Repenser les politiques industrielles : l’approche dynamique de Mariana Mazzucato

Dans le domaine de l’économie, les politiques industrielles ont traditionnellement été perçues comme des interventions gouvernementales visant à corriger les défaillances du marché ou à promouvoir la compétitivité des industries nationales. Cependant, l’économiste moderne Mariana Mazzucato propose une vision radicalement différente de ces politiques, en mettant en avant le concept d' »État entrepreneur ».

 

Une approche innovante : l’État entrepreneur 

L’approche de Mazzucato repose sur l’idée selon laquelle l’État peut et doit jouer un rôle actif dans la stimulation de l’innovation et de la croissance économique. Plutôt que de se limiter à réguler l’économie ou à fournir des biens publics, l’État peut agir en tant qu’investisseur, entrepreneur et catalyseur de changement, en collaborant étroitement avec le secteur privé pour créer des opportunités de croissance à long terme.

Pour formaliser cette idée, Mazzucato propose un cadre analytique qui met en lumière les différents éléments constitutifs de l’État entrepreneur. Elle identifie trois dimensions clés :

  • Investissement public dans la recherche et le développement (R&D) : L’État peut jouer un rôle central en finançant la recherche fondamentale et appliquée, en subventionnant l’innovation dans les secteurs stratégiques et en investissant dans des projets à haut risque mais à fort potentiel de rendement à long terme.
  • Coordination entre les acteurs publics et privés : L’État peut faciliter la collaboration entre les entreprises, les universités et les instituts de recherche, en favorisant l’échange d’informations et de connaissances, en encourageant les partenariats public-privé et en créant des réseaux d’innovation dynamiques.
  • Disposition à prendre des risques : L’État peut assumer un rôle de « premier investisseur », en finançant des projets novateurs qui ne seraient pas rentables pour le secteur privé seul en raison de leur incertitude ou de leur horizon de rentabilité à long terme.

En combinant ces trois dimensions, l’État peut agir comme un « entrepreneur visionnaire » qui stimule l’innovation, catalyse la croissance économique et favorise la création de valeur à long terme.

Pour formaliser cette idée, on peut utiliser une équation simple pour représenter le rôle de l’État entrepreneur :

Innovation = f (Investissement public, Coordination,Risque)

Dans cette équation, l’innovation est une fonction des investissements publics dans la recherche et le développement, de la capacité de coordination entre les acteurs publics et privés, et de la disposition à prendre des risques pour explorer de nouvelles opportunités.

 

Lire plus : Les politiques de l’offre

 

Le programme spatial américain : une forme d’État entrepreneur

Le programme spatial américain de la NASA dans les années 1960 et 1970 illustre parfaitement le rôle de l’État entrepreneur dans la stimulation de l’innovation. En investissant massivement dans la recherche et le développement de technologies spatiales, en coordonnant les efforts de nombreuses entreprises et universités, et en prenant des risques considérables dans la poursuite d’objectifs ambitieux tels que l’alunissage, la NASA a ouvert la voie à des avancées technologiques qui ont eu des retombées importantes dans de nombreux autres secteurs de l’économie, notamment l’informatique, les télécommunications et les matériaux.

« L’État n’est pas simplement un régulateur ou un prestataire de services publics, mais un acteur économique actif et innovant. » – Mariana Mazzucato

Cette citation souligne l’importance de reconnaître le potentiel de l’État en tant que moteur de l’innovation et de la croissance économique, en encourageant une vision proactive de l’action publique.

 

Enfin, il faut repenser ces politiques, et cette proposition peut en effet représenter une solution (à mettre en avant dans vos copies) !

 

Lire plus : Enrichir ses copies en ESH : Shinzo Abe et les politiques économiques

Vous pourriez aussi aimer