Le 9 septembre 2025 se tenait à Addis-Abeba, en Éthiopie, le second Sommet africain sur le climat deux ans après celui de Nairobi qui s’était conclu sur une promesse d’investissement à hauteur de 23 milliards d’euros. Cet investissement avait pour objectif d’améliorer la souveraineté verte du continent, préserver l’environnement et utiliser au mieux la géographie africaine. En effet, l’Afrique dispose de nombreuses richesses naturelles qui pourraient favoriser son développement économique. Pourtant, elle doit également faire face à des difficultés importantes, ainsi l’environnement représente un enjeu majeur pour l’avenir de l’Afrique.
L’environnement en Afrique fait face à des menaces protéiformes.
Le changement climatique touche particulièrement le continent africain et représente une menace pour son développement. La hausse générale des températures inquiète les pays et en particulier les agriculteurs. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que la température moyenne augmente d’environ 0,3 °C chaque décennie. Cette hausse n’est pas sans conséquence puisqu’elle entraîne une baisse de rendement pour le secteur agricole. Par exemple, l’Afrique australe prévoit de voir ses rendements de maïs diminuer de 30% d’ici 20 ans. Cette situation représente un risque économique important, mais également social. Une baisse de la production agricole peut provoquer une augmentation du prix des denrées alimentaires et fragiliser les populations qui dépendent de l’agriculture pour vivre.
De plus, le changement climatique ne touche pas tous les pays de la même manière. Certains États disposent de moyens financiers et technologiques leur permettant de s’adapter tandis que d’autres subissent la situation. Ainsi, l’environnement en Afrique semble représenter à ce stade davantage un déflateur de puissance plutôt qu’un outil de puissance.
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Des richesses naturelles qui ne sont pas exploitées en raison d’un manque d’infrastructures.
L’Afrique fait face à un autre problème qui est le manque d’infrastructures sur son continent ne permettant pas de profiter de la richesse de ses terres. En effet, l’Afrique fait face à une situation pour le moins paradoxale. Elle dispose de nombreuses ressources, notamment près de 30% des réserves mondiales de minerais critiques, mais ne dispose pas des moyens nécessaires pour en profiter. Ainsi, ces dernières profitent aux autres puissances telles que la Chine. Cette situation constitue un manque à gagner important. Dans un article du Grand Continent, Florent Parmentier met en exergue que l’Afrique ne récupère en moyenne que 40% de la valeur de ses minerais. Son manque d’infrastructure ne lui permet pas de transformer les minéraux bruts. Pour illustrer cela, prenons l’exemple de la bauxite, issu du même article. La bauxite brute vaut 65$ alors qu’après raffinage elle est vendue 2335$ soit un manque à gagner considérable.
Nous pouvons donc constater que l’un des problèmes majeurs de l’Afrique n’est pas son manque de ressources mais bien ses infrastructures. En développant leurs infrastructures industrielles, les États africains pourraient conserver une part plus importante de la valeur ajoutée, créer des emplois et réduire leur dépendance économique vis-à-vis de l’étranger. Ainsi, l’environnement pourrait en ce sens devenir un vrai facteur de puissance pour l’Afrique.
L’environnement un atout de puissance inégalement exploité.
Malgré ces difficultés, plusieurs pays africains ont compris que leurs ressources naturelles pouvaient constituer un véritable levier de développement. C’est notamment le cas des pays riches comme par exemple le Maroc. En effet, le Maroc essaie depuis plusieurs années de profiter de son environnement géographique pour développer des projets ambitieux. Le port de Tanger Med, dont la construction a débuté en 2004 et qui a été inauguré en 2007, a permis au pays de devenir un acteur majeur du commerce maritime notamment en Méditerranée. Situé à proximité du détroit de Gibraltar, il bénéficie d’une position géographique stratégique, au croisement des échanges entre l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique. Le Maroc mise également sur les énergies renouvelables. Grâce à son ensoleillement important, le pays a notamment développé le complexe solaire Noor Ouarzazate, destiné à produire de l’électricité à partir de l’énergie solaire. Ces investissements montrent qu’un pays africain peut utiliser sa géographie pour en faire un véritable facteur de puissance. D’autres pays africains cherchent également à mieux valoriser leurs ressources grâce à la coopération régionale. C’est le cas de la Zambie et de la République démocratique du Congo, qui ont annoncé un partenariat en créant deux zones économiques spéciales (ZES). Une située à Kipushi l’autre à Ndola. L’objectif est de créer des infrastructures permettant de transformer localement les minerais, notamment le cobalt et le indispensables à la fabrication des batteries. Ce projet pourrait permettre aux deux pays de bénéficier davantage de leurs ressources, plutôt que de se limiter à leur exportation.
Ainsi, certains pays africains semblent avoir pris conscience de l’opportunité qui s’offre à eux. Bien que cela ne concerne actuellement qu’une petite partie des pays africains, nous pouvons y voir une véritable porte qui s’ouvre pour les pays africains. L’environnement semble donc pouvoir représenter un véritable facteur de puissance pour l’Afrique dans le futur, tant sur le volet économique que social et géopolitique.
Pour aller plus loin:
RAMSES 2026
Le RAMSES est un ouvrage géopolitique publié chaque année par l’IFRI, dirigé par Thierry de Montbrial qui analyse les enjeux contemporains à travers différentes études de cas. Le RAMSES 2026 est particulièrement intéressant pour cette thématique dans la mesure où il aborde l’Afrique dans la troisième partie intitulée: “L’Afrique, le géant empêché”



