Paragraphe argumentatif #2 : la méthode gagnante en français

 

Comme toute dissertation, une composition française ne s’improvise pas. Au contraire : il importe de se familiariser avec un certain schéma argumentatif pour proposer au correcteur une copie construite et convaincante. Toutefois, il ne s’agit pas de suivre une méthode artificielle, mais bien d’acquérir certains automatismes et bons réflexes qui vous seront systématiquement utiles. Découvrez maintenant dans cet article comment construire et organiser votre argumentation dans chaque sous-partie de votre composition française.

 

Lire plus : paragraphe argumentatif #1 : la méthode gagnante en philo 

 

 

1) Présentation de l’idée directrice

Classique, mais non moins nécessaire : comme dans chaque début de paragraphe/sous-partie en dissertation, il est primordial d’énoncer votre idée directrice avec simplicité mais clarté. Il s’agit d’un premier repère pour le correcteur qui a besoin de comprendre de suite où vous voulez en venir. Oubliez donc les termes tarabiscotés et les phrases à rallonge qui, en plus d’agacer le correcteur, risquent de noyer votre réflexion dans un ensemble confus et hésitant. Soignez donc particulièrement cette étape : employez de suite les mots justes, utilisez des tournures simples, rapportez-vous aux termes-clés du sujet.  

 

Et comment on trouve l’idée directrice de notre sous-partie ? Trois possibilités :

  • Vous êtes dans votre première grande partie (I) : Rassurez-vous, les sous-parties ne tombent pas du ciel ! Votre première grande partie argumentant en faveur de la citation (première grande partie = thèse = citation), le plus simple reste de repérer les trois grandes idées/les trois grands mouvements de la citation, de sorte à faire émerger vos trois sous-parties. Vous l’aurez compris : dans votre première grande partie, chaque sous-partie soutient un « morceau » spécifique de la citation. De cette manière, vous restez certains d’avoir balayé et soutenu en profondeur l’ensemble de la thèse en I).

 

  • Vous êtes dans votre seconde grande partie (II) : là encore, les sous-parties émergent assez naturellement. L’astuce consiste à faire en sorte que les sous parties de votre II) répondent aux sous-parties de votre I) : autrement dit, les sous-parties de votre II) reprennent les sous-parties de votre I) en en montrant les limites ou les insuffisances, en mettant en lumière les incohérences, en y apportant de la nuance, voire en les contredisant carrément. Aussi serez-vous assurés d’avoir remis en question la totalité de la citation.

 

  • Vous êtes dans votre troisième et dernière grande partie : s’agissant de l’étape la plus délicate de votre devoir, les sous-parties seront inévitablement moins évidentes à trouver. Il s’agit de réconcilier les tensions entre votre I) et votre II). Même si cette dernière étape reste assez technique, vous allez vite vous rendre compte que les III) finissent par se ressembler : à force d’entraînement et de redondance, vous vous imprégnerez vite de la « philosophie » de cette dernière partie un peu spéciale.

 

 

2) Citation de critique

La citation de critique en début de paragraphe, juste après l’annonce de votre idée directrice, c’est un peu le moyen de faire « BOUM ! » : tel un argument d’autorité, la citation de critique sera l’opportunité de donner du poids à votre idée avant même de passer à la démonstration dans l’étape suivante. Impression garantie auprès du correcteur !  Si cette étape n’est bien-sûr pas obligatoire, ou pas systématique, elle reste particulièrement appréciée et différenciante.

 

Conseil : Constituez-vous un répertoire de citations de critique que vous enrichirez au cours de l’année. Si cet apprentissage peut paraître laborieux, il est particulièrement rentable : si vous ne parvenez pas à les mobilisez dans le corps de votre copie, ces citations restent idéales en accroche de l’introduction ou en ouverture de la conclusion !

 

 

3) Argument : mobiliser les œuvres

Il s’agit de l’étape la plus déterminante de votre paragraphe, puisque vous donnez du sens à votre idée en mobilisant les œuvres étudiées pendant l’année. Trois éléments s’imposent :

  • Citation : La citation précise et référencée (titre de l’œuvre, nom de l’auteur, contexte) est incontournable pour une composition française réussie. Faire l’impasse sur les citations n’est donc pas envisageable! En effet, en plus d’être un repère pour le correcteur et de montrer votre maîtrise de l’œuvre, les citations servent aussi de support à votre analyse ! Sans elles, c’est donc toute votre analyse qui est compromise…

 

  • Analyse : « Toujours d’une analyse ta citation tu accompagneras », tel doit être le mantra du khâgneux. Il ne s’agit donc pas de se limiter au texte en lui-même, mais bien de mettre en relief ses effets de style (ponctuation, syntaxe, figures de style, …), de lui donner du relief afin de pouvoir ensuite l’interpréter.

 

  • Interprétation : « Mon œuvre, c’est ce que vous en faîtes. », disait Valéry. En d’autres termes, une citation non interprétée est une citation inutile. Tout l’art de la composition française consiste à mobiliser les œuvres au service de votre réflexion. Une petite précision cependant : il ne s’agit pas de « manipuler » les œuvres pour leur faire dire ce qu’elles ne disent pas, mais de mener des interprétations honnêtes.

 

 

 

Le squelette de votre argumentation étant posé, il s’agit désormais de lui donner consistance par des citations précises, des exemples travaillés, des références appropriées. Bon courage !

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