L’unification italienne : la naissance d’une République (2/2)

Ciao a tutti ! Nous continuons dans ce second article sur la question de l’unification italienne. Rappelez-vous, dans le premier article, nous avions abordé, à partir de l’œuvre de Nicolas Machiavel, les causes d’une telle désunion. Les prémices de l’unification commençaient à apparaître. Dans cet article, nous verrons quels moyens ont été mis en œuvre par les protagonistes en recherche d’indépendance et si leurs efforts ont porté leurs fruits…

Lire plus : L’unification italienne : la naissance d’une République (1/2)

 

La première guerre d’indépendance : une volonté vite balayée

À la suite des premières insurrections de Palerme et Milan, de nouveaux soulèvements naissent dans les grandes villes d’États européens en 1848. De nombreuses villes italiennes s’opposent à l’empire d’Autriche: c’est le début de la première guerre d’indépendance.

Nous pouvons citer l’exemple de Venezia. Elle a réussi à repousser l’empire d’Autriche de son territoire et s’est déclarée indépendante. Face à cela, Mazzini et Garibaldi, reviennent sur le devant de la scène pour défendre leur cause : l’indépendance des états italiens.

Pour autant, ces insurrections subiront assez rapidement une forte répression. La volonté d’indépendance des groupes contestataires retournera au stade d’une simple idée. Pour reprendre l’exemple de Venezia, l’empire d’Autriche a réalisé une contre-offensive si forte que il popolo veneziano (peuple vénitien) s’est vu contraint de renoncer à son indépendance. C’est la fin de cette première guerre d’indépendance

Ainsi, cette période, appelé le printemps des peuples, sera le terrain d’une remise en question des états européens. Cela sera le terreau pour une réflexion sur la question de l’unification italienne.

 

Les deuxième et troisième guerres d’indépendance : l’indépendance déclarée

Avant d’initier cette deuxième guerre d’indépendance, il est nécessaire d’évoquer un personnage emblématique et primordial : il conte Cavour (le compte de Cavour). C’est un piémontais aux idées libérales, soutenu par la France, notamment Napoléon III. Il coorganise avec l’Hexagone de nombreuses insurrections pour affaiblir leur ennemi commun : l’empire d’Autriche.

Les insurrections reprennent, Cavour crée une armée de volontaires. La France et les Piémontais s’emparent progressivement de la Lombardie aux mains de l’Autriche. Cet évènement victorieux pour les italiens redonne un élan d’espoir, remettant en avant la possibilité d’indépendance et d’unification.

De plus, Giuseppe Garibaldi est à la charge de la spedizione dei Mille (l’expédition des milles), évènement crucial du Risorgimento. Cette opération militaire, à destination de la Sicile, a pour but de renverser le gouvernement en place. Pour cela, l’armée de Garibaldi doit soutenir la naissance des insurrections indépendantistes de l’île. Cette expédition a été un grand succès. Tout le Royaume des Deux-Siciles a pu proclamer son indépendance et ainsi créer le Royaume d’Italie.

C’est également le moment de la division bipartite de l’Italie. Le Nord commence à s’organiser et souhaite voir un jour une République d’Italie. Le Sud, en revanche, est en faveur d’un Royaume d’Italie.

La troisième guerre d’indépendance finira d’établir l’indépendance de la majorité des états italiens. L’empire d’Autriche est en guerre avec l’empire prussien. Le Royaume d’Italie saisit alors l’opportunité pour s’emparer de la Vénétie. À la fin des années 1860, l’empire d’Autriche se désintéresse de ces états italiens désormais indépendants.

 

L’Italie unifiée, quel avenir en perspective ?

Pour autant, malgré l’indépendance de tous ces états italiens vis-à-vis des empires extérieurs, l’Italie n’est pas encore entièrement unifiée. Vittorio Emmanuel II a été sacré roi d’Italie, permettant de donner naissance au pays « Italie ».  Cependant une région ne le reconnait pas roi et n’adhère pas à cette appellation « Italie » . C’est la région dirigée par l’état pontifical.

L’état pontifical dont la ville la plus connue est Rome, est encore sous le contrôle du Saint Siège. Ce état se refuse à faire parti d’un tout appelé « Italie ». Cet état tient tête à Emmanuel II et est protégé par une puissance étrangère : la France. Cette dernière, essentiellement composée de catholiques, acceptait de soutenir les états italiens pour leur indépendance à condition de ne pas voir disparaître l’État pontifical. Pour cela, Napoléon III a envoyé une armée pour protéger cet état.

Cependant, la guerre franco-prussienne s’intensifie, les besoins militaires de la France se font de plus en plus importants.  Napoléon III doit rappeler ses troupes présentes à Rome. Vittorio Emanuele II en profite alors pour annexer Rome à l’Italie en 1870.

C’est ainsi que l’Italie est considérée officiellement comme unifiée en 1870. Il est pour autant important de bien comprendre le procédé de l’unification italienne. C’est un évènement qui s’est réalisé en deux étapes :

  • On a d’abord une volonté d’indépendance de la part des populations des différents états italiens, qui rejettent les puissances étrangères.
  • Ensuite, à travers les différentes guerres d’indépendance, la question de l’unification de tous les états italiens est née.

Pour autant, l’avenir n’est pas rose. L’Italie est désormais confrontée à d’autres problématiques tant d’ordre social, politique qu’économique. L’Italie est un État à part entière mais doit devenir une nation, disposant d’une langue commune, d’un système politique clarifié et d’une capitale bien définie. Le travail reste donc à faire et aura un impact sur les années à venir. Mais nous y reviendrons dans de prochains articles.

Lire plus : L’histoire politique de l’Italie : de l’unification à nos jours

 

Les références à replacer en Essai

  • Le compositeur romantique italien, Giuseppe Verdi, s’est fait connaître à travers son œuvre Nabucco. Cet opéra, créé en 1984 à Milan, relate un épisode biblique : l’esclavage des Hébreux à Babylone. Composé à l’heure des insurrections milanaises face à l’Autriche, l’oeuvre devient un symbole du Rinascimento. Giuseppe Verdi se place alors comme compositeur engagé, faisant de son œuvre un véritable appel à l’indépendance.
  • Il gattopardo (le guépard) est un roman écrit par Giuseppe Tomasi di Lampedusa en 1956. Quelques années après, Luchino Visconti réalise un film franco-italien avec Claudia Cardinale et Alain Delon. C’est l’histoire d’un prince sicilien qui fait face au déclin de la noblesse dans un contexte révolutionnaire. La spedizione dei Mille de Garibaldi débute et va bouleverser l’ordre établi dans cet état…
Aubrin Guillot

Étudiant à GEM, passionné par l'Italie et la géopolitique, je vous accompagne jusqu'à vos concours !

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