Une sociologie de l’emploi : le travail est-il toujours facteur d’intégration ?

Une sociologie de l’emploi : le travail est-il toujours facteur d’intégration ?

Dans tous les sujets sur le chômage et l’emploi, l’aspect sociologique est fondamental car le chômage et l’emploi concernent des femmes et des hommes. Cet aspect est d’autant plus important qu’il fera la différence entre les copies puisqu’il est souvent négligé par les candidats.

Vous trouverez donc dans cet article les principaux points à retenir concernant la sociologie de l’emploi.

1)Travail et chômage : intégration et exclusion

Le travail est, le plus souvent, considéré comme un facteur d’intégration. Dès 1893 dans De la division du travail social, Émile DURKHEIM affirmait, en effet, que la division du travail telle que théorisée par Adam SMITH favorisait la cohésion sociale en créant du lien entre les Hommes qui devenaient alors complémentaires. Dès lors, le travail était le principal vecteur de lien social entre les individus.

Le chômage délite alors le lien social comme le montre LAZARSFELD lorsqu’il étudie les chômeurs de la ville autrichienne de Marienthal en 1932. Il observe, en effet, dans cette ville que les chômeurs sont mis à l’écart de la communauté.

Le chômage est donc le premier vecteur d’exclusion. L’exclusion est un processus quadridimensionnel selon DAMON :

  • Exclusion du mode de production (chômage)
  • Exclusion du mode de consommation (pauvreté)
  • Exclusion de la vie sociale c’est-à-dire perte de lien social (voir ci-dessus)
  • Exclusion de la vie politique c’est-à-dire absence d’engagement socio-politique

Dès lors, être au chômage est le premier pas qui mène à l’exclusion d’autant plus que, plus on est un chômeur de longue durée, plus on a de chance de rester au chômage car on perd en employabilité : c’est l’effet d’hystérèse du chômage mis en évidence par BLANCHARD et SUMMERS.

2)Le travail est aujourd’hui de moins en moins facteur d’intégration

Le marché du travail est un marché segmenté. PIORE et DOERINGER distinguent alors :

  • Le segment externe du marché du travail qui rassemble tous les salariés qui sont des variables d’ajustement aux fluctuations économiques (CDD, intérim…)
  • Le segment interne du marché du travail qui rassemble les salariés dont l’emploi est stable.

Or, si le segment interne ne rassemblait que 20% des salariés aux États-Unis dans les années 60, il rassemble aujourd’hui 33% des salariés américains, ce que la crise du coronavirus a mis en lumière, le taux de chômage américain passant en quelques mois seulement du plus faible depuis 50 ans au plus haut depuis 50 ans.

Cette importance du segment externe du marché du travail relativise alors le lien entre travail et intégration. Ainsi, Robert CASTEL affirme dans Les Métamorphoses de la question sociale (1996) que puisque les emplois sont de plus en plus précaires et/ou atypiques, les travailleurs s’identifient de moins en moins à leur emploi de sorte que le travail n’est plus le vecteur d’intégration qu’il était au XIX et au début du XX siècle : la précarisation de l’emploi et la montée du chômage de répétition délitent donc le lien social.

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