Le monde : les meilleures références littéraires à avoir

Que lire autour de la notion de monde? Il existe de nombreux ouvrages traitant de celle-ci, nous te proposons dans cet article de faire un tour d’horizon des meilleures références littéraires à avoir autour de la notion de monde, l’abordant toutes de différentes façons.

 

Utopia, Thomas More, 1516

Dans ce livre, Thomas More décrit une ville sur une île imaginaire où règne la justice et l’égalité totale, le titre faisant référence au terme grec topia : lieu où l’on est bien/qui n’existe pas, permettant également une réflexion sur son époque, y critiquant en creux l’inégalité de richesse et l’intolérance religieuse. Il fonde avec cet ouvrage le genre littéraire de l’utopie, qui vise à une réflexion sur notre monde par la possibilité d’un autre, possiblement meilleur, pouvant à terme nous faire changer.

 

L’illusion comique, Corneille, 1635

Cette pièce de théâtre qui mélange pastorale, comédie ou encore tragi-comédie illustre la notion de theatrum mundi : la vie est un théâtre et cette pièce, jouant sur un brouillage entre vrai vie et jeu des comédiens, reflète la vie même des spectateurs, acteurs du monde dont le metteur en scène est Dieu.

 

Illusions Perdues, Honoré de Balzac, 1843

La force de ce roman est de s’intéresser à différents mondes (celui des imprimeurs, des journalistes ou encore des actrices de boulevard par exemple), avec par exemple une attention à tous les langages, tous les gestes de ses personnages (vocabulaire spécifique des imprimeurs, gouaille parisienne des actrices de boulevard,…). Les descriptions, les dialogues sont autant de peintures d’un monde plus global que Balzac essaye de capturer dans tous ses détails.

 

Lire plus : la notion de monde dans l’oeuvre de Marcel Proust

 

Madame Bovary, Flaubert, 1857

Emma Bovary, enfermée dans sa vie de province, refuse le monde dans lequel elle vit et fuit dans un monde irréel, celui des héroïnes romantiques de ses livres, dont elle revit les histoires dans des frasques amoureuses avec ses amants, fuite qui n’est seulement qu’illusoire, car toujours rattrapée par le réel dans le roman. Il pose la question du rapport entre le monde extérieur et notre monde intérieur, des rêves et des fantasmes, et leur possible relation.

 

La Nausée, Sartre , 1938

Ce roman philosophique, à travers le personnage d’Antoine Roquentin, présente la crise existentielle de l’Homme face au monde. La vision d’une racine noueuse d’un marronnier dans le jardin public de Bouville provoque en Roquentin une nausée : il y a un dérèglement dans le rapport au monde, aux choses, qui n’est plus médiatisé par le mot et qui devient une présence monstrueuse d’où l’impression de nausée, Antoine Roquentin étant comme assailli par un monde qui le pénètre de toute part. Une réflexion sur (la fragilité de) notre rapport au monde.

 

Le monde d’hier, Stefan Zweig, 1943

Autobiographie de sa vie à Vienne jusqu’à la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale, ce livre se veut comme un regard nostalgique sur l’ancien monde, celui de Vienne et de l’empire austro-hongrois d’avant 1914 qui était alors à son apogée (économique, artistique,…), cette période d’ailleurs appelée “l’Apocalypse joyeuse” : ce monde s’effondrera en effet avec la guerre, Zweig proposant ainsi dans ce livre une confrontation entre ancien monde et nouveau monde, la nouvelle époque.

 

La vie de Galilée, Brecht, 1943

Cette pièce de théâtre présente le combat entre Galilée et la science pour défendre l’héliocentrisme contre le pouvoir théologique et le géocentrisme, l’Homme n’étant en effet plus au centre du monde mais seulement un élément parmi d’autres, ceci ouvrant alors la porte à la science moderne.

 

1984, George Orwell, 1948

Décrivant un monde où s’exerce un régime totalitaire inspiré du nazisme et du stalinisme, où chaque parole et pensée est surveillée par “Big Brother”, George Orwell présente une dystopie, le “lieu néfaste” étymologiquement, portant un projet politique tout comme l’utopie, mais nous laissant nous demander si nous ne serions pas dans le meilleur des monde face à un possible futur inquiétant.

 

La cantatrice chauve, Ionesco , 1951

Les deux Guerres Mondiales marquent la montée d’un sentiment de l’absurdité du monde, qui se retrouve dans le théâtre de l’absurde de Ionesco, l’absurde venant de la confrontation entre la volonté qu’un être humain a de chercher un sens au monde et l’absence de réponse que le monde et la vie lui apportent. Le spectateur est confronté à l’incommunicabilité entre les êtres et leurs questions existentielles qui nous force à repenser notre monde, devenu fou.

 

Les Choses, Perec, 1965

Ici George Perec dresse le portrait de notre société de consommation en présentant un couple de sociologues constamment caractérisé par la description des choses qui les entourent, dans leur quête d’ascension sociale, par un départ en Turquie, jusqu’au constat de leur vide existentiel. Perec souhaite ainsi décrire ce que sont devenus nos mondes propres dans cette société de consommation aliénante, mondes composés seulement par des choses censées nous définir, montrer notre réussite, mais ne cachant en fait qu’un vide, dissimulé par des désirs qui ne pourront jamais être assouvis.

 

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