Les rivalités spatiales en Asie #1

Dans cet article, tu pourras retrouver des informations sur les rivalités spatiales en Asie. L’Asie est de nos jours un espace attirant de nombreux acteurs, ce qui pousse donc à une certaine concurrence entre tous ceux-ci.

 

Nous aborderons ainsi ici le contrôle des espaces maritimes, puis nous verrons les concurrences autour de la polarisation de l’espace, afin d’obtenir des IDE.

 

Le contrôle des espaces maritimes :

 

Voir plus : Les espaces maritimes asiatiques poudrière ou espoir ? 

 

Des conflits majeurs autour des ZEE :

Dans un premier temps, le contrôle des espaces maritimes se traduit par des conflits majeurs autour des ZEE théorisée par la convention de Montego Bay en 1982.

Prenons ainsi l’exemple des conflits opposant la Chine au Japon mais la Chine à Taiwan.

Tout d’abord, il s’agit de savoir qu’il existe des rivalités en mer de Chine méridionale notamment pour les îles Paracels, récifs ou atolls. Les raisons justifiant ces conflits sont les ressources halieutiques (pêche, ressources énergétiques), le contrôle des flux (axe majeur de la conteneurisation). En Asie, il faut remarquer que la Chine revendique beaucoup et si elle obtenait ce qu’elle demandait, elle contrôlerait 90% de la Chine méridionale.

Prenons un exemple de conflit : en mai 2014, la flotte chinoise empêche un équipage vietnamien de forer au large des îles tritons. Les conflits qui paraissent à prime abord régionaux, se transforment en réalité en conflit à l’échelle mondiale puisque les EU, l’Inde et le Japon prennent parties prenantes lors de ces conflits en Asie. Par exemple, l’Inde est proche du Myanmar, les EU ont signé un traité d’amitié avec les Philippines et le Vietnam.

 

Cependant, ces conflits ne semblent pas se résoudre, par manque de solution. En effet, les pays se réfèrent à l’histoire pour justifier l’appartenance, puisque le droit international est dépourvu de toute loi concernant ces points. La CNUD exige une durée d’autorité supérieure 50 ans (continue) pour que l’île soit propriété et pose aussi la question de la définition de l’île, elle doit être constructible.

De plus on a une escalade des tensions préoccupante : les pays ASEAN (fondateur), sont hostiles à l’hégémonie chinoise, mais n’ont pas de droit d’ingérence sur le géant chinois.

Enfin, il apparait que la zone est de plus en plus militarisée. En effet, la Chine possède plus de 300 bateaux de guerre sur place mais aussi des dizaines avions patrouilleurs. Face à cette menace, on peut se rendre compte que les autres pays asiatiques augmentent leur arsenal militaire : Indonésie (84%), Malaisie (150%), Singapour (700%).

 

Voir plus : La Chine et Taiwan des tensions permanentes 

 

Les concurrences autour de la polarisation de l’espace (obtention d’IDE).

 

La puissance sur le continent asiatique consiste à polariser les territoires (émettre des IDE) mais aussi à maîtriser son propre territoire (capter des IDE). En d’autres termes, la puissance est théorisée par la capacité des pays asiatiques à organiser ou subir la DIPP. Certains polarisent d’autres sont polarisés.

 

Émettre et capter des IDE

Selon, la théorie de Dunning (1977) dans Ownership location and internationalization : l’intensité des flux d’IDE est proportionnelle au degré de développement du pays, proportionnelle à la puissance.

Les stratégies qu’utilisent les pays asiatiques concernant les IDE sortants sont les suivantes : La stratégie principale est le market seeking (proche des marchés), la 2e le resource seeking (proche des ressources naturelles : pétrole, gaz, minerais) et la 3e l’asset seeking (fusions transfrontalières : acquisition technologie pays hôte). Les FMN chinoises et indiennes s’appuient aussi sur une stratégie d’efficiency seeking. En d’autres termes, ils produisent des installations en Afrique (coût travail, normes environnementales moindres). On assite ainsi à une explosion des IDE sortant des BRICS asiatiques, puisqu’ils ont été multipliés par 3,5 depuis avant 2008, puis multiplié par 2,6.

 

Les concurrences autour de la polarisation de l’Asie centrale.

Dans ce paragraphe, les différents concurrents vont être mis en exergue tour à tour.

Tout d’abord, la Turquie. Avec la création du Tika, l’organisme d’état visant à la coopération centrale, la Turquie s’attendait à une cohésion, cependant le bilan est très décevant, ajouté à cela que la capacitéd’investissement turque est très faible et que le nationalisme est mal perçu par les interlocuteurs en Asie centrale. Ainsi, la Turquie ne semble pas trop poser de problèmes aux autres concurrents à la vue de cet échec.

Ensuite, concernant l’Iran, le pays perçoit l’Asie centrale comme une manière de contourner le confinement imposé par les EU. Il exprime donc un souhait de participation à l’exploitation des ressources de la mer Caspienne. Néanmoins, réside un problème d’ordre culturel. En effet, le peuple iranien est chiitealors que les puissances d’Asie centrale sont sunnites.  Ainsi, à travers la multiplication des accords bilatéraux notamment avec le Kazakhstan et le Turkménistan mais aussi le soutien russe sur cette mer, l’Iran parvient à faire entendre sa voix. Cela mène donc, au partage équitable des ressources avec les pays riverains et contrarie dans le même temps, l’influence de l’Arabie saoudite (sunnite) dans la zone

En ce qui concerne les États-Unis, à la suite de l’éclatement de l’URSS, ils y ont vu une opportunité. 3 objectifs se sont donc dessinés pour le pays : garantir l’indépendance des états, contrarier l’influence russe mais aussi la diversification de leur approvisionnement (pétrole, gaz). La concurrence des EU va donc être perçue notamment à travers des aides financières comme au Kazakhstan où 66% des investissements proviennent des EU. Ils s’investissent aussi au Turkménistan grâce à une politiqued’anglicisation (soft power) et aux Peace corps (bénévoles américains)

L’Europe tente elle aussi de s’imposer en Asie centrale à travers un programme permettant le développement de plusieurs projets : aide technique, scientifique, éducation. Par exemple, le TACIS au Turkménistan qui porte sur l’énergie et l’agroalimentaire. (les allemands sont leader dans ce processus)

Pour terminer, la Russie constitue l’essentiel relation de l’Asie centrale. On peut notamment prouver cela lorsque le Kazakhstan demande d’intervention russe pour rétablir l’ordre à la suite des émeutes de janvier 2022.

 

N’hésite pas à jouer un coup d’œil à cet article sur les rivalités économiques asiatiques si jamais tu révises en ce moment le continent asiatique !

 

Le contrôle des axes de communication (route de la soie)

Il existe tout d’abord un enjeu primordial en Asie centrale, l’enjeu de son désenclavement. Il existe ainsi plusieurs possibilités mais chacune d’elles bute sur des contraintes géopolitiques.

Par exemple, la route Nord nécessite la modernisation des infrastructures mais mènerait à une dépendance russe.

Concernant la route qui passerait par l’Ouest, cela mènerait à la traversée de contrées poudrières (Haut Karabakh, Tchétchénie) et son aboutissement se trouverait en Iran, pays boycotté par les EU, ce qui élimine aussi cette solution.

Ensuite, en ce qui concerne la route vers la mer d’Arabie/l’Inde via Afghanistan/Pakistan, ce projet est toujours en pourparlers, d’autant plus qu’il profiterait aux FMN américaines.  

Enfin, pour ce qui est de la route qui passerait par l’Est, elle se situerait sur un tronçon de la route de la soie, et aboutirait donc à une dépendance de la Chine.

 

Ainsi, concernant les enjeux internationaux liés à la route de la soie. On peut constater un vœu de désenclavement d’une région mal contrôlée. Ce désenclavement ouvrirait ainsi une nouvelle frontière pour la Chine. Cependant, leur solution n’est pas la plus envisagée et le double conflit concernant la question ouïghour et les expérimentations nucléaires chinoises n’améliore pas les choses.

Aurélia Rotolo

Après une classe préparatoire provinciale à Nîmes, je fais aujourd'hui partie du programme GMT (Global Mobility Track) d'Audencia BS. Dorénavant mon nouveau challenge est de vous aider à réussir en prépa que ce soit en langues, en géopolitique ou même en méthodologie :)

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