Puissance, Géopolitique, Conflits … ces notions à connaitre par cœur

 

 

 

Durant les deux années de classes préparatoires, l’étudiant sera confronté à plusieurs notions. Certaines notions capitales en géopolitique sont fréquentes et feront souvent leur apparition dans les intitulés des sujets. A travers cet article, nous allons énumérer certains de ces termes et essayer d’en donner une définition simple qui vous sera utile le jour du concours.

 

Géopolitique : Yves Lacoste entend par géopolitique « l’ensemble des rivalités de pouvoirs sur des territoires, de petite comme de grande dimension, qui mettent en jeu des acteurs aux représentations contradictoires ». Le mot représentation utilisé par Yves Lacoste est très important : une représentation est fondamentalement subjective car chacun voit les choses à travers le prisme de son histoire et de sa culture et par conséquent, quand ses représentations se contredisent, des conflits surgissent.

Puissance :    La puissance est un concept évolutif et complexe. De nouvelles innovations tactiques, technologiques ou culturelles viennent redéfinir les nouvelles bases de la puissance. A titre d’exemple, l’utilisation du nucléaire militaire a profondément changé les rapports de forces durant la seconde moitié du XXème siècle. S’inspirant de Raymond Aron, Serge Sur écrit : « On définira la puissance comme une capacité – capacité de faire ; capacité de faire faire ; capacité d’empêcher de faire ; capacité de refuser de faire. »

Conflit : Un conflit est un état d’opposition entre deux entités du fait d’intérêts contradictoires ou des représentations antagonistes. Jean-Baptiste Duroselle propose la définition suivante : « le choc entre des volontés opposées quels que soient les moyens envisagés ou utilisés par les adversaires pour assurer le triomphe de leurs ambitions. »

Tension : En amont du conflit, on peut définir les tensions géopolitiques comme des conflits qui n’ont pas encore été consommés. En effet, pour que l’on puisse parler de conflit il faut que des moyens soient déployés pour assurer le triomphe d’un des partis.

Nation : la nation est une communauté de destin unie par une “identité” historique et culturelle commune qui constitue ainsi une communauté politique qui est à son tour la base de l’État-nation. Ernest Renan donne une magnifique définition de la nation : “La nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. […] Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. […] Je me résume, Messieurs. L’homme n’est esclave ni de sa race ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagne. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation.”

La mondialisation : D’après le sociologue Guy Rocher : « La mondialisation pourrait être définie comme l’extension à l’échelle mondiale d’enjeux qui étaient auparavant limités à des régions ou des nations. »

Influence : les stratégies d’influences sont des stratégies indirectes. Ces stratégies sont de plus en plus importantes car les interventions directes et les ingérences sont lourdement sanctionnées. Gérard Chaliand en donne une définition précise en distinguant les concepts de rayonnement et d’influence : « il est important d’établir une distinction entre influence et rayonnement. Le rayonnement est le produit du prestige historique et culturel d’un Etat. L’influence s’exerce par le truchement de la puissance politique et économique d’un Etat, l’influence culturelle étant la conséquence de cette puissance. »

Ingérence :  Par « ingérence », on doit entendre un degré supplémentaire dans l’influence exercée par un tiers étranger, soit « l’action de s’ingérer, de se mêler des affaires d’autrui », ou d’intervenir « dans la politique intérieure d’un autre État » (Le Larousse). La frontière avec l’influence n’est pas toujours aisée à déterminer. La notion, qui renvoie clairement au terme de « hard power » (ou littéralement « puissance dure », ou « puissance coercitive ») développé aussi par Joseph Nye, est à décliner dans toutes ses acceptions, depuis l’intimidation jusqu’aux formes militaires violentes (les formes d’intervention lourdes ne manquent pas dans cette région !), en passant par les rétorsions économiques. Il n’y avait donc pas que la violation de la souveraineté à envisager. Dans le cas des Etats faibles, l’ingérence (au regard du droit international) peut être plus ou moins acceptée et les Etats en jouent souvent. (Extrait du rapport du jury pour le sujet Influences et ingérences étrangères au Proche et au Moyen-Orient)

Interface : Une interface, terme très répandu en géographie depuis les années 1980, est une zone de contact entre deux espaces. Elle met en relation deux ensembles géographiques distincts. Une discontinuité spatiale régit les deux parties. Cette disjonction concerne les échanges et les influences que peut avoir un espace sur un autre et inversement. A Titre d’exemple, la mer Méditerranée est un excellent exemple d’interface, car elle constitue un lien entre plusieurs mondes.

 

Comment définir une région du monde ?

 

Le programme de deuxième année de classe préparatoire se concentre sur des aires régionales dont on doit étudier les caractéristiques et les interdépendances. Vous avez une chance sur deux de tomber sur un sujet qui traite d’une zone géographique limitée lors du concours vous serez donc amenés à la définir. Pour commencer, il faudra définir les limites géographiques. A titre d’exemple pour définir le Proche et Moyen Orient, on dira que c’est la région qui inclut la Turquie au nord, l’Egypte à l’ouest, la Syrie, La Jordanie, l’Irak, la Palestine, le Liban et Israël à l’est mais aussi la péninsule arabique et L’Iran. A cette description géographique, nous devons rajouter des éléments d’histoires et démographie nécessaire à la compréhension des enjeux de la région sans pour autant être exhaustif ( pas la peine de bruler toutes ses cartes dès l’introduction ). Généralement, cette seconde description permet d’aller vers la discussion et la problématisation

Khalil Lbadaoui

Je m'appelle Khalil, passé par une prépa ECS et aujourd'hui étudiant à NEOMA BS campus de Reims. Passionné de géopolitique, j'ai à coeur de vous donner une approche synthétique des grands enjeux de cette matière et de vous aider à bétonner votre méthode.

Vous pourriez aussi aimer :
L'usage pertinent de la sociologie dans vos dissertations d'ESH peut être très différenciant ! Il est donc intéressant de le…