3 ÉQUATIONS D’ESH QUI FERONT BRILLER VOS COPIES

En ESH, nombreux sont les élèves ayant appris leur cours et sachant faire une dissertation de qualité le jour du concours. Il est donc primordial d’avoir des références qui sauront vous démarquer. C’est de cette manière que vous vous assurez d’être placés en haut du tas de copie le jour de l’épreuve. Voici donc 3 équations qui donneront à vos copies une véritable valeur ajoutée. 

 

1.L’équation de Kaldor

  S = sw * W + sπ * π

<=> S = sw * ( Y – π ) + sπ * π

<=> S = sw * Y + (sπ – sw ) * π.   ( Par factorisation )

<=> S/Y = sw + ( sπ – sw  ) * π/Y.    ( En divisant par Y )

Cette équation est inspirée de la Théorie des profits de M. Kalecki. Elle reprend l’idée centrale que la propension à épargner des ménages est plus faible que celle des entreprises. 

Kaldor souhaite montrer que la croissance s’équilibre par les revenus. Ainsi, il y a un niveau optimal et naturel de répartition des revenus, rendant caduque toute tentative de nouvelle répartition des revenus.

 S signifie le volume épargné.

.  sπ signifie la propension à épargner des entreprises

.  sw signifie la propension à épargner des ménages 

.  π signifie les profits

.  W signifie les salaires

. S/Y signifie l’épargne nationale

 

Conclusion de cette équation : 

Nous remarquons que l’épargne nationale (S/Y) est une fonction continument croissante des profits. En effet, Sw est une constante (simplement la part que le consommateur met chaque mois de côté ). Et (sπ – sw  ) est de signe positif car selon Kalecki et Kaldor les entreprises ont une propension à épargner plus élevée que celle des ménages. Autrement dit «  sπ – sw > 0 » . Ainsi, plus nous augmentons π, plus π/Y augmente, ce qui montre que les profits sont nécessaires à la croissance et à l’investissement.

 

Comment utiliser cette équation en dissertation ?

Cela montre que l’épargne et les profits sont nécessaires à la croissance. Il ne faut donc pas chercher à taxer abusivement les profits selon Kaldor, puisqu’il y a un équilibre naturel des revenus. Taxer les profits au profit de la consommation des ménages reviendrait à réduire l’investissement ( qui est tiré par les profits des entreprises). 

 

A) La croissance est donc équilibrée et Kaldor vient répondre à l’inéquation Harrod-Domar en disant que : 

lorsque s/v > n ( croissance garantie ≠ croissance naturelle de Domar )

On aura un manque d’offre de L. Soit des salaires élevés, peu de profits qui réduisent l’investissement et la propension à épargner se réduit qui permettent de rejoindre n.

Lorsque s/v < n  alors les salaires sont tirés à la baisse, les π augmentent et donc s augmente. 

Ainsi quand s augmente on tend vers n ..

 

B) Cela montre l’importance des inégalités de revenus entre salaires et profits (Cf Phillipe Aghion ). Il ne serait pas viable de taxer les profits puisque l’on nuirait à cet équilibre qui permet s/g = n constamment. Les profits permettent l’investissement.

 

2. L’équation Schumpéterienne du Modèle « AGHION-HOWITT »

At+1 – At =      µm *( 𝝰 – 1 )At   +    µn *( Āt – At )

 

Explication générale du modèle :

Aghion reprend dans sa Leçon inaugurale au collège de France l’idée selon laquelle la concurrence ne permet pas la croissance pour toutes les économies. Il y a ce que Aghion appelle « les économies frontières » et « les économies de rattrapage ». 

En effet, l’économie frontière est celle qui est à la pointe de la technologie. Dans cette économie ( Cf USA, Europe ) il est important d’adopter la concurrence et une libéralisation des marchés et institutions, qui permettront la croissance. Il prend l’exemple d’une classe d’étudiants : Si tous les étudiants sont brillants, l’entrée d’un concurrent les stimulera et permettra une croissance des résultats.

Cependant, dans l’économie en voie de rattrapage, qui cherche à combler le retard, il explique que l’inverse se produit. Si les élèves ont des lacunes, l’entrée d’un brillant étudiant les découragera et freinera le processus de croissance. Ainsi, Aghion prône la centralisation et les grands bastions industriels pour ces économies.

 

Explication de l’équation du modèle

Aghion pose également son équation qui traduit le modèle. La croissance différentielle entre At+1 et At est tirée soit par« µm *( 𝝰 – 1 )At », autrement dit l’innovation frontière à partir de la frontière ( niveau technologique maximal ) « At » qui est donc en facteur et se multiplie par rapport à l’innovation et le coefficient µm qui signifie les institutions capables de démultiplier cette innovation frontière.  Soit la croissance dépendra plutôt de « µn *( Āt – At ) » 

Le rattrapage est la différence entre Āt ( Etat de rattrapage éloigné de At ) et At.  Plus il y a de distance entre Āt et At, plus la croissance de rattrapage sera forte. Cela dépend de µn qui sont les institutions permettant la bonne adaptation de ce modèle de croissance, autrement dit plus les institutions sont centralisées et permettent le rattrapage en limitant la concurrence et en maximisant la taille des entreprises et leurs subventions, plus µn  est grand et plus la croissance sera donc forte.

 

Conclusion :

N’hésitez pas à utiliser l’équation et expliquer le modèle. Cela permet par exemple de montrer que les politiques concurrentielles ne sont pas toujours efficaces (contrairement à la pensée Néoclassique). 

 Il faut retenir que la croissance est tirée par une somme de deux « types » de croissances. L’un « d’innovation frontière » l’autre de « rattrapage » économique. N’hésitez pas à illustrer ce modèle avec l’exemple que Aghion donne : L’Argentine a connu durant le XIXè siècle le même rythme de croissance que les Etats-unis. Cependant, ce qui a creusé l’écart au début du XXè siècle est que l’Argentine a conservé le modèle de croissance de rattrapage alors que les Etats-unis ont su faire les réformes et adapter leur modèle de croissance au fur et à mesure de leur développement.

 

3.La Règle de Taylor

Cette règle est la règle que suivent plusieurs banques centrales dont la FED. Elle a pour objectif d’être un équilibre entre plusieurs facteurs comme l’inflation, le chômage et le taux réel.

It = r + pt + 0,5 (pt-p*) + 0,5 (y – y*)

. It : taux d’intérêt nominal qui résulte de la politique monétaire.

. r : le taux d’intérêt réel neutre.

. pt : le taux d’inflation de la période t

. pt – p* : différence entre l’inflation observée et le taux d’inflation visé par la Banque centrale comme objectif.

. yt -y* : différence entre le taux de croissance observé et le taux de croissance tendanciel de l’économie, qui correspond à l’outgap.

 

Conclusion et utilité de cette équation :

Cette règle de Taylor permet de montrer quels peuvent être les objectifs fixés par les Banques centrales. Alors que le BCE se focalise sur l’inflation, d’autres Banques centrales, à l’instar de la FED, prennent en considération l’emploi et le niveau des taux d’intérêt réels. Certains économistes comme Claudio Borio ( The financial cycles : What have we learnt ? ) parlent aujourd’hui de modifier la règle de Taylor afin de l’élargir davantage en incluant les cycles financiers dans l’équation.

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