SIGEM 2022 : 7 écoles n’ont pas rempli leur promotion (On vous dit pourquoi)

L’édition 2022 des concours BCE & Ecricome vient de toucher à sa fin, permettant enfin aux milliers de préparationnaires de découvrir leur future école pour les 4 années à venir. Une période aussi stressante pour les candidats qui ont attendu leurs résultats avec impatience que pour les écoles qui se demandent chaque année si leurs candidats les préféreront à leurs écoles concurrentes, si elles vont pouvoir se permettre ou non d’augmenter leur sélectivité et si, pour certaines d’entre elles, elles auront la chance de pouvoir remplir 100% de leur promotion l’année prochaine. 

 

SIGEM 2022 : le taux de remplissage des écoles 

RANG SIGEM 2022ECOLETaux de remplissage
1HEC Paris100.00%
2ESSEC Business School100.00%
3ESCP Business School100.00%
4EDHEC Business School100.00%
5emlyon business school100.00%
6SKEMA Business School100.00%
7Audencia Business School100.00%
8NEOMA Business School100.00%
9Grenoble Ecole de Management100.00%
10KEDGE Business School100.00%
11TBS Education100.00%
12Rennes School of Business100.00%
13Montpellier Business School100.00%
14Burgundy School of Business100.00%
15ICN Business School100.00%
16IMT-BS45%
17Excelia Business School79.00%
18EM Strasbourg Business School82.72%
19EM Normandie Business School90.52%
20ISC Paris Grande Ecole100.00%
21INSEEC Grande Ecole90.77%
22ESC Clermont Business School55.71%
23SCBS18.18%
24Brest Business School20.00%

 

SIGEM 2022 : les écoles qui n’ont pas rempli leur promotion

Cette année, 7 écoles n’ont pas rempli leur promotion d’étudiants, laissant au total 247 places de libres : 

  • Brest Business School : 6 affectés sur 30 places ouvertes
  • EM Normandie : 86 affectés sur 95 places ouvertes
  • EM Strasbourg : 182 affectés sur 220 places ouvertes
  • ESC Clermont Business School : 39 affectés sur 70 places ouvertes
  • INSEEC Grande Ecole : 118 affectés sur 130 places ouvertes
  • IMT-BS : 72 affectés sur 160 places ouvertes
  • SBCS : 10 affectés sur 55 places ouvertes

Ce chiffre paraît toutefois plus encourageant que celui de l’an dernier puisque 10 écoles n’ont pas rempli leur promotion en 2021, contre seulement 7 cette année, avec toutefois des taux de remplissage globalement moins élevés que l’an passé.

 

Lire plus : Les taux de remplissage du SIGEM 2021

 

SIGEM 2022 : Pourquoi des écoles ne remplissent-elles pas leur promotion ? Le problème structurel des prépas EC

 N’en doutez pas une seconde : la principale raison pour laquelle une dizaine d’écoles ne remplit plus ses promotions depuis quelques années est de nature structurelle. 

En effet, deux phénomènes conjoints viennent expliquer quasiment à eux seuls les difficultés récurrentes de remplissage des promotions : 

  1. Premièrement, les écoles du TOP10 ne cessent d’augmenter leur nombre de places ouvertes et la taille de leurs promotions CPGE année après année. Le spectre des écoles post-prépa étant régi par un système hiérarchique de classement, nous comprenons assez naturellement que cela aboutit à une aspiration des candidats vers le haut. Les candidats qui intègrent initialement le TOP15 ont par exemple de plus en plus tendance à intégrer les écoles du TOP10/TOP12 au fur et à mesure des années, avec un niveau académique pourtant similaire. Cela se traduit donc par un assèchement automatique des écoles par le haut. 
  2. Deuxièmement, l’effectif global des candidats prépa EC est en nette diminution depuis quelques années, notamment à cause de la réforme des mathématiques au lycée et la concurrence acharnée d’autres parcours (Bachelors, parcours universitaires pour tenter les AST…). Cela a donc pour conséquence de réduire le nombre de candidats passant les concours. L’offre de places (émise par les écoles) étant supérieure à la demande (émise par les candidats), les premières à en souffrir sont forcément les écoles de milieu/bas de tableau.

 

Ces deux facteurs entretiennent des relations très étroites. Pour résumer le taux de remplissage 2022 : à cause de la hausse constante du nombre de places offertes dans les écoles du TOP10 couplée à une stagnation (voire baisse) du nombre de candidats aux concours BCE & Ecricome, il est de plus en plus facile d’intégrer une Grande Ecole du TOP10/TOP12, qui sont de moins en moins sélectives. Dit autrement, les plus petites écoles ainsi que la filière CPGE dans son ensemble sont directement mises en danger par… leurs consoeurs, beaucoup plus grosses en termes de volume, qui ne se concertent pas pour ouvrir des places chaque année dans un contexte d’assèchement du vivier de candidats. 

 

Pourquoi des écoles ne remplissent-elles pas leur promotion ? Autres raisons pour comprendre le phénomène 

Plusieurs facteurs permettent de comprendre pourquoi, chaque année, plusieurs écoles ne parviennent pas à remplir leur promotion : 

  • L’arbitrage sélectivité / remplissage promotion : chaque année, les écoles décident de fixer une certaine barre d’admissibilité puis d’admission afin d’admettre ou non des candidats. En règle générale, des écoles sur une bonne tendance (hausse du nombre de candidats, bons classements nationaux et internationaux etc) choisissent d’augmenter petit à petit leur barre afin de recruter des étudiants de meilleur niveau année après année, c’est par exemple le cas de l’EDHEC qui a encore augmenté sa barre d’admissibilité cette année. Un mauvais choix sur la barre d’admissibilité (en la fixant trop haut) a par exemple comme conséquence directe de faire venir moins de candidats aux oraux et donc de prendre un risque supplémentaire de ne pas avoir le nombre de nouvelles recrues prévu initialement.
  • Un nombre de places ouvertes aux prépas trop ambitieux : certaines écoles aiment les prépas et le font savoir en ouvrant un nombre de places aux prépas trop ambitieux par rapport à leur attractivité générale et les tendances du marché. Ouvrir un nombre de places trop important, c’est mathématiquement prendre le risque de ne pas les pourvoir. C’est par exemple le cas de l’INSEEC Grande Ecole qui a ouvert cette année 130 places (contre 95 places et 40 places pour ses 2 écoles concurrentes directes) et à qui il manquera 12 étudiants dans la promotion l’an prochain.
  •  L’attractivité d’autres écoles concurrentes : lorsque des candidats optent massivement pour une école concurrente plutôt que pour l’école en question
  • Une mauvaise expérience aux oraux : un critère qui a un lien direct avec celui précédemment cité. Une mauvaise organisation ou un mauvais accueil des admissibles lors des périodes des oraux est bien souvent rhédibitoire pour des écoles de plus petite taille ! Raison pour laquelle celles-ci se surpassent année après année afin de vous montrer le meilleur aperçu possible de la vie qui vous attend chez elles !
 

2022 fut marquée par un dysfonctionnement des inscriptions aux oraux : un danger supplémentaire pour une dizaine d’écoles

Après des concours 2022 entachés par de nombreuses suspicions de triche aux écrits, un autre problème important nous a été signalé et a porté atteinte aux écoles IENA. 

Pendant le premier week-end des inscriptions, des centaines de candidats n’ont pas pu s’inscrire aux épreuves orales des écoles IENA. Plusieurs directeurs d’école nous ont reporté une baisse du nombre de candidats entre 150 et 200 cette année, profitant à d’autres écoles de la même notoriété, hors IENA. Une baisse du nombre de candidats qui peut s’expliquer, entre autres, par ce dysfonctionnement informatique majeur, qui fut réglé après le premier week-end des inscriptions. En effet, une fois les étapes du Tour de France des oraux déjà programmées, il était extrêmement peu probable que les candidats choisissent finalement d’aller passer leurs oraux dans ses écoles pour des raisons évidentes de budget et d’organisation. 

Pour ceux que cela intéresserait, selon nos retours, la DAC a reconnu le dysfonctionnement du premier week-end des inscriptions, tout en minimisant le problème en rappelant au passage que ces écoles en question connaissaient déjà des soucis d’attractivité en dehors de ce dysfonctionnement. Une position une fois de plus largement décriée au sein des directions des écoles concernées qui regrettent ce « mépris et minimisation du problème » de la part de la DAC, qui n’aide bien sûr pas la situation des écoles IENA, déjà en tension sur le marché des CPGE.

L’équipe de Mister Prépa se montre en tout cas solidaire de ces écoles qui participent, elles aussi, au rayonnement de la filière CPGE et qui permettent chaque année à des milliers d’étudiants de s’élever socialement ! 

 

Quel avenir pour les écoles de management post-prépa en tension sur le marché des CPGE ?

Notre analyse des taux de remplissage 2022 et de l’évolution du nombre de candidats prépa ECG nous amène naturellement à nous poser la question de l’avenir de cette petite dizaine d’écoles qui se demande chaque année si leurs promotions CPGE seront remplies ou non. 

Si moins d’écoles n’ont pas rempli que l’an passé (7 cette année contre 10 l’an passé), la question se pose réellement pour l’an prochain, en 2023, où la filière CPGE EC 1A a enregistré une diminution record de -9.6% de ses effectifs ! Quelle stratégie adopteront les écoles dans ce contexte-là ? Les mastodontes du TOP10 continueront-elles à ouvrir davantage de places ? Les écoles plus petites réduiront-elles leur nombre de places offertes ? Va-t-on vers un système CPGE-Grande Ecole qui ne déboucher que sur une petite quinzaine de Grandes Ecoles de management ?

La réponse/solution est très certainement à trouver du côté d’une concertation plus grande entre directions de grosses écoles post-prépa et écoles plus modestes ainsi que par une hausse de l’attractivité de la filière prépa ECG. Une hausse du nombre de candidats règlerait effectivement cet énorme problème structurel sur lequel butent une dizaine d’écoles de management chaque année.

Benjamin Hautin

Etudiant en Finance, Stratégie et Médias, je gère principalement des relations avec les Grandes Ecoles et du contenu en culture générale. En parallèle étudiant à Sciences Po Paris et à emlyon business school.

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