Recap Actu 2019/2020

RECAP ACTU 2019/2020


– Géopolitique –


 

Source : Seneweb

Focus Hong-Kong : « Un pays, deux systèmes » plus que jamais menacé ?

Fin mars 2019, un projet de loi visant à autoriser les extraditions de ressortissants hongkongais vers la Chine continentale, déclenche un mouvement de contestation rappelant la « révolution des parapluies » initiée en 2014 afin de lutter contre un autre projet de loi dont l’objectif était de limiter la portée du suffrage universel pour l’élection du chef de l’exécutif. Elles s’inscrivent dans un antagonisme grandissant entre Pékin et Hong-Kong qui menace le principe « un pays, deux systèmes » en vigueur depuis la rétrocession de la ville par les britanniques en 1997. Les manifestations n’ont jamais cessé au cours de l’année 2019. En novembre, on assiste même à une escalade des violences, des forces de l’ordre et des manifestants qui se barricades au sein de l’Université polytechnique de Hong-Kong. Le 24 novembre, les pro-démocratie ont également remporté une bataille électorale en obtenant 388 des 452 sièges lors des élections locales. Avec l’arrivée du covid-19, la contestation s’est arrêtée mais elle vient de reprendre en réponse à une série de lois sécuritaires que Pékin essaierait de faire passer en force comme la criminalisation des propose soutenant l’indépendance de Hong Kong. Le président Trump s’est lui-même montré préoccupé par cette situation. Il menace Pékin, d’ôter le « statut commercial spécial » de la ville qui est la porte d’entrée et de sortie de la Chine pour les capitaux internationaux.

 

Focus Syrie : Vers un conflit ouvert entre la Turquie et la Syrie ?

Fin février, la Turquie lance en Syrie l’opération « Bouclier du Printemps » contre les forces du régime syrien de Bachar el Assad en réponse à la mort de 33 soldats turcs tués par des raides du régime dans la région d’Idlib dans le nord de la Syrie. Il s’agit du dernier bastion de la rébellion syrienne où sont également présents des groupes terroristes. Les Trucs sont présents dans la zone depuis octobre 2017 à la suite d’un accord passé avec L’Iran et la Russie afin de lutter contre les groupes terroristes. Depuis plusieurs mois, des confrontations ont lieu entre l’armée turque et les forces syrienne qui sont soutenues par le Russie qui dispose d’une base militaire permanente à Tartous. Ainsi, à la crainte d’un drame humanitaire s’ajoute maintenant celle d’un conflit ouvert entre la Turquie et le régime syrien. Derrière ces affrontements se joue un conflit diplomatique dans lequel la Russie est prise en étaux entre ses alliés iraniens et syriens et son alliance récemment passée avec la Turquie. Les dirigeants de la Russie, de la Turquie et de l’Iran s’étaient d’ailleurs entretenus en septembre dernier à Téhéran pour débattre du sort d’Idlib avant que l’offensive syrienne ne débute.

 

Focus Palestine : Vers une troisième Intifada ?

Une intifada est en arabe, un « soulèvement » populaire contre un régime oppresseur ou un ennemi étranger. Le terme est généralement utilisé pour désigner les mouvements d’opposition populaire contre l’armée israélienne présente en Palestine depuis 1967 (Bande de Gaza et Cisjordanie).

Au moment où Israël se prépare à définitivement annexer 30% de la Cisjordanie le 1er juillet 2020, des responsables israéliens craignent le déclenchement d’une nouvelle intifada soit la troisième après celles de 1987 et 2000. Le plan prévoit l’annexion de la vallée du Jourdain ainsi que des 130 colonies israéliennes établies progressivement en territoire palestinien depuis 1967. Il prévoit également le création d’un État palestinien sur un territoire réduit et sans Jérusalem-Est pour capital, chose que les Palestiniens refusent catégoriquement. Cette décision fait suite au « plan de paix » dévoilé par Donald Trump le 28 janvier dernier qui prévoit la création de deux États distincts (Israël et la Cisjordanie). Mais cette dernière se verrait emputée de la vallée du Jourdain, de Jérusalem-Est et des 130 colonies israéliennes soit 30% de son territoire actuel. Le président palestinien a annoncé qu’ils ne « resteront pas les bras ballant si Israël annonce l’annexion » d’une partie de la Cisjordanie. Il réitère ainsi sa menace de rompre les accords sécuritaire et économique conclus avec Israël lors du processus de paix initié à Oslo en 1993. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qualifie ces mesures de « violation flagrante du droit international » si elles sont mises en œuvre.  En revanche, des critiques se font ressentir en Israël. Des experts dont des généraux à la retraite ou l’ancien directeur du Mossad (services secrets israéliens) considèrent qu’une telle annexion constituerait une menace pour la sécurité d’Israël car elle remettrait en cause le traité de paix avec l’Egypte et causerait des troubles internes pouvant aller jusqu’à une troisième intifada.

 

Focus Libye :  Le nouveau terrain de jeu de Poutine et d’Erdogan ?

Depuis mai 2014, une deuxième guerre civile fait rage en Libye. Elle opposait jusqu’à peu trois gouvernements rivaux ainsi que des factions terroristes mais depuis plusieurs mois deux camps se distinguent à tel point que l’on parle maintenant d’une troisième guerre civile. À l’Est, le Maréchal Haftar, est notamment soutenu par le Russie, les Émirats arabes unis, l’Egypte et la France. À l’Ouest, le GNA (Gouvernement d’accord national), reconnu internationalement, est appuyé par la Turquie et le Qatar. La situation est ainsi extrêmement complexe étant donné que des pays comme la France ne soutiennent pas le gouvernement reconnu et que l’ingérence étrangère est de plus en plus présente. Fin 2019, le maréchal Haftar est aux portes de Tripoli grâce au soutien militaire de mercenaires russes du groupe Wagner qui serait le bras armé de la Russie à l’étranger. En début d’année, la Turquie annonce l’envoie de soldats afin de soutenir le gouvernement de Tripoli, faisant reculer les forces d’Haftar. Fin mai, d’après des sources officielles américaines, une dizaine d’avions militaires russes seraient arrivés en Libye, preuve supplémentaire d’une escalade des tensions et de l’ingérence. La Libye pourrait se diriger vers une partition de son territoire car aucun des deux camps ne semble être en mesure de prendre le dessus durablement.

 

Focus Iran : Un conflit dans le golfe persique est-il envisageable ?

Depuis la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien  qui avait été mis en place par le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama en 2015, on assiste à un regain de tension entre l’Iran et les Etats-Unis. Depuis plusieurs mois, les tensions se concentrent autour du détroit d’Ormuz qui est une zone de passage stratégique (35% du pétrole et du gaz). Il s’agit également d’une zone d’affrontement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, les deux grandes puissances rivales de la région qui se disputent la suprématie régionale. Régulièrement, l’Iran menace de bloquer ce détroit large de 50 kilomètres en représailles aux sanctions économiques américaines et à la récente escalade des tensions. Les USA disposent d’une présence militaire conséquente avec le Vème Flotte basée à Barheïm et 10 000 militaires stationnés au Qatar. On assiste également à un retour des troupes américaines en Arabie Saoudite. En mai et juin 2019, ces tensions sont exacerbées par des attaques contre des navires et des pétroliers dans le Golfe Persique puis la destruction d’un drone américain par l’Iran. L’escalade des tensions se poursuit jusqu’en janvier 2020. Le 3 janvier 2020, elle entre dans une nouvelle dimension avec l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par un raid américain en Irak à la suite d’une tentative d’intrusion au sein de l’ambassade américain dans ce pays. Depuis la tension est redescendue notamment suite à la crise du covid-19.

 

– Économie –

 

Focus Inégalités : Manifestation au Chili, la fin d’un système économique inégalitaire ?

Le mouvement contestataire chilien débute le 7 octobre 2019 en réaction à une hausse des prix des transports publics. Bien que faible, elle vient s’ajouter à une profond ressenti de la population à l’encontre des inégalités sociales dans un pays qui fonde sa croissance depuis plusieurs décennies sur un modèle économique fortement libéral qui entretient voire accentue ces inégalités. D’après le dernier rapport d’OCDE, avec un coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) de 0.46, le Chili est le pays le plus inégalitaire parmi les 34 nations de l’OCDE. Pour comparaison, la Norvège qui est l’un des moins inégalitaires et l’Afrique du Sud qui est le plus inégalitaire disposent respectivement d’un coefficient de 0.26 et 0.62. Plusieurs millions de Chiliens se sont ainsi mobilisés sur une population de 18 millions et le 19 octobre l’état d’urgence est décrété. Malgré les mesures sociales d’un montant de 5.5 milliards de dollars annoncées par le gouvernement, les manifestations ne cessent pas. Il faudra attendre le covid-19 pour que le mouvement s’estompe.

Ces manifestations se produisent dans un contexte général d’essor des contestations en Amérique Latine, en Équateur, en Bolivie, au Nicaragua, au Honduras ou encore en Argentine. Plus globalement, les inégalités sont de plus en plus contestées dans le monde que ce soit dans les pays développés ou en développement.

« Le Chili demeure cependant une société hautement inégalité en termes de revenu, de richesse et d’éducation. La dualité du marché du travail génère une distribution des salaire très inégale » Rapport de L’OCDE

 

Focus Plan de relance européen : Vers une mutualisation des dettes européennes ?

Début avril, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez plaide pour un recours à un prêt européen via l’émission d’obligations européennes afin de faire face à la crise du covid-19. Cette proposition est alors soutenue par l’Italie, la France et 6 autres membres d’UE mais l’Allemagne et les pays nordiques s’y sont jusqu’à présent opposés. Le 18 mai, lors d’une conférence de presse commune Emmanuel Macron et Angela Merkel, annonce un plan de relance européen historique de par son ampleur, 500 milliards d’euros, et de par son mode de financement : une mutualisation des dettes. Néanmoins, plusieurs pays dont l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède et le Danemak s’y opposent et proposent la création d’un fonds d’urgence afin d’octroyer des prêts ponctuels aux pays en difficulté. Finalement la Commission européenne tranche et fin mai, sa présidente, Ursula von der Leyen propose un plan de relance massif de 750 milliards d’euros qui seront récoltés via l’amission de dettes mutualisées européennes. 250 seront prêtés aux Etats et 500 seront transférés via le budget européens. Pour autant, ces transfert s’accompagneront de conditions et notamment de plans d’investissements afin d’accélérer la transition énergétique.  

 

Focus guerre commerciale sino-américaine : Le pari gagné de Trump ?

La guerre commerciale débute en 2018 lorsque Trump décide d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium de nombreux pays dont la Chine, qui contre-attaque en surtaxant des biens américains. Après un période de détente en 2019, Donald Trump annonce une augmentation de 25% des taxes sur 200 milliards d’importations chinoises puis l’interdiction pour Huawei de vendre ses équipements aux Etats-Unis en l’accusant de réaliser de l’espionnage pour Pékin. L’excédent commercial de la Chine vis-à-vis des Etats-Unis diminue ainsi de 8.5% en 2019. Cette baisse s’explique principalement par la baisse des importations américaines de produits chinois, les exportations américaines n’ayant presque pas diminué. Fin 2019, un accord commercial avait été trouvé mais il est aujourd’hui menacé par la crise hongkongaise.

 

Focus Covid-19 : Quelles sera l’impact du covid-19 sur l’économie mondiale ?

Selon le FMI, le monde devrait affronter une récession encore jamais observée depuis 1929 avec une baisse de 3% du PIB en 2020. Néanmoins, d’importantes inégalités sont à prévoir entre pays : les européens devraient être durement touchés avec une récession moyenne de 7.5%. De son côté l’économie américaine devrait se contracter de 5.9%. Dans les pays en développement, cette chute sera moindre (1% en moyenne). Pour autant, des pays comme l’Inde ou la Chine vont voir leur croissance fortement impactée même si ils ne devraient pas entrer en récession. Or, contrairement aux pays développés, ils ont besoin d’une forte croissance afin d’absorber les millions d’entrants sur le marché du travail. Des dizaines de millions de personnes pourraient ainsi tomber dans la pauvreté voire l’extrême pauvreté.

 

Thomas Tropes

Étudiant à emlyon business school après une prépa ECE au Lycée Montaigne (Bordeaux) et passionné de géopolitique, je suis chargé de « l’actualité en bref » pour vous permettre de mieux décrypter les enjeux contemporains.

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