🚀 XXIĂšme siĂšcle : un monde aux potentialitĂ©s infinies 🚀 (15 et plus en dissertation)

Un monde aux potentialités infinies

Nous avons souvent mis en avant cette annĂ©e l’importance d’une troisiĂšme partie traitant d’une Ă©volution de l’essence mĂȘme du capitalisme, une transformation en profondeur directement reliĂ©e Ă  l’Ă©mergence de l’Internet des objets. Nous vous avons dĂ©jĂ  proposĂ© les idĂ©es de Jeremy Rifkin (La nouvelle sociĂ©tĂ© du coĂ»t marginal zĂ©ro, 2014), qui ont suscitĂ© de nombreux dĂ©bats mais ont Ă  la fois inspirĂ© certains responsables de grandes puissances Ă©conomiques (Angela Merkel et Xi Jinping par exemple).

Nous souhaitons dans cet article compléter ses idées par quelques éléments développés par Daniel Cohen (économiste et normalien) dans Le monde est clos et le désir infini (2015). Nous développons dans cet article 3 passages qui nous ont semblé particuliÚrement pertinents. Pour un résumé plus détaillé vous pouvez télécharger ce document : 

👉 Daniel COHEN – Le monde est clos et le dĂ©sir infini (2015)👈

 

LA SINGULARITÉ EST PROCHE

Selon Ray KURZWEIL (futurologue du MIT), un monde transhumain est en train d’advenir. Il annonce pour 2060 une transition brutale dans l’espĂšce humaine. Les nanotechnologies permettront Ă  des nanobots (robots Ă  Ă©chelle molĂ©culaire) d’inverser le vieillissement. Il y aurait selon lui un potentiel de rĂ©gĂ©nĂ©ration du cerveau.

La loi de MOORE (fondateur de Intel), Ă©noncĂ©e en 1965, selon laquelle la puissance des microprocesseurs double tous les 18 mois fait penser Ă  une lĂ©gende que rappelle KURZWEIL concernant l’invention du jeu d’échecs dans l’Inde du VIĂšme siĂšcle sous le rĂšgne d’un empereur Gupta. Pour fĂ©liciter l’inventeur, l’empereur lui demande quelle rĂ©compense il dĂ©sire. Ce dernier lui rĂ©pond qu’il souhaite qu’on recouvre l’échiquier de grains de riz en mettant 1 grain sur le premier carrĂ©, 2 sur le deuxiĂšme, 4 sur le troisiĂšme etc. (ce qui nous donne 264 – 1 grains de riz = 1.84 x 1019 grains de riz). Ainsi l’effort demandĂ© reste raisonnable jusqu’à la moitiĂ© de l’échiquier : au 32Ăšme carrĂ© l’empereur a dĂ©jĂ  donnĂ© 4 milliards de grains de riz (Ă©quivalent d’un champ entier). C’est Ă  la seconde moitiĂ© que l’empereur va comprendre sa dĂ©faite : il est ruinĂ©. Erik BRYNJOLFSSON (prof de management au MIT) et Andrew McAffee (co-directeur au dĂ©partement d’économie digitale du MIT), reprennent cette anecdote dans The Second Machine Age (2014). Selon eux, nous entrons Ă  notre tour sur la seconde moitiĂ© de Ă©chiquier, dans un monde aux potentialitĂ©s infinies et dont ne nous mesurons pas davantage la portĂ©e que l’empereur parvenu Ă  la moitiĂ© de l’échiquier.

Ainsi, pour les thĂ©oriciens de la croissance endogĂšne, nous sommes rentrĂ©s dans une phase oĂč les possibilitĂ©s sont infinie. Selon Paul ROMER : «  Les possibilitĂ©s ne s’ajoutent pas, elles se multiplient ». Robert GORDON, lui-mĂȘme prince des pessimistes, rappelait les erreurs de tous ceux qui avaient un jour ou l’autre annoncĂ© la fin des innovations dans leur propre secteur. Par exemple, en 1876, un mĂ©mo de Western Union concluait que le tĂ©lĂ©phone avait trop d’inconvĂ©nients pour ĂȘtre un instrument de communication fiable ! Nous entrons donc sur la seconde moitiĂ© de l’échiquier.

 

OÙ VA LE TRAVAIL HUMAIN ?

La numĂ©risation du monde avance Ă©normĂ©ment, absorbe les emplois et bouleverse le fonctionnement des entreprises. Mais jusqu’oĂč ira-t-elle ?

Selon Michael OSBORNE et Carl BENEDIKT, 47% des emplois sont menacés par la numérisation, surtout les professions intermédiaires : comptables, auditeurs, secrétaires..

Paraoxe de MORAVEC (annĂ©es 1980) = les activitĂ©s qui survivent Ă  la numĂ©risation sont celles qui nĂ©cessitent une bonne coordination sensori-motrice. Les auteurs nous rassurent : mĂȘme si un grand nombre de tĂąches non routiniĂšres peuvent ĂȘtre numĂ©risĂ©es grĂące Ă  d’immenses banques de donnĂ©es, les tĂąches qui requiĂšrent le couple perception-manipulation, ou bien celles qui requiĂšrent une intelligence crĂ©atrice, sociale ou affective sont pour l’instant protĂ©gĂ©es de l’informatisation. Exemple : le secteur du bĂątiment se sert des ordinateurs mais ces derniers ne peuvent pas remplacer le travail humain de construction.

Ce paradoxe de Moravec permet Ă  David AUTOR (Ă©conomiste et prof au MIT) de montrer pourquoi la classe moyenne tend Ă  s’effriter avec l’essor des NTIC. Il a dĂ©composĂ© les emplois amĂ©ricains en 3 niveaux : Niveau 1 = les managers, les techniciens supĂ©rieurs   Niveau 2 = emplois situĂ©s au milieu de la hiĂ©rarchie sociale (contremaĂźtres, emplois administratifs, ouvriers qualifiĂ©s
)   Niveau 3 = emplois les moins bien payĂ©s (essentiellement les services Ă  la personne et les mĂ©tiers de bouche). Selon lui, juste avant la crise de 2007, les emplois de niveau 3 ont connu une croissance Ă  deux chiffres ! Ce sont en fait les emplois du milieu qui ont chutĂ© : ils passent de 60% de l’emploi total en 1970 Ă  45% en 2012. AprĂšs la crise, ce sont bien les emplois du niveau 2 qui ont connu la croissance la plus faible, voire mĂȘme nĂ©gative. Selon AUTOR donc, c’est la demande d’emplois intermĂ©diaires, plus que celle des emplois non qualifiĂ©s qui aurait diminuĂ©. Le fait que les emplois du niveau 3 progressent aurait pu conduire Ă  une hausse de leur rĂ©munĂ©ration, mais la pression exercĂ©e par les classes moyennes en phase de dĂ©lassement y a fait obstacle. Mais pourquoi une partie au moins des salariĂ©s du niveau 2 ne parviennent-ils pas Ă  se hisser au niveau 1, le mieux rĂ©munĂ©rĂ© ? Une explication repose sur l’idĂ©e du « winner takes all » : tout va au gagnant ! En effet, dans le capitalisme postindustriel, les modes de rĂ©munĂ©ration tendent Ă  tout donner au meilleur et rien au second. C’est le star-systĂšme. On l’appelle aussi l’effet Pavarotti : pourquoi acheter un autre album que celui du meilleur artiste ? Le phĂ©nomĂšne s’observe dans tous les domaines. La sociĂ©tĂ© de l’information crĂ©e une Ă©conomie de la rĂ©putation qui fait exploser le salaire de celui qui est considĂ©rĂ© comme le meilleur. Ainsi, aux deux bouts du monde de l’emploi se crĂ©e une formidable asymĂ©trie : les salaires vont en haut et les emplois vont en bas. C’est le milieu, la classe moyenne qui disparaĂźt, ce qui marque profondĂ©ment l’idĂ©al dĂ©mocratique. 

 

LA CROISSANCE DISPARUE 

 – Nous avons parcouru un chemin technologique qui est considĂ©rable, Ă  tel point que les annĂ©es 1960 nous paraissent dĂ©jĂ  ĂȘtre un Ăąge de pierre. Mais tout n’a pas Ă©tĂ© pour autant brillant en matiĂšre Ă©conomique : stagnation des revenus pour la grandes majoritĂ© des habitants des pays avancĂ©s. Robert GORDON est contre les idĂ©es expansionnistes des thĂ©oriciens de la croissance endogĂšne. Il note ironiquement qu’aucune des grandes mutations annoncĂ©es par la science-fiction des annĂ©es 1950/1960 ne s’est produite (voiture volante etc.). Il relativise aussi l’impact Ă©conomique de l’informatisation ; selon lui, ses effets se seraient dĂ©jĂ  dissipĂ©s ! Ainsi, du point de vue du consommateur, les grandes inventions tournent autour de Steve JOBS et de sa sĂ©rie d’iPod, iPhone et iPad. Alors qu’il a fallu prĂšs de deux siĂšcles pour assĂ©cher la croissance des deux RI, il est possible que cette fois, le potentiel de la rĂ©volution informatique s’épuise beaucoup plus rapidement. De ce fait, la croissance que nous connaissons actuellement, si faible soit-elle, n’aurait rien Ă  voir avec celle connue au cours des 200 annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Entre 1880 et 1940, le monde a vraiment changĂ© de visage avec des inventions qui bouleversĂšrent rĂ©ellement nos sociĂ©tĂ©s(tĂ©lĂ©phone en 1876 par Graham BELL, ampoule Ă©lectrique en 1879 par Thomas EDISON, cinĂ©ma en 1895 par les frĂšres LUMIÈRE, entre 1870 et 1900, mĂ©tro aĂ©rien Ă  Chicago et mĂ©tro souterrain Ă  New York, l’automobile qui marque la fin de l’exclusion rurale
). Nos inventions actuelles seraient alors de moindre impact sur nos modes de vie et sur la croissance que celles des deux siĂšcles derniers, selon Gordon.

  • Une autre dimension du dĂ©bat porte sur la mesure du PIB. Bon nombre de la rĂ©volution numĂ©rique sont gratuits et ne figurent donc pas dans les statistiques, la croissance est donc mal mesurĂ©e. L’évolution d’Internet annonce une bonne et une mauvaise nouvelle : Internet offre des services qui ne coĂ»tent rien, ce qui est bon pour le pouvoir d’achat, mais  en mĂȘme temps, cela ne crĂ©e pas d’emplois ! Ainsi Google, Facebook ou Twitter embauchent Ă  elles trois fois moins que n’importe quelle firme automobile aujourd’hui encore (selon COHEN).

Une toute autre dimension du dĂ©bat porte sur les emplois publics. Le PIB les mesure Ă  leurs coĂ»ts. Ainsi la contribution d’un mĂ©decin hospitalier Ă  la richesse est mesurĂ©e Ă  proportion de son salaire, point Ă  la ligne. Les progrĂšs de l’espĂ©rance de vie qu’il permet d’atteindre ne seront jamais pris en compte dans le calcul de la productivitĂ©. D’aucuns expliqueront que cela sous-estime le PIB, d’autres diront le contraire.

 

MARX À HOLLYWOOD

GORDON est aussi pessimiste que MARX, MALTHUS et MILL au sujet de la croissance : ces derniers ont en effet annoncĂ© la venue d’un rĂ©gime stationnaire de la croissance. La peur de la machine est ancienne. Mais les Ă©conomistes de la seconde moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle ont cherchĂ© Ă  apaiser ces peurs. EmmenĂ©s par Robert SOLOW, ils affirment que les machines permettent aux ouvriers d’ĂȘtre plus productifs et de bĂ©nĂ©ficier ainsi des fruits de la croissance. La pĂ©riode des 30G en est une bonne illustration : le chĂŽmage Ă©tait au plus bas alors que la mĂ©canisation Ă©tait Ă  son comble ! Mais pour que cela aille toujours dans ce sens, il faut une condition nĂ©cessaire : une complĂ©mentaritĂ© de la machine avec le travail. Les rĂ©flexions concernant le paradoxe de MORAVEC montrent Ă  elles seules un changement de nature du progrĂšs technique. Elles essaient en effet de cerner ce que les machines peuvent faire Ă  la place des travailleurs, comme s’il fallait choisir les unes ou les autres, mais impossible d’avoir les deux Ă  la fois ! Elles tĂ©moignent d’une situation oĂč les machines se substituent Ă  l’emploi au lieu d’en augmenter l’efficacitĂ©, comme le fait par exemple le sucre avec le cafĂ© (biens complĂ©mentaires). 

– L’idĂ©e selon laquelle il y aurait une masse maximale d’emplois disponibles dans la sociĂ©tĂ© que l’usage des machines rĂ©duirait est facile Ă  rĂ©futer. En effet, le progrĂšs technique crĂ©e du pouvoir d’achat qui peut dĂ©boucher sur de nouveaux emplois. Ainsi, dans La Machine et le ChĂŽmage (1980), Alfred SAUVY dĂ©veloppe sa thĂ©orie du dĂ©versement : le travail doit migrer des secteurs oĂč ma machine fait le travail vers ceux oĂč elle ne le peut pas. Aujourd’hui, on dirait que la migration doit aller des emplois « Moravec-compatibles » qui sont susceptibles d’ĂȘtre codifiĂ©s numĂ©riquement, vers des emplois qui ne le sont pas. Mais, si les emplois qui survivent sont ceux que le progrĂšs technique Ă©pargne, alors que devient le potentiel de croissance des Ă©conomies ?  Illustrons cela avec le modĂšle A/B (secteur A/secteur B) mis en Ă©vidence par SAUVY mais dont William BEAUMOL a prĂ©sentĂ© un modĂšle trĂšs proche pour expliquer la crise du spectacle vivant. Ls comĂ©diens de thĂ©Ăątre, danseurs, musiciens d’orchestre (secteur B) ont subi dans les annĂ©es 1960 la concurrence violente d’industries culturelles beaucoup plus productives (secteur A = Hollywood). Quelques stars et studios inondent le monde de produits culturels qui entrent quasi-gratuitement dans les foyers par la TV, la radio ou par le cĂąble. À l’inverse, les comĂ©diens habituels (secteur B) ne bĂ©nĂ©ficient d’aucun gain de productivitĂ© et ont donc un coĂ»t plus Ă©levĂ©. Face Ă  deux produits substituables, l’un bon marchĂ© et l’autre cher, le choix des consommateurs est bien vite fait ! Dans ce schĂ©ma, ce sont les stars d’Hollywood qui paupĂ©risent les comĂ©diens de thĂ©Ăątre. Ils sont l’incarnation des technologies qui permettent de produire des biens sans travailleurs tandis que les comĂ©diens sont l’incarnation des travailleurs qui produisent des biens sans technologies. Le capitaliste ici, c’est la star, celui qui commande le progrĂšs technique. Le prolĂ©taire, c’est le comĂ©dien, qui en subit la concurrence et doit bien souvent trouver un autre job complĂ©mentaire. Cette thĂ©orie de BEAUMOL est connue comme la maladie des coĂ»ts. Mais cette situation est diffĂ©rente de la transition qu’a reprĂ©sentĂ©e le passage de l’agriculture Ă  l’industrie puisqu’on Ă  lĂ  un exemple de dĂ©versement rĂ©ussi car les paysans (secteur A) ont migrĂ© vers des emplois industriels (secteur B) mais ici, celui-ci Ă©tait lui-mĂȘme dans une phase de croissance de sa productivitĂ©. La rĂ©volution du XXĂšme a ainsi pu cumuler deux forces : la productivitĂ© agricole et le relais qu’Ă  reprĂ©sentĂ© la productivitĂ© industrielle. Le modĂšle A/B permet de comprendre Ă©galement pourquoi la croissance n’est pas seulement lente mais potentiellement trĂšs inĂ©galitaire. Ainsi les USA forment en rĂ©alitĂ© deux pays en un ! Un premier enregistre une croissance de type asiatique : il est peuplĂ© du 1% le plus riche, dont le taux de croissance est d’environ 7% depuis 30 ans.. L’autre sous-pays connaĂźt une croissance qui se situe Ă  des niveaux europĂ©ens entre 1% et 1.5% pour les 99% restants. Et si l’on descend plus bas, pour les 90% les moins dotĂ©s, la croissance est nulle. (Emmanuel SAEZ, « Striking it richer », 2015)

  • L’impact des technologies conduit Ă  rĂ©flĂ©chir au concept clĂ© du capital mis en Ă©vidence derniĂšrement par Thomas PIKETTY (Le capital au XXIĂšme siĂšcle, 2013). Sur la pĂ©riode rĂ©cente on a deux phĂ©nomĂšnes qui se cumulent : la montĂ©e des inĂ©galitĂ©s de salaire et la montĂ©e du patrimoine financier. Le mĂ©canisme reliant les deux peut ĂȘtre pensĂ© ainsi : la montĂ©e des inĂ©galitĂ©s de revenus permet l’apparition d’une classe de nouveaux riches dont le patrimoine s’accumule. Ce capital devient une force destructrice pour les ouvriers. Il appauvrit le travail selon les mĂ©canismes analysĂ©s par MARX : les machines achetĂ©es mettent la pression sur les ouvriers. Entre 1980 et 2010, la part du 1% le plus riche passe de 7% Ă  20% du revenu total aux USA, alors que la hausse est bien moindre en FRA (de 7% Ă  8%). Inversement, la progression du patrimoine a Ă©tĂ© beaucoup plus forte en France qu’aux USA (de 360% Ă  600% contre de 380% Ă  430%). Comment comprendre cet Ă©tonnant paradoxe ? L’Ă©conomiste Étienne WASMER et ses coauteurs ont montrĂ© que c’est la hausse des prix des logements qui explique l’explosion patrimoniale. Dans la mesure oĂč la bulle immobiliĂšre a Ă©clatĂ© aux USA et pas chez nous, la valeur de l’immobilier est plus Ă©levĂ©e en France. 

– Lorsque l’inflation est faible, les autoritĂ©s monĂ©taires mĂšnent une politique laxiste en baissant les taux d’intĂ©rĂȘt pour activer la croissance. Or, les taux d’intĂ©rĂȘt ont du mal a descendre plus bas que zĂ©ro.. C’est Ă  ce titre que Larry SUMMERS annonçait le retour d’une « stagnation sĂ©culaire », signe de l’incapacitĂ© des politiques monĂ©taires Ă  relancer l’Ă©conomie. De plus, les taux d’intĂ©rĂȘt faibles sont propices aux bulles financiĂšres. Ainsi le passage du taux d’intĂ©rĂȘt de 10% Ă  1% peut potentiellement multiplier le prix d’un logement par 10 ! Ainsi aux USA les indices boursiers ont bel et bien Ă©tĂ© multipliĂ©s par 10 depuis 1980 ! Un tiers seulement de cette hausse s’explique par la hausse des profits, les deux tiers par des effets de valorisation liĂ©s en grande partie Ă  la baisse des taux. On peut donc rĂ©sumer le lien entre la hausse des patrimoines et les inĂ©galitĂ©s salariales ainsi : les logiciels font pression sur les salaires –> l’inflation chute –> les taux d’intĂ©rĂȘt chutent –> le gagnant est le patrimoine financier ou immobilier. C’est donc la dĂ©flation salariale qui provoque la hausse du patrimoine et non l’inverse ! On voit donc bien pourquoi la croissance Ă  l’Ăąge numĂ©rique est faite de bulles et de krachs.

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Benjamin Hautin

Etudiant Ă  emlyon et fondateur du mĂ©dia, je m'occupe principalement des relations avec les Grandes Ecoles et du contenu en culture gĂ©nĂ©rale. Mon mot d'ordre : que chacun d'entre vous puisse viser les Ă©coles de ses rĂȘves, peu importe son lycĂ©e d'origine !

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