The special relationship

Bien que ces dernières années la politique britannique a été légèrement secouée avec la démission de deux premiers ministres et avant cela par le vote final du Brexit, il ne faut pas oublier que d’un point de vue diplomatique, chaque nouveau premier ministre doit faire particulièrement attention à son homologue américain. En effet, depuis maintenant plusieurs décennies, une relation très spéciale unit le Royaume-Uni et les États-Unis. Cette relation est appelée « special relationship » tant par les médias que par les politiques eux-mêmes.

 

« The special relationship », qu’est-ce que c’est ?

C’est l’expression utilisée pour désigner la relation qui unit les États-Unis et le Royaume-Uni. Cette expression fut employée pour la première fois en 1946 par Winston Churchill. En effet, cette expression a pour but de montrer à quel point ces deux pays partagent bien plus qu’une même langue. Ils ont en commun une histoire, une culture, une économie.

D’un point de vue économique, les États-Unis et le Royaume-Uni investissent plus mutuellement dans leurs économies que dans n’importe quel autre pays— le Royaume-Uni est le plus gros investisseur étranger des États-Unis et inversement. Par ailleurs, plus d’un million d’Américains travaillent pour des entreprises britanniques aux États-Unis tandis que plus de 1,4 million de Britanniques travaillent pour des filiales américaines au Royaume-Uni.

Ainsi, les deux pays partagent :

  • économiquement : Les États-Unis exportent plus de 66 milliards de dollars de biens vers le Royaume-Uni et ils sont pour les Britanniques leur plus gros partenaire économique. Le Royaume-Uni exporte deux fois plus vers les États-Unis que vers l’Allemagne qui est néanmoins son deuxième plus gros partenaire économique.
  • Militairement : les deux pays partagent des bases militaires mais signent également des accords communs. En 1946, les deux pays signent un accord, le UK-USA Agreement, afin de coopérer pour l’échange d’informations ultra-confidentielles. Avec l’OTAN, ces deux accords permettent aux deux pays d’entamer une relation sur des bases solides.

Malgré cette étroite collaboration, les États-Unis restent malgré tout le partenaire dominant de la relation. La raison est simple : le PIB américain s’élève à 23 milliards de dollars tandis que celui du Royaume-Uni s’élève à plus de 3 milliards. De ce fait, le poids des Britanniques est dérisoire comparé à celui des Américains.

 

Exemples :

Depuis que cette « special relationship » existe, certains duos de présidents et premiers ministres ont plus marqué l’histoire que d’autres. En voici quelqu’uns :

Margaret Tatcher et Ronald Reagan : Ils se rencontrent pour la première fois en 1975 à Londres. Dans les années 80, chacun estime avoir trouvé en l’autre son âme soeur politique. En effet, les deux partagent les mêmes idéologies politiques et économiques. Pour eux, le capitalisme est la priorité absolue en économie. En ce qui concerne le gouvernement, son intervention doit être minimale. D’un point de vue diplomatique, c’est notamment grâce à Margaret Tatcher que Ronald Reagan s’est finalement décidé à engager des négociations avec Mikhaïl Gorbatchev. Ce fut la relation la plus forte entre des dirigeants américains et britanniques.

Tony Blair et George W Bush : Après les attentats du 11 septembre, George Washington Bush est allé chercher de l’aide auprès de son homologue britannique pour combattre le terrorisme. C’est lors de cet épisode que les premières critiques de cette relation sont apparues. L’opinion publique a commencé à voir dans le Royaume-Uni le sous-fifre des Américains notamment parce que Tony Blair se serait laissé entraîné par G. Bush dans cette guerre.

Barack Obama et David Cameron : À leur tour, Barack Obama et David Cameron ont uni leurs forces pour combattre le terrorisme au Moyen-Orient. Ils ont coordonné leurs opérations en Afghanistan. Ils se sont entraidés en Irak. Barack Obama a notamment apporté son soutien au premier ministre britannique pour convaincre les britanniques des inconvénients du Brexit.

 

Conclusion :

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et le Royaume-Uni ont tissé des liens solides qui n’ont cessé de se renforcer au fil du temps. Une relation très spéciale qui a pu perdurer au fil des ans grâce à des buts communs et des ennemis communs. Aujourd’hui, le premier ministre britannique Rishi Sunak et le président Joe Biden vont devoir, bien qu’appartenant à des bords politiques différents, collaborer et prouver encore une fois au monde entier que malgré leur évolution respective, chacun des deux pays continue d’entretenir une relation très spéciale avec l’autre.

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