Royaume-Uni, L’avenir de la relation franco-britannique

En juillet dernier, l’actuel premier ministre britannique a donné sa démission. Les élections pour choisir son successeur approchent donc. Elles auront lieu le 5 septembre.

Pour la succession, deux candidats sont en compétition, Rishi Sunak et Liz Truss. Bien que ces deux candidats proviennent du même parti, ils n’ont pas le même programme. Leur politique européenne et extérieure sont en effet très différentes. La question est donc : la relation franco-britannique va-t-elle être impactée par l’élection du nouveau premier ministre ?

 

Deux candidats très différents 

Le fait que les deux candidats en lice soient tous les deux d’anciens membres du gouvernement de Boris Johnson peut laisser croire qu’ils sont très similaires ! Liz Truss était cheffe de la diplomatie sous le gouvernement précédent, alors que Rishi Sunak en était le ministre des finances. Le fait qu’ils étaient dans le même gouvernement n’implique pour autant pas une réelle ressemblance. 

En effet, les deux candidats cherchent à présent à montrer leur différence radicale de l’un par rapport à l’autre. Rishi Sunak joue par exemple sur l’expertise qu’il peut avoir par rapport à Liz Truss dans le domaine économique. En effet, en tant qu’ancien banquier de chez Goldman Sachs, son expérience sur ce sujet pourrait jouer en sa faveur. Il s’en joue fortement, puisqu’il s’est permis à plusieurs reprises de corriger sa concurrente sur certains des chiffres de son programme.

De plus, nous pouvons constater que les deux candidats n’ont pas eu la même réaction face à la baisse en popularité de l’ex-premier ministre. Rishi Sunak a rapidement quitté le navire alors que le premier ministre se retrouvait confronté aux scandales des party gates. Il est ainsi considéré comme partiellement responsable de la chute de son potentiel prédécesseur, alors que Liz Truss occupe toujours son poste. Rishi Sunak peut donc être vu comme un traître par certains membres de son parti. Or, c’est bien le parti conservateur qui votera ce 5 septembre pour le prochain premier ministre. Une différence risque donc de se former sur le plan de la fidélité au précédent premier ministre.

 

La relation franco-britannique pourrait être sauve… 

Bien que les deux candidats soient conservateurs, ils ne sont pas forcément tous deux hostiles à l’Europe. L’ex-ministre des finances s’est même clairement prononcé comme voyant la France comme une alliée quand la question lui a été posée.

De plus, nous pouvons voir que la relation économique entre les deux pays ne peut pas s’arrêter comme ça. De fait, Liz Truss a beau vouloir promouvoir l’indépendance du Royaume-Uni sur le plan de l’énergie et du nucléaire, elle reconnaît que son pays a perdu cette compétence pour l’heure. Ainsi, elle dit préférer se fournir en énergie nucléaire française plutôt que chinoise. Elle ne devrait alors pas couper les ponts, du moins tout de suite, avec la France.

Quoi qu’il en soit, la relation franco-britannique risque de ne pas bouger.  Simon Usherwood, professeur de sciences politiques à l’open University, considère en effet que la conjoncture économique ne laissera pas grande liberté à celui qui deviendra premier ministre. Nous pouvons en conclure que le nouveau chef du gouvernement ne fera pas l’avenir de la relation entre les deux pays.

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…Mais rien n’est sûr 

Toutefois, nous savons que les relations entre les deux pays ne sont pas tendres sur tous les sujets. La France ainsi que l’Europe ne parviennent par exemple pas à trouver de solution pour régler le problème de l’Irlande du Nord depuis la signature du Brexit. Le Royaume-Uni est sensé trouver une solution de gestion de la frontière pour le 15 septembre. Cette date correspond à dix jours après l’élection du nouveau premier ministre. Les délais semblent donc excessivement courts, et la situation sur la question risque donc de rester en état de blocage.

En conséquence de cette question, Liz Truss a reçu le conseil d’activer l’article 16 pour que, dans le cas où l’un des deux partis verrait ses intérêts mis de côté, chacun des deux protagonistes (le Royaume-Unie et l’Union Européenne) prennent leurs mesures de leur côté. Cette décision bloquerait les relations avec l’Europe et la France, et compliquerait encore la gestion de cette frontière à problèmes.

Enfin, nous savons que la candidate, Liz Truss, n’est pas particulièrement enthousiaste au sujet de la relation franco-britannique. Elle a déjà refusé de donner son avis sur le président Français, Emmanuel Macron, disant qu’elle voulait le juger sur ses actes plutôt que sur ses paroles. Nous voyons donc qu’avec cette première ministre, qui rappelons-le, est favorite selon les sondages, la relation franco-britannique ne sera pas de tout repos.

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