La terreur nucléaire : 1945-2022, le monde est-il devenu plus sûr ?

L’arme atomique est un élément qui a toujours fait débat sur la scène internationale depuis son invention à la fin de la seconde guerre mondiale. Dès 1945, Albert Einstein, l’un des instigateurs à la base du projet Manhattan, nom de code donné au projet visant à la création de cette arme était terrifié devant les dangers liés à cette arme, expliquant « Les deux tiers du globe peuvent être anéantis par la bombe atomique » et ne voyant qu’une seule solution « Confier le secret à un gouvernement du monde ». Depuis, la bombe continue d’hatiser les fantasmes et les cauchemars des dirigeants comme des citoyens du monde entier. Pour autant, où en est le risque nucléaire aujourd’hui ?

1945 : le monde découvre horrifié une arme d’un autre genre, la guerre ne sera plus jamais la même

Le 7 Juin 1945 au matin, c’est avec une gueule de bois supérieure encore à celle d’un étudiant en école de commerce un vendredi matin que le monde se réveille. En effet, très vite, des images arrivent d’Hiroshima au Japon sur laquelle un avion américain a largué la veille la première bombe atomique. Nagasaki suivra trois jours plus tard le 9 Août. Touché en plein cœur, le Japon capitulera officiellement quelques jours plus tard le 2 septembre. La guerre est finie, même si les États-Unis étaient en position de force, c’est bien la bombe atomique qui l’a gagnée ou au moins bien accélérée.

Dans cette situation, les États-Unis occupent (pour quelques années seulement on le verra dans la suite de cette article) une position plus qu’enviable : ils sont la seule nation à détenir l’arme la plus puissante qui n’ai jamais existé, arme avec laquelle il peut toucher n’importe quel adversaire qui se déclarerait. On voit bien l’arrivée d’une hyperpuissance sur la scène internationale.

1947-1991 : la Guerre Froide, entre peur et stabilité

C’est durant cette longue période, que le monde a connu la plus grande peur concernant les armes nucléaires. En effet, à partir du moment où en 1947 l’arme atomique entre également en possession de l’Union Soviétique, la menace se précise et une longue période de terreur nucléaire s’installe. En effet, il est loin d’être impossible d’imaginer une tension grandissante entre les états amenant à une escalade dans les représailles qui conduirait finalement à une autodestruction des deux puissances opposées au sein de la guerre froide. Cette peur est symbolisée par plusieurs films tels que Docteur Folamour (1964) ou plus récemment À la poursuite d’octobre rouge sorti en 1990.

Cette peur atteint son apogée en 1962 lors de la célèbre crise des missiles de Cuba. Lorsque les États-Unis se rendent compte que leur ennemi soviétique installe des missiles sur le territoire cubain, une montée des tensions s’installe avec l’ONU comme toile de fond. Pendant quelques semaines, le monde est au bord du précipice. Quand finalement l’URSS retire ses missiles, les autres pays peuvent arrêter de retenir leur souffle, le monde est passé au bord de la guerre nucléaire.
Mais finalement, malgré ce pic historique de tension nucléaire, la période de la Guerre Froide, car il s’agissait d’un instant d’équilibre de la terreur a aussi été relativement calme sur le plan de l’arme atomique. Après 1962, les traités visant à diminuer la menace nucléaire se multiplient. Le traité de non-prolifération arrive en 1968, visant à limiter que de nombreuses puissances acquièrent l’arme atomique. Le traité START 1 suit en 1991. Finalement, d’une terreur nucléaire on passe à un équilibre de la terreur : une frappe atomique devient très improbable vu qu’elle provoquerait une riposte du même genre. Bref, la tension n’a jamais été plus grande, mais les risques n’ont jamais été aussi faibles.

Depuis 1991 : une prolifération nucléaire plus ou moins contrôlée et un risque pour l’instant mineur

Depuis l’implosion de l’Union Soviétique au début des années 1990, la terreur atomique qui existait du fait de l’opposition entre les États-Unis et elle avant cette date disparaît brutalement. Pour autant, le monde n’en devient pas plus sur pour autant car d’autres pays tentent d’acquérir l’arme atomique et multiplient les tests. Trois pays ont notamment défrayé la chronique depuis cette date : le Pakistan, la Corée du Nord et l’Iran.

Pour autant, il n’en demeure pas moins que ceux qui pourraient bientôt représenter des menaces sont la plupart du temps très contrôlés par les principales puissances de la scène internationale contemporaine, les États-Unis en tête. Aujourd’hui l’Iran, après des années de tensions et de sanctions internationales dont certaines subsistent encore, a dû cantonner son programme nucléaire à un usage civil.  La Corée du nord est-elle en train de suivre un chemin vers l’apaisement depuis 2018 et une ouverture inattendue vis-à-vis de son voisin du sud sous le contrôle attentif et parfois agressif de Donald Trump. Finalement, même si des craintes subsistent toujours, la menace nucléaire semble encore loin. L’équilibre est maintenu jusqu’au moindre détail et même un pays qui arriverait aujourd’hui à la maîtrise atomique peinerait à s’en servir pour peser sur l’échiquier international.

 

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Julien Vacherot

Étudiant en seconde année à HEC Paris et rédacteur géopolitique, j'ai pour but de vous faire partager ma passion et de vous aider dans cette matière et partout où c'est possible

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