets tout en vous évitant de le lire ! Nous avons cherché à mettre en lumière une grande diversité de contenus : chiffres, citations, théories, vocabulaire pour pouvoir utiliser au moins cet ouvrage dans une copie, comme si vous l’aviez lu.

(Rappelons que livre a été publié en 2016)

***

La liquidité mondiale s’élève à 30% du PIB mondial contre 6% en 1990. 

Aux US, le taux d’inflation ne dépasse pas 0% et tombe à – 0,1% en zone euro en 2015.

La politique monétaire n’est plus efficace.

Lors de la crise de liquidités de 2009, une politique monétaire expansionniste avait un sens et a permis de sauver la planète finance et in fine l’économie mondiale. Depuis 2010, l’absence d’inflation encourage le maintien de ces politiques alors qu’elles ne se justifient plus. 

« L’immense pouvoir dont jouissent les banquiers centraux est proportionnel aux espoirs que le monde met dorénavant en eux »

Le monde comptait sur cette potion magique monétaire pour relancer la croissance mondiale, mais l’effet inverse s’est produit, avec une croissance en dessous de son potentiel (3,1% contre 3,7%). 

Mais l’insuffisance de croissance est la conséquence de problèmes liés à l’économie réelle, donc les politiques monétaires expansionnistes ne résoudront rien et auront tendance à créer des effets pervers, tel que le surendettement des pays (supérieur aux surendettements d’après-guerre). 

« L’endettement sans inflation compose une équation tout simplement mortelle : la plupart des pays développés en font aujourd’hui la cruelle expérience »

Mode d’action des BC : agir sur la quantité de monnaie plutôt que sur son prix

 

Zero Lower Bound : taux d’intérêt le plus bas que les banques centrales puissent avoir

  • 16 décembre 2008 : la FED descend à ses taux au plus bas = 0/0,25%
  • d’autres banques centrales suivent le mouvement : (BCE = 0,05% ; Japon = 0,1%)
  • perte d’efficacité de la politique monétaire 

L’efficacité de la politique monétaire via le maniement du taux d’intérêt se heurte au phénomène de la Trappe à la liquidité (KEYNES, 1930) : recevant des liquidités, les agents économiques les stérilisent au lieu de les dépenser et/ou de les investir : la préférence pour le cash domine. C’est ce qu’on appelle communément la thésaurisation de la monnaie. 

Quantitative Easing : terme employé pour la première fois par Richard WERNER en 1995, dans un article à propos de la situation japonaise dans les années 90. 

 

Programme de QE de la BCE : rachat total de 1 140 mds d’€ d’emprunts souverains (entre 2015 et 2016).

« En continuant à inonder la planète de liquidités, les banquiers centraux jouent un jeu dangereux et l’issue pourrait bien faire de la crise de 2007-2008 une aimable répétition avant un nouvel accident plus dévastateur encore »

La liquidité va continuer à exploser :

La liquidité va continuer à augmenter car le Japon, la zone euro et la Chine doivent avoir recours au crédit pour soutenir leur croissance. Enfin, même si les US et le Royaume-Uni ont mis fin à leur politique de QE, ils ne risquent pas d’instaurer des politiques monétaires restrictives pour autant.

Les menaces qui font surface :

  • retour des bulles sur les prix des actifs 
  • les BC utilisent ces bulles comme un instrument de la politique monétaire

 

Qu’est-ce qu’un put ?

Une option put désigne une option de vente qui peut être réalisée si le prix de l’actif dont il est question dans le contrat descend sous un seuil donné et fixé à l’avance. Un put est par extension une assurance contre la baisse du prix d’un actif. 

Greenspan put : terme utilisé pour décrire les interventions de la FED en 1987 sous la présidence d’Alan Greenspan (1987-2006) : en cas de recul des cours boursiers, la Fed assouplissait la politique monétaire afin de soutenir le prix des actifs

Quand les investisseurs commencent à croire en l’existence d’un put, ils achètent sans retenue l’actif correspondant ce qui génère une bulle sur le prix de l’actif et qui explose quand ils prennent conscience du caractère illusoire de ce put.

Petit point historique : pourquoi nos politiques monétaires contemporaines ne sont plus efficaces ?

Dans les années 1980, les ravages commis par l’inflation font peur (13,6% en 1980) et les hommes politiques en sont jugés responsables (Gordon & Barro, 1983). L’indépendance des BC s’impose alors.

La BCE est indépendante et ne s’occupe que de l’inflation, donc elle est une banque centrale crédible, contrairement à la FED, qui coordonne son action avec l’Etat et qui s’occupe de l’inflation et du chômage. 

 

La Grande Modération

Jusqu’en 2007, on parle de “Grande Modération” : la croissance touche son potentiel et l’inflation tombe à 1,3%, comme si les banquiers centraux avaient trouvé la recette de l’équilibre. Le choc de 2008 fait prendre conscience que cette “économie Boucle d’or” tenait davantage à la conjonction d’une série de facteurs qu’à la fiabilité des banquiers centraux.

Le maintien des taux trop bas a favorisé des prises de risque sans précédent : c’est le paradoxe de la tranquillité de Minsky.

Les banquiers centraux considéraient que la stabilité monétaire amenait forcément la stabilité financière, mais la crise des supbprimes n’a pas confirmé cette croyance.

 

L’inflation a disparu :

Le taux d’inflation moyen des 23 économies les plus avancées est de 0,2%, le niveau le plus bas depuis 1933.

« Pourquoi continuer à faire de la maîtrise de l’inflation un objet central alors que celle-ci a tout simplement… disparu ? »

Comme le risque d’inflation a disparu, il s’agirait de redéfinir la crédibilité des banques centrales :

« Une banque centrale crédible est une banque centrale qui renonce, non plus à l’inflation, mais à l’excès de liquidité et aux bulles sur les prix des actifs pour réduire le chômage. »

« Avec une telle définition, très peu de banques centrales sont crédibles ! »

 

Anticiper ou réagir ? :

Cleaning Up the Bust Afterwards : il s’agit de laisser les effets de richesse gonfler les patrimoines financiers car la réalité de la bulle et de ses risques n’est jamais sûre avant que la bulle éclate…

Cette doctrine est remise en cause au vue des coûts des bulles parfois beaucoup trop importants.

 

Markus K. Brunnermeier & Isabel Schnabel

Ils font un recensement de l’ensemble des bulles sur les 4 derniers siècles et expliquent que la formation de bulles est toujours précédée d’une forte expansion monétaire et d’un boom de l’endettement.

Par le rachat de toute la dette d’un pays, les BC ont la capacité d’agir sur les marchés financiers, et en particulier sur les taux d’intérêt à long terme. Elles ont aussi la possibilité d’influencer les prix sur les marchés des actions.

Le bon vieux temps de la règle de Taylor est révolu, tout comme celui de la courbe de Philips. Les banques centrales doivent revoir en profondeur les termes de leur mandat. 

 

Faut-il sauver l’objectif d’inflation ?

Olivier Blanchard (chef économiste du FMI) propose de porter l’objectif d’inflation de 2 à 4% afin d’augmenter leur marge de manoeuvre car en cas de crise violente les taux directeurs peuvent vite atteindre le Zero Lower Bound, et l’activité économique risque de rester longtemps paralysée. 

Il explique que les coûts liés à une inflation de 4% sont moindres par rapport à ses bénéfices.

Exemple : inflation plus forte en Allemagne = meilleure compétitivité dans les pays périphériques

Des solutions pour les BC : la BC de Chine utilise ce système de manière efficace

  • lui confier un mandat élargi à la stabilité macro-prudentielle afin de lutter contre le risque systémique
  • utiliser des instruments dédiés à la régulation du cycle du crédit car c’est son déraillement qui est au coeur des crises financières les plus dévastatrices 
  • mise en place de réserves obligatoires portant sur les crédits modulées selon les secteurs et les régions
  • elle doit pouvoir intervenir directement sur les marchés des actifs

Quel que soit le schéma retenu, c’est la coopération qui compte : “Le principe de séparation doit s’accompagner d’un principe de coopération”. Les BC doivent travailler ensemble et adopter les mêmes instruments macro-prudentiels.

Une bonne” politique monétaire est une politique monétaire qui favorise une croissance saine et durable, qui participe à la résolution des problèmes actuels (par le biais d’instruments adaptés), qui s’adapte aux exigences actuelles et enfin, qui est coordonnée internationalement.

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