Le premier budget de l’ère Johnson vu par A.Chakraborrty pour The Guardian

Johnsonism’s first budget is floating on hype and hot air

Aditya Chakrabortty, The Guardian, 11 mars 2020

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Repères :

  • Chancellor (of the exchequer) : équivalent du Ministre des Finances en France

Rishi Sunak exerce cette fonction depuis le 13 février 2020. Issu d’une famille originaire du Pendjab, ce diplômé du Lincoln College d’Oxford et de la Stanford Business School aux Etats-Unis est aujourd’hui un homme politique du parti Conservateur.   

  • Gig Economy : ensemble des entrepreneurs indépendants travaillant sur les plateformes en ligne telles que Airbnb, Uber ou TaskRabbit

Résumé de l’article :

Le mercredi 11 mars, le gouvernement de Boris Johnson a présenté son premier budget à l’aube de la pandémie de Covid-19. Pour cette année, 30 milliards de livres, essentiellement financées par la dette, ont été partagées en deux grandes parties.

D’une part, 12 milliards de livres serviront à financer les mesures afin de lutter contre la maladie dans le pays. Il s’agit d’aider les entreprises dont l’activité ralentit mais aussi de rassurer les marchés financiers et les citoyens britanniques. Alors que la tendance au cours de ces dix dernières années était à une réduction des dépenses, on peut penser que ce budget est en rupture totale avec ceux qui l’ont précédé. Toutefois, Chakrabortty reproche au gouvernement de laisser certaines questions sans réponse, notamment le salaire des employés qui ne se rendront pas au travail du fait d’une quarantaine ou celui des indépendants. C’est donc une opportunité pour J.Corbyn et le parti Travailliste.

D’autre part, les 18 autres milliards de livres doivent servir à financer les mesures plus habituelles. On note ainsi une augmentation du budget alloué au NHS qui sera en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Toutefois, il faut rappeler que ces décisions n’ont pas été prises par le gouvernement de B.Johnson mais bien par celui de Theresa May mais elles sont passées inaperçues alors que le pays et les médias ont été obnubilés par le Brexit pendant trois ans et demi.

Il faut toutefois reconnaître que c’est la première fois depuis dix ans qu’un gouvernement conservateur propose un budget dont le but n’est pas la simple réduction des dépenses publiques. A.Chakraborrty voit là une démonstration du fait que la baisse des dépenses publiques (et donc le manque de soutien aux chômeurs, aux ménages et la baisse du financement du service public) est un choix politique. Un choix pour lequel ont opté les prédécesseurs de B.Johnson parce que, en leur temps, il faisait consensus au sein de la classe politique.

Cependant, il semble que ce budget offre davantage à ceux qui sont déjà privilégiés. En effet, il n’y a aucun financement de mesures de redistribution (crédit universel et protection sociale). Aussi, Chakrabortty regrette un recul des ambitions écologiques.

Dans les années à venir, il semble que la Politique au Royaume-Uni va changer. En effet, alors que l’économie ralentit, les Britanniques pourront bénéficier de l’impact positif des mesures. Les Travaillistes ont ainsi laissé passer une occasion en n’offrant aucune alternative pour les investissements publics au cours des dernières années, à un moment où les taux d’intérêt sont bas.

En fin de compte, il semble que la volonté de réduire les avantages accordés aux plus aisés n’était qu’une promesse en l’air puisqu’ils n’ont pas renoncé à la mesure de « soulagement des entrepreneurs » et la baisse des taxes sur les salaires les plus élevés. Le programme de B.Johnson lui a donc permis de gagner des élections mais ne semble pas lui permettre de diriger aisément le pays.

Vocabulaire :

To boast : se vanter                                                To tick over : tourner au ralenti

To crow : frimer                                                       To helm : diriger, tenir la barre

To crawl : ramper                                                    Utterly : complètement

Jolt : secousse                                                        Devoid : dépourvu

Hot air : promesse en l’air                                       To rock bottom : être au plus bas

Traduction (extrait de l’article) :

“And yet it simply doesn’t look large enough – especially on statutory sick pay. Johnson declared last week that workers who isolate themselves to protect others from the virus should not be “penalised for doing the right thing”. But the grand sum of £94.25 sick pay a week is just not enough to live on, and the coverage for workers in the gig economy looks very patchy. If Jeremy Corbyn and Labour are smart, they will say that workers are doing the right thing but Johnson’s government is not – and demand it increases both the amount of sick pay and the number of those eligible. And if they do it loudly and quickly enough, they will win this one.” 

Lien de l’article : Johnsonism’s first budget is floating on hype and hot air

Rendez-vous dans deux jours pour le deuxième épisode et une proposition de correction de la traduction !

Alexandra POMMIER

Après 2 ans de prépa ECE, j'ai intégré l'ESSEC, où je suis cette année en Pré-Master. Je me charge du pôle anglais sur Mister Prépa. Let's move forward guys !

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