Réussir en géopolitique : les conseils de Jean-François Fiorina

Féru de géopolitique et d’analyse du monde contemporain, Jean-François FIORINA, Directeur Général Adjoint de Grenoble Ecole de Management a répondu à nos questions afin de vous aider dans votre dernière ligne droite avant les épreuves de concours.

 

Bonjour Jean-François, comment analyser un sujet en géopolitique ?

Mon premier conseil pour analyser un sujet en géopolitique est d’abord de prendre le temps de le lire attentivement ; cela peut paraitre évident mais cette étape est très importante car elle constitue le point de départ de votre réflexion. Pensez aussi à vous servir de la plupart des documents (sinon tous), en tout cas des textes : chaque pièce du dossier y figure pour orienter la réponse à la question !

Pour vous donner un exemple, en 2020, un quart seulement des candidats a su utiliser les documents. Or, sans lire les extraits des textes joints on était facilement hors sujet… Ensuite, commencez à écrire vos idées sur un brouillon et réfléchis-sez à un plan en grandes parties et sous-parties. Une fois ces étapes passées, rédigez votre introduction méticuleusement et passez à la rédaction.

Attention là aussi, ne vous contentez pas de donner des noms d’auteurs et des titres d’ouvrages ; il ne faut les citer que si cela vient vraiment à l’appui de la démonstration. Les références doivent être au service de votre démonstration et non l’inverse !

 

Quelles sont les spécificités de l’épreuve de géopolitique de GEM ?

Le sujet de géopolitique de GEM est posé sous forme de question, celle-ci est souvent en lien avec le monde économique et ne comporte aucun piège. Nous n’attendons pas de réponse précise mais une analyse personnelle et pertinente.

Je souhaiterais ajouter qu’il n’y a pas de plan « type » et que par conséquent le candidat est libre de traiter le sujet comme bon lui semble, du moment qu’il n’est pas hors sujet ! J’attire votre attention sur le fait que ce n’est pas une épreuve de récitation, il faut prendre du recul sur le sujet et amener une réponse argumentée. Tout est dans la fine analyse et la compréhension des enjeux du sujet. Habituez vous donc à faire cela le plus régulièrement possible pendant l’année et pendant vos révisions finales plutôt que de ne vous concentrer que sur l’apprentissage de vos cours !

 

Faut-il restituer tout son cours ?

Gardez bien en tête que le correcteur est un professeur de prépa et que par conséquent il connait son cours sur le bout des doigts. Ce que nous attendons, c’est une valeur ajoutée, un « plus » qui va vous démarquer des autres candidats, et ce « plus », c’est votre analyse, votre réflexion personnelle, votre manière d’interpréter le sujet. Le correcteur a envie d’être surpris, d’être challengé intellectuellement.

Vous l’aurez compris : il ne faut pas « recracher » son cours mais l’utiliser à bon escient !

 

Comment rédiger une bonne introduction ?

Dans une dissertation, l’élément le plus important est incontes-tablement l’introduction. C’est elle qui amène le sujet et qui donne au correcteur une première impression sur votre devoir : une bonne introduction lui donnera envie de lire la suite. Elle doit être séduisante. Hormis l’introduction, il ne faut pas négliger la présentation, une copie doit être lisible et aérée. En effet, un devoir mal présenté même s’il y comporte de bons éléments, sera pénalisé par le correcteur qui aura du mal à faire ressortir les points forts de votre dissertation. Sautez des lignes entre les différents paragraphes, écrivez proprement et sans fautes ! L’année dernière, les copies trop courtes, déficientes du point de vue de la syntaxe et de l’orthographe ou raturées n’allaient pas au-delà de 8/20… et au concours tous les points comptent pour gagner des admissibilités.

 

Comment réussir sa conclusion ?

Cela dépend des sujets. Mais globalement, c’est l’élément impor-tant que l’on veut rappeler : ce peut être un élément de prospective, en lien avec une entreprise ou une question non résolue. La conclusion, c’est la partie du devoir qui sort un peu du sujet, le « what’s next » c’est-à-dire la prochaine étape, le prolongement. L’ouverture n’est pas obligatoire, mieux vaut ne pas en faire qu’en faire une mauvaise car c’est la dernière chose que lira votre correcteur, le point final de votre dissertation ; ce serait dommage de terminer sur une fausse note ! 

 

Finalement… Comment travailler en géopolitique ?

SOYEZ CURIEUX. Je vous conseille de lire régulièrement, mais aussi de vous extraire de vos éléments de cours et de regarder « à côté » ; la géopolitique ne s’apprend pas que dans les livres, c’est une matière pluridisciplinaire ! Inspirez-vous des rapports de jury des années précédentes et lisez les bonnes copies des étudiants, c’est la meilleure manière pour comprendre les attentes des correcteurs aux concours.

Les mots du directeur pour vos concours

Même si depuis mars 2020, la situa-tion est complexe avec la pandémie, restez concentrés vers votre objectif : la réussite de vos concours et l’intégration dans « l’école de vos rêves » (bien évidemment GEM). De très beaux parcours et rencontres vous attendent.

Cela vaut le coup et ce d’autant plus que les entreprises attendent des profils et des compétences qui leur permettront de réussir dans ce monde d’après, entre nouveaux modèles stratégiques, d’organisation et de travail. Un défi passionnant !

Dorian Zerroudi

Rédacteur chez Mister Prépa, j'ai à coeur d'accompagner un maximum d'étudiants vers la réussite !

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