S’entrainer à la dissertation d’ESH: le libre-échange est-il facteur de croissance ?

Les concours approchent et le meilleur moyen de progresser rapidement en ESH est de s’entrainer sur des sujets de concours.  N’attendez pas d’apprendre tous les auteurs, toutes les dates et toutes les théories car personne ne vous demande de tout connaitre. Le tout est de maitriser ses connaissances et de pouvoir les utiliser dans des sujets, non de les multiplier! Voici un exemple de sujet susceptible de tomber en dissertation d’ESH. Lisez d’abord le sujet, puis tentez de réfléchir à la tension que met en avant le sujet pour créer une ébauche de plan. Ensuite, lisez la correction et prenez note des idées que vous n’aviez pas pris en compte dans vos brouillons.

Voici le sujet: Le libre échange est-il facteur de croissance ?

Introduction

Actualité du sujet: la difficulté de l’Europe à être indépendante sur des matières stratégiques (gaz, pétrole, terres rares) pose la question de la fragmentation de la mondialisation induite par la division internationale du travail du libre-échange.    

Historique: Les phases d’ouverture des économies correspondent à des phases d’accélération de la croissance; néanmoins les effets positifs de l’abaissement des barrières douanières correspondent à des mécanismes divers qui n’ont pas la même importance au cours du temps. Dans un premier temps, le libre-échange à l’échelle régionale exerce des effets positifs grâce à la spécialisation des économies et à la réorganisation des systèmes productifs qui induisent des changements de nature structurelle propices à l’accélération du trend de croissance. Dans un deuxième temps, la taille des marchés, décuplée avec l’émergence de grandes économies (BRIC) renforce les effets du libre-échange.

Cadre théorique: la théorie libérale des échanges postule que la spécialisation est source de gains partagés pour les économies qui abandonnent la protection commerciale, en termes d’augmentation du produit global et de baisse des prix.

Idée directrice: Les gains de l’ouverture en terme de croissance sont indéniables dans un marché parfait sans frictions où l’équilibre résulte de comparaisons en statique. Une modification des hypothèses fait vaciller les certitudes initiales.

 

Développement

(I) La thèse du développement peut être la suivante: le libre-échange et la réorganisation des structures économiques ont des effets d’offre favorables à la croissance. (A) Le libre-échange conduit à une allocation optimale des ressources productives: un  gain d’efficacité. Vous pouvez évoquer la division internationale du travail ricardienne et la croissance mondiale, puis expliciter la notion de gains de productivité due à la spécialisation. En deuxième sous-partie (B), vous pouvez analyser les effets dynamiques du libre-échange: l’accélération du trend de croissance. Evoquez d’abord le processus de croissance smithienne permettant d’accélérer la croissance, puis analysez la concurrence internationale qui contribue à la disparition des entreprises moins performantes. 

On peut cependant nuancer nos propos (II) en mentionnant que les effets du libre-échange sur la croissance ne sont ni assurés ni forcément supérieurs aux coûts d’ajustement dus à l’ouverture. (A) Les gains éventuels de croissance doivent être comparés aux coûts d’adaptation des structures d’offre dans un contexte d’ouverture. D’abord, les prix de l’échange et les effets de l’ouverture sur la croissance sont incertains. Ensuite, le libre-échange entraine une réorganisation du système productif: viscosité des marchés de facteurs, en particulier du marché du travail, coûts d’adaptation. Pour limiter ces couts d’adaptation sectorielle, des politiques de protection temporaire peuvent être préconisées. (B) Enfin, les gains certains du libre-échange ne sont pas également répartis. Le libre-échange provoque un processus de convergence sélectif. Vous pourrez d’abord évoquer ce que prédit la théorie économique standard –HOS, Mundell, Solow-, puis le comparer avec la mondialisation depuis le début des années 1980 -les clubs de convergence. Vous pourrez ouvrir sur une approche qualitative en interrogeant la légitimité du libre-échange dans la promotion du bien-être. Une analyse microéconomique en terme de surplus est la bienvenue. Vous pouvez également parler des catégories sociales gagnantes et perdantes en termes de revenus dans une économie ouverte pour intégrer une approche sociologique.   

 

Conclusion

Synthèse: pour les pays ayant opté pour le contrôle des relations économiques extérieures, le coût à payer en termes de croissance est élevé. Le processus de rattrapage qui gagne de nos jours l’Asie orientale s’appuie sur la conquête des marchés extérieurs et l’accueil des IDE. Ces résultats sont partiellement conformes aux enseignements de la doctrine libérale mais s’en écartent sur de nombreux points lorsqu’on est attentifs aux conditions réelles de mise en oeuvre de la politique commerciale.

Ouverture: si le libre-échange a fait la preuve de ses effets bénéfiques sur le rythme de croissance, l’extension de l’ouverture aux marchés de capitaux, n’a pas convaincu de sa capacité à accélérer la croissance du secteur réel sans lui faire subir les excès de la financiarisation.

 

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