Les dangers d’une monnaie qui perd de sa valeur

Actuellement, l’euro continue de se déprécier face au dollar et est passé récemment en dessous du seuil symbolique. En effet, si nous observons les marchés boursiers, 1 euro vaut maintenant 0,99 dollar américain, ce qui signifie que l’euro a une valeur plus faible que sa devise voisine, le dollar, et cela impacte le pouvoir d’achat des français indirectement que cela soit pour les ménages, les entreprises ou encore les banques. Ces valeurs avant de se retrouver mêlées à notre économie réelle fluctuent sur le marché des changes.

 

Comment le marché des changes fonctionne-t-il ?

Tout d’abord, comme sur un marché traditionnel, le marché des changes est régi par les mêmes lois qui s’appliquent aux différents marchés, c’est-à-dire à l’offre et la demande.

C’est donc un lieu fictif où vont se retrouver des acheteurs et des vendeurs (ces acteurs peuvent aussi bien être des banques que des particuliers) et qui veulent, nous concernant, échanger des devises contre d’autres devises. La question est donc de savoir à quel prix. Pour se faire les monnaies sont comparées entre elles et le prix de conversion qui s’établit est appelé taux de change. Ce taux de change va évoluer en fonction de l’offre et de la demande sur le marché ce qui explique, en parti, les différences de valeurs entre les différentes monnaies. En effet, toutes les devises n’ont pas la même valeur, 1 rouble n’est pas égale à 1 livre sterling ou bien 1 euro n’est pas égal à 1 dollar canadien.

 

Et si une devise perd beaucoup de sa valeur ?

Si une devise perd de sa valeur, il y a évidemment des conséquences. Dans la majorité des cas, lorsqu’une monnaie perd beaucoup de sa valeur (on dit qu’elle se déprécie), ce n’est jamais de bon augure et cela ne traduit généralement pas d’une stratégie économique à l’instar du Yen (devise chinoise). Effectivement, cette chute est subie et peut avoir de fortes répercussions sur l’économie du pays. Il existe un seuil symbolique : quand la devise perd plus de 30% de sa valeur par rapport au dollar américain, on dit alors que la monnaie connait une crise de change. Les principales conséquences seront un endettement accru pour les banques ayant des dettes en devises étrangères et une contraction de l’économie réelle par la baisse du pouvoir d’achat. Les banques se retrouvant en difficulté vont moins prêter aux ménages et aux entreprises qui vont par conséquent moins investir et moins consommer ce qui ralentira encore davantage la croissance économique du pays (« credit crunch »). Si la situation est extrême, les banques peuvent même faire faillite et donnera donc lieu à une crise bancaire.

 

Mais alors comment expliquer cette forte dépréciation ?

Pour l’expliquer, nous distinguons deux cas. Le premier, le pays connaît une crise d’une autre nature (une catastrophe naturelle, une guerre, une endémie…) ce qui va provoquer un sentiment de vulnérabilité, et va détériorer le climat de confiance qui régner sur le marché. Cédant à la panique et appliquant un comportement moutonnier, beaucoup de détenteurs de la devise vont se mettre à la vendre par peur qu’elle ne vaille plus rien dans un futur proche. Ces ventes massives et précipitées vont faire augmenter l’offre significativement et vont ainsi créer un déséquilibre avec la demande ce qui va avoir pour conséquence de faire chuter le prix de la devise et donc agir sur son taux de change. Dans le deuxième cas, il s’agit de spéculation, les possesseurs de la devise vont la vendre afin de faire baisser le prix avec pour but de la racheter plus tard à prix cassé avant que son cours ne remonte, on appelle cela une crise auto-réalisatrice. Cette technique est notamment utilisée dans les OPA hostiles pour l’acquisition d’entreprises à bas coûts.

 

Quelles solutions pour arrêter l’hémorragie ?

Pour les instances dirigeantes, il existe principalement deux solutions pour combattre la dépréciation de sa monnaie. La première est la plus utilisée, la banque centrale va augmenter son taux directeur (taux d’intérêt pour le refinancement des banques commerciales), les banques de second rang vont donc à leur tour augmenter leur taux d’intérêts pour leurs clients car le coût d’emprunt a augmenté. Désormais, emprunter coûte plus cher, ce qui va faire baisser le nombre de crédits accordés et donc faire diminuer la monnaie en circulation. La monnaie se faisant plus rare, la balance de l’offre et de la demande va se rééquilibrer et ainsi arrêter la forte dépréciation de la monnaie en question.

Enfin, la deuxième solution réside dans l’action directe de la banque centrale sur le marché. En effet, la banque centrale va racheter massivement sa monnaie locale contre les devises étrangères qu’elle possède afin de faire augmenter fortement la demande de sa monnaie pour essayer de l’apprécier à nouveau. Cependant, il existe une contrainte dans cette solution, la banque centrale doit détenir assez de devises étrangères pour impacter le cours du marché des changes.

 

À retenir :

Marché en question : Marché des changes

Causes : Spéculation et/ou crise d’une autre nature (vulnérabilité du pays)

Conséquences : crise bancaire, crise de change (>30%)

Solutions : hausse du taux directeur et rachat de sa propre monnaie

Yonni Dana

Actuellement à GEM, après trois ans de prépa ECE, j'ai pour but de vous transmettre mes connaissances en ESH afin que les mécanismes économiques n'aient plus de secret pour vous !

Vous pourriez aussi aimer