Les rivalités spatiales en Asie #2

Dans cet article, tu pourras retrouver des informations sur les rivalités spatiales en Asie. L’Asie est de nos jours un espace attirant de nombreux acteurs, ce qui pousse donc à une certaine concurrence entre tous ceux-ci.

Voir plus : les rivalités spatiales en Asie #1

Ci-dessous, les thèmes abordés seront les limites de l’intégration régionale, puis les discontinuités territoriales à travers la mise en exergue de pays qui maitrisent leur territoire et d’autres mis en difficulté par cette non-maîtrise.

 

Les limites de l’intégration régionale

 

Si l’on veut s’aventurer à parler de l’intégration régionale en Asie, la question de l’ASEAN est incontournable. Fondée en 1967, avec comme membres fondateurs l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, le Singapour, la Thaïlande. De nos jours, l’ASEAN compte 10 membres (Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie, Cambodge). Et on parle aussi parfois d’ASEAN+3= Corée du Sud, Chine, Japon pour désigner les pays qui ont des liens avec cette union.

Il est néanmoins important de savoir que l’ASEAN ne requiert aucune exigence au niveau de la démocratie, puisque comme on peut le constater, des régimes dictatoriaux en font partie.

De nos jours, l’ASEAN ne s’appuie pas sur un fondement politique, comme la lutte contre le communisme auparavant. Ce mode vise à favoriser l’entente économique ainsi que la sécurité de la zone. Le fonctionnement se distingue totalement de celui de l’UE : il est informel : pas d’organisme, de décision juridique contraignante. Le statut de non-ingérence lui sous-entend de ne pas prendre position sur les conflits.

Les objectifs de l’ASEAN sont très ambitieux puisqu’elle veut être un outil d’intégration à la mondialisation, à travers l’organisation de forums/sommets. Depuis 1993, l’union a mis en place un forum régional annuel concernant la question de la sécurité en Asie pacifique (27 membres).

Ainsi, le bilan est très limité. En effet, le commerce intra-asean représente moins de 25%, les inégalités entre les états membres ne cessent d’augmenter. Par exemple, le PIB de Singapour est 50 fois plus élevé que celui du Cambodge. Concernant les limites démocratiques : l’adhésion Myanmar, régime autoritaire, en 1997, montre que la démocratie n’est en aucun cas un critère d’intégration. De manière générale, les droits humains, économiques et sociaux sont en recul et donc les mouvements progressifs régionaux contestent l’ASEAN car ils y voient une machine à enrayer les dynamiques de progrès.

 

Voir plus : Des modèles économiques rivaux 

 

Les discontinuités territoriales internes

 

Il s’agit de distinguer les pays ayant une très forte intégration à la mondialisation de ce qui en sont marginalisés. Ainsi la puissance se reflète ici par la capacité d’un pays à maitriser son territoire.

 

Des pays qui maitrisent leur territoire (Japon, Corée, Taiwan)

La maîtrise japonaise : Concernant le Japon de l’endroit (côte est) : on peut remarquer un corridor mégapolitain où on compte 71% de la population et 70% du PIB. Les géographes parlent ainsi de réseau anisothropique. Le modèle de développement de ces territoires est basé sur le modèle nippon fondé sur l’extraversion du territoire grâce aux ZIP. Il existe néanmoins des limites territoriales. Par exemple, la verticalisation de Tokyo (ville global) pousse à une spéculation considérable, la désertion des centres-villes au profit siège sociaux/FMN et mène donc à un étalement urbain considérable. De plus, l’hypertrophie du réseau urbain cause des conséquences environnementales néfastes au Japon. D’un autre côté, il existe le Japon de l’envers relié par une connexion (Shinano). Le géographe François Aher préfère parler non plus de l’influence des mégapoles mais de la naissance d’une métapole qui inclut la mégapole aux espaces ruraux environnants, du fait que le Japon de l’endroit et de l’envers soient connectés). Enfin, concernant la gestion des risques, que l’on définit par la conjonction entre un aléas, des enjeux et la vulnérabilité, par le Japon. Cette société japonaise, par ses normes antisismiques, avec ses PPR (plan de prévention des risques) gère une résilience.

Une copie du modèle japonais en Asie du Sud-Est : les modèles de développement asiatique s’appuyant sur le corridor industriel (corridor de transport puis logistique et enfin économique). Concernant les étapes auxquelles les pays se situent on peut noter, la Corée du sud et Taiwan qui en sont aux corridorséconomiques, ou encore les bébés tigres au stage intermédiaire.

Prenons un exemple de corridor : le Kunming-Bangkok passe par Laos et engendre donc la naissance d’une agriculture spéculative au Laos, ainsi que le développement du tourisme et le développement d’une ZES : la ZES du triangle d’or (plan d’opium et de pavot). Il profite beaucoup plus aux chinois et aux thaïlandais qu’aux Laotiens : augmentation du foncier au Laos, ce qui provoque des inégalités sociales. Un espace transfrontalier joue sur les gradients politiques, juridiques, socio-économique, environnementaux.

 

Des pays pénalisés par leur insuffisante maîtrise du territoire (discontinuités)

 

D’un autre côté, les pays ne maitrisant pas leurs territoires sont pénalisés par cette non-maitrise. Tout d’abord, les ressortissants nationaux ne sont plus égaux par rapport à la santé au travail du fait de ces discontinuités.

Par exemple, en Inde, le taux d’urbanisation est de 32%, accompagné d’un très fort exode rural. On décompte 40 millions d’urbains supplémentaire par an. Par ailleurs, le développement corridor industriel New Dehli-Mumbai, provoque de nombreux conflits d’usage (terres arables). De plus, le profit concerne les FMN et non les populations locales. Le développement de certaines villes comme Bangalore sud qui est le 4e centre technologique mondial (production 40% logiciels indiens, 700 centres R&D) engendre des problèmes environnementaux : ville asphyxiée.

Enfin, la question des transports est aussi problématique en Inde puisque même s’il existe le Quadrilatère d’or : 5800km d’autoroute qui relie 4 centres dynamiques (Dehli, Mumbai, Bangalore, Calcutta), le réseau autoroutier reste insuffisant.

Un autre exemple parlant serait la Chine qui est en progressif rééquilibrage puisqu’il existe un fort déséquilibre chine orientale/littorale vs chine urbaine. En effet, on remarque des difficultés dans les zones rurales : à propos des campagnes, les autorités parlent de « trois problèmes ruraux » qui concernent les paysans, l’agriculture ainsi que la démographie de l’espace rurale. Par exemple, la décollectivisation des campagnes concernant le fait que la main d’œuvre rurale trop importante a poussé à un fort exode rural. En 2006, le programme « d’édification de nouvelles campagnes socialistes » visant à la promotion du développement rural : fournir travail, diriger main d’œuvre dans les nouveaux villages.

Actuellement Chine compte 55% d’urbains inégalement répartis, on y retrouve 6 foyers de peuplement dont 3 majeurs : Shanghai, Shenzhen/HK et Pékin. Du fait que les villes soient saturées, cela pousse à une spéculation immobilière ainsi qu’à une pollution accentuée.

Aurélia Rotolo

Après une classe préparatoire provinciale à Nîmes, je fais aujourd'hui partie du programme GMT (Global Mobility Track) d'Audencia BS. Dorénavant mon nouveau challenge est de vous aider à réussir en prépa que ce soit en langues, en géopolitique ou même en méthodologie :)

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