Comment avoir des références en philosophie ?

Bien que la prépa en général demande énormément de temps du fait du travail exigé dans les diverses matières, il subsiste un besoin à combler pour les étudiants : celui de développer un vivier de références pertinentes pour la philosophie. Cet article vise à vous donner quelques ouvrages et techniques, afin de briller sur votre copie de culture générale aux concours.

 

Apprenez vos classiques !!

La première vérité générale qui s’impose comme une évidence est d’apprendre son cours et de connaître sur le bout des doigts les références qui y sont évoqués : les ouvrages et techniques que cet article propose ne sont que des compléments qui permettront d’améliorer et non pas de fonder votre travail. Par ailleurs, si vous disposez d’une bibliothèque dans votre prépa, n’hésitez pas à creuser davantage les ouvrages philosophiques évoqués en classe, ou alors des ouvrages simplement mentionnés par vos professeurs. Il s’agit ici non seulement d’acquérir les fondamentaux mais aussi de trouver de nouveaux arguments à présenter dans votre travail philosophique.

Comprenez ensuite que vous n’avez pas assez de temps pour lire des ouvrages en masse et en extraire toutes les informations : vos lectures (collège/lycée) sont primordiales, souvenez vous en et tentez d’en extraire un maximum d’information. La violence peut s’étudier par beaucoup d’ouvrages : Thérèse Raquin, Voyage au bout de la nuit, les Trois Mousquetaires, la Bible, etc. Cherchez aussi en poésie (attention à la présentation, un retour à la ligne se traduit par un « / ») : un vers vaut bien trois citations. Pensez à : « Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine / Tranquille. II a deux trous rouges au côté droit », ou bien : « Dans ce moment épouvantable / Où des sens fatigués, des organes rompus, / La mort avec fureur déchire les tissus, / Lorsqu’en cet assaut redoutable / L’âme, par un dernier effort, / Lutte contre ses maux et dispute à la mort/ Du corps qu’elle animait le débris périssable »

Finalement, cherchez parmi les citations célèbres une accroche, une conclusion satisfaisante mais surtout bourrées d’un style indiscutable. Pensons à : « Il n’est au pouvoir de personne d’arrêter ma marche, ce serait vouloir arrêter le destin », ou bien « La Révolution est comme Saturne : elle dévore ses propres enfants », et même « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde. Ce qui importe c’est de le transformer ».

 

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Distinguez-vous !!

L’intérêt du concours est de distinguer les participants et de sélectionner les meilleurs : aussi, afin de ne pas pérorer, et de ne pas utiliser les mêmes références que vos compétiteurs, il vous faut creuser d’autres pistes, d’autres références qui viendront étayer vos arguments. Donnons comme exemple « l’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde » de R. L. Stevenson, qui peut à bien des égards montrer l’indissociabilité de la violence et de l’humanité, soit l’essence de l’homme. Mais réprimez l’envie de ne simplement utiliser vos références additionnelles que comme des exemples : elles doivent porter un argument et l’étayer. Montrez alors que Jekyll est terrorisé par Hyde, et qu’ultimement Hyde l’emporte, mais qu’à l’inverse Jekyll était le personnage le plus respecté et le meilleur.

Une référence doit s’éloigner des arguments qui pourraient s’avérer classiques afin d’affirmer une fois pour toute, votre savoir et culture, mais aussi un abord du problème, occulté ou bien oublié par une majorité des candidats. La référence doit impérativement solidifier votre argument ou bien soulever une nouveauté à laquelle on n’aurait pas pensé immédiatement. En l’occurrence, la référence de Jekyll et Hyde permet de dépasser les platitudes habituelles sur la moralité de la violence, mais plutôt de dégager un aspect ontologique, épistémologique de la violence. L’un des principaux enjeux du thème de la violence va être de dépasser la simple axiologie de la violence (bien/mal) et de dépasser une ontologie naïve (la violence existe car elle est consubstantielle à l’homme).

La dernière distinction vient de la précision de vos assertions et du vocabulaire que vous utiliserez : au-delà d’une typologie -probablement inutile car insipide- de la violence, montrez que vous faites évoluer le terme de violence au cours de votre copie. Cette violence est-elle physique, psychologique, émotionnelle ? Existe-t-il une telle chose que la violence psychologique ou émotionnelle ? Une violence peut-elle être subjective ? Par ailleurs, ces questions doivent impérativement rentrer en ligne de compte lors de votre lecture d’un ouvrage, lorsque vous tentez de bâtir une référence. Posez-vous la question : En quoi cette référence m’aide-t-elle à montrer que…

 

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Organisez-vous !!

Il est intéressant de disposer de références pertinentes. Encore faut-il pouvoir les utiliser de manière efficiente ! Le moyen le plus simple de s’assurer du bon usage de vos références est de créer un fichier, disposant de vos références, et des auteurs et arguments que vous y reliez. Ecrivez y des argumentaires logiques dans lesquels incorporer vos références. N’oubliez pas : vos références doivent vous amener vers votre troisième partie, votre ultime plaidoirie ; il vous faut donc avoir des positions définies sur les thématiques classiques (la violence peut-elle être légitime / la violence est inhérente à l’homme), afin de savoir ce que vous souhaitez écrire, ou afin de retomber sur vos pieds en cas de blancs.

Dans votre copie, vous pouvez utiliser une succession de références, pourvu qu’elles soient bien amenées et pertinentes, sans en faire trop. Il faut en ce sens trouver une juste proportion : une référence par sous partie devrait être une moyenne, deux pouvant être une moyenne haute. Dépasser trois références par sous partie sera perçu comme un acte pédant de votre part.

Finalement, valorisez vos références. Ainsi que nous l’avons vu, une référence montre sa qualité par la manière dont elle étaye votre argument. Mais il vous faut aussi la valoriser par la manière dont vous l’amenez. Aux tournures sans allures telles que « l’auteur dit que », préférez « C’est le mot de [] », « Rappelons nous la phrase de [] », « [] nous le rappelle bien ».

 

Voici donc quelques conseils afin de perfectionner votre usage des références en culture générale, bien qu’une partie de ces conseils soient applicables à l’HGG. En attendant : Bonne chance !!

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