Un mois pour performer en composition française : l’analyse du sujet

La composition française est l’un des grands classiques de la khâgne : cet exercice demande à la fois une solide culture littéraire, un esprit d’analyse aiguisé mais aussi une sérieuse capacité de réflexion pour proposer une réponse pertinente au sujet proposé. Il s’agit d’une épreuve-clé du concours de l’ENS, notamment pour les étudiants en khâgne moderne puisque le coefficient est alors doublé par rapport aux autres écrits. Pour maîtriser cet exercice sur le bout des doigts, découvrez le premier épisode de cette série #Un mois pour performer en composition française, un article qui se focalise sur l’analyse du sujet !

 

Lire plus : Khâgne : 5 astuces simples pour progresser en français 

 

Accueillir le sujet sans crispation

Il faut rester conscient que la réussite de votre devoir se joue dès la découverte et la lecture du sujet !Aussi est-il essentiel de prendre connaissance de ce dernier tranquillement et dans une pleine disponibilité.

Inutile de vous précipiter sur vos stabilos pour fluoter furieusement certains passages : cela vous conduit, inconsciemment, dans la suite de votre devoir, à vous concentrer sur une idée au détriment d’une autre. Ainsi, mieux vaut prendre le temps de prendre connaissance du sujet tel qu’il est, et surtout de ne pas lui surimposer un sujet anciennement traité (dans le cas où il y aurait un terme-clé en commun par exemple) : en effet, à chaque sujet sa spécificité et donc sa manière d’être traité. Vous devrez ainsi faire preuve de vigilance critique tout-au-long de l’analyse du sujet afin de délimiter le périmètre de ce sujet en particulier.

De même, attention à ne pas occulter les difficultés qui se présentent à vous lors de la lecture du sujet : au contraire, toute difficulté peut être considérée comme un tremplin pour la réflexion, un moteur pour la construction de la dissertation.

 

Comment bien analyser un sujet ?

Dès lors, la question suivante se pose : comment bien lire un sujet ? Autrement dit, comment accueillir sans rigidité aucune et dans une pleine disponibilité le sujet proposé ? Pour une première analyse, vous pouvez notamment adopter la démarche suivante :

  1. Repérer les réseaux sémantiques récurrents de sorte à faire émerger les notions-clés du sujet ;
  2. Identifier la thèse de l’auteur de la citation et proposez-en une première explication ;
  3. Peut-on éclairer cette thèse à la lumière d’un certain contexte culturel/littéraire?

 

Par ailleurs, il s’agit de nourrir son analyse en se posant les questions suivantes :

  • Dans quel contexte s’inscrit l’énoncé ?
  • Quel est le ton de la citation (polémique, ironique, etc.) ?
  • Y-a-t-il des termes techniques ?
  • Y’a-t-il des termes polysémiques ?
  • Quelle est la progression logique de la phrase ? Si la citation est longue, il est primordial de mener une analyse scrupuleuse du mouvement de la pensée et de l’argumentation.

 

Quels sont les différents types de sujet ?

Il s’agit d’identifier à quel type de sujet vous avez à faire : cela peut-être un sujet portant sur un genre en particulier, ou sur la littéraire en général.

1) Pour les sujets portant sur un genre spécifique, il faut accepter de se limiter et de faire un tri dans ses références, de sorte à ne pas perdre du vue le centre de gravité du sujet. Il s’agit, pour ce type de sujet, de ne pas oublier :

-de problématiser ce qui est spécifique à ce genre ;

– d’examiner des cas limites, dont les frontières génériques sont problématiques ;

2) Les sujets plus généraux offrent un champ de réflexion plus vaste. Toutefois, il faut éviter les pesantes généralités grâce à une analyse serrée et méthodique des termes du sujet.

 

Les écueils à éviter lors de l’analyse du sujet

Le premier écueil à éviter reste une analyse précipitée, trop rapide, qui échoue à rendre compte de la spécificité et de la complexité du sujet ou, pire, qui conduit parfois à de fatales erreurs de compréhensions. Si le temps est certes compté, il n’y a aucune économie à faire lors de cette étape cruciale.

La deuxième erreur serait, comme évoqué précédemment, de recycler paresseusement son cours ou un sujet anciennement traité parce que libellé s’en rapproche. Attention donc à ne pas substituer à une analyse attentive des développements plus ou moins similaires : vous vous exposez au risque de manquer la nuance et la spécificité du sujet ! Vous l’aurez compris : chaque sujet mérite d’être traité intégralement, indépendamment de tout ce que vous avez pu faire avant.

 

Lire plus : Pas le temps de lire en khâgne, mythe ou réalité ?

Vous pourriez aussi aimer