À travers cet article de Mister Prépa, tu vas découvrir des ouvrages portant sur différentes aires régionales qui te permettront de faire la différence le jour J. Pour chaque aire régionale, il te sera présenté une thèse classique, à maîtriser, et une thèse originale, qui elle te permettra vraiment de te démarquer.
Les meilleurs livres de géopolitique sur l’Europe
La thèse classique
Jeremy Rifkin, Le rêve européen, 2004
Avec ce livre, Rifkin explique comment et pourquoi les européens sont moins détestés que les américains. En effet, ceux-ci ont conscience d’une nécessaire solidarité avec le reste de la planète, même si les américains conservent des atouts dont les européens doivent s’inspirer. Au-delà de ça, avec la “puissance normative”, l’Europe serait le laboratoire de la gouvernance mondiale et peut faire triompher le concept de “paix perpétuel” de Kant.
Rifkin dépeint donc une Europe consciente de son entourage et de la nécessité de construire une gouvernance commune, à l’opposé de la perception américaine des relations internationales.
La thèse originale
Hal Brands,The Eurasian Century : Hot wars, cold wars, and the making of the modern World, 2025
L’Eurasie est redevenue le centre géopolitique du monde, théâtre des conflits majeurs, notamment avec l’”opération spéciale” en Ukraine, les tensions autour de Taïwan et la situation iranienne. Cet ouvrage valide la théorie du Hearthland de MacKinder en 1904, selon laquelle pour asseoir son emprise sur le globe, il fallait contrôler le Nord de l’Eurasie. Brands décrit un axe autoritaire (Chine, Russie, Iran) qui défie l’ordre libéral établi par l’Occident. Dans cette situation, il explique que le cœur de la géopolitique se déplace de nouveau vers le centre de l’Eurasie, où les tensions actuelles mêlent guerre froide (blocs, technologie) et guerres chaudes (conflits armés).
Brands appelle alors les démocraties à un réengagement stratégique global pour éviter leur marginalisation.
Les meilleurs livres de géopolitique sur l’Afrique
La thèse classique
Sonia Le Gouriellec, Géopolitique de l’Afrique, 2024
Les États africains sont souvent décrits comme faiblement institutionnalisés, mais cette fragilité apparente ne relève pas d’une incapacité intrinsèque : elle procède de l’héritage colonial, de logiques néo-patrimoniales et d’une forte dépendance aux ressources extérieures. Encore faut-il ne pas confondre faible institutionnalisation et inefficacité, car ces États développent des formes de gouvernance contextuelles et flexibles, ajustées à leurs réalités politiques et économiques, propre à ce continent. Décentrer le regard occidental revient donc à cesser de les penser comme « défaillants » pour les considérer comme des acteurs stratégiques, actifs jusque dans la contrainte. Djibouti en offre une illustration frappante : petit État de la Corne de l’Afrique aux institutions limitées, il tire de sa position sur le détroit de Bab el-Mandeb, point névralgique du commerce maritime mondial, un poids géopolitique sans commune mesure avec ses moyens. Il accueille ainsi les bases militaires françaises, américaines, chinoises et japonaises, et conduit une diplomatie pragmatique destinée à sécuriser ses ressources comme son influence.
La thèse originale
Karim Beguir, Le saut décisif, Construire l’avenir de l’afrique à l’ère de l’IA, 2025
Alors que les superpuissances se lancent dans une course à l’intelligence artificielle, l’Afrique ne peut plus se permettre de rester enfermée dans un modèle économique fondé sur l’extraction de matières premières et sur une main-d’œuvre bon marché.
L’IA, les énergies renouvelables et la monnaie numérique représentent trois vagues technologiques qui peuvent offrir les leviers d’une véritable renaissance du continent. L’auteur soutient d’abord que l’Afrique peut aborder l’intelligence artificielle non comme simple consommatrice mais comme actrice, à condition de miser sur les spécificités locales, les données africaines et des usages ajustés au contexte. Il souligne ensuite l’abondance du potentiel solaire et décentralisé, qui permettrait de jouer une carte énergétique à la fois puissante et autonome. Il évoque enfin l’émergence d’un « nouvel étalon-or numérique » : les monnaies numériques et les crypto-actifs de nouvelle génération pourraient offrir au continent le moyen de contourner certaines dépendances traditionnelles et de capter davantage de valeur. De là un appel à l’action adressé aux décideurs politiques, aux entrepreneurs et aux visionnaires africains comme mondiaux : le moment historique du « saut décisif » est venu.
Astuce : cette thèse est parfaite pour une partie trois sur les solutions que l’Afrique apporte à ses différents problèmes, ou pour une prospective en conclusion, en évoquant les possibilités de développement de l’Afrique
Les meilleurs livres de géopolitique sur les Etats Unis
La thèse classique
Barry Eichengreen, Mars or Mercury, The Geopolitics of International Currency Choice, 2017
L’hypothèse de Mercure et l’hypothèse de Mars ne s’excluent pas : elles se superposent. Eichengreen montre qu’un basculement d’alliance militaire s’accompagne d’un redéploiement des réserves de change vers la devise du nouveau protecteur, à fondamentaux économiques inchangés. Appliqué à l’Europe, le raisonnement est inconfortable. La zone euro pèse dans le commerce mondial et dispose d’une monnaie crédible, mais sa part dans les réserves plafonne bien en deçà de ce que prédirait Mercure. L’écart se lit comme le prix de la dépendance sécuritaire : tant que la protection vient de Washington, les réserves y retournent. Une autonomie stratégique européenne aurait donc une contrepartie monétaire.
La thèse originale
Kenneth Rogoff, Our dollar, your problem, 2025
Les Américains ne peuvent tenir pour acquis que l’ère du « Pax Dollar » se prolongera indéfiniment : de nombreux pays éprouvent une frustration profonde à l’égard du système, et l’excès de confiance comme l’arrogance peuvent engendrer des erreurs pourtant évitables. Rogoff montre ainsi comment la puissance démesurée et les privilèges exorbitants des États-Unis alimentent l’instabilité financière, à l’étranger comme sur leur propre sol car un statut de monnaie de réserve n’est jamais définitivement acquis. Le système monétaire à venir restera certes dominé par le dollar, mais son rôle en sortira diminué, même si Rogoff reconnaît que les monnaies concurrentes conservent d’importantes faiblesses structurelles : le billet vert pourrait devenir une monnaie avant tout régionale, sans pour autant descendre plus bas.
Lire plus : Le dollar, une arme géopolitique
Les meilleurs livres de géopolitique sur le Moyen Orient
La thèse classique
Antoine-Louis De Prémonville, Géopolitique de l’Iran, 2015
L’Iran concentre l’attention internationale pour trois raisons qui tiennent moins à sa puissance propre qu’à sa position.
Une position de pivot d’abord. Le pays articule la Caspienne et l’Asie centrale au golfe Persique et à l’océan Indien, ce qui en fait un maillon disputé des corridors eurasiatiques, du corridor Nord-Sud russo-indien aux routes chinoises.
Une capacité de blocage énergétique ensuite. Elle ne passe pas par ses propres exportations, largement sanctionnées et réorientées vers la Chine, mais par le détroit d’Ormuz, dont la fermeture depuis février 2026 a suffi à immobiliser un cinquième du brut mondial et à peser sur la croissance européenne. L’Iran ne détient pas les clefs de l’approvisionnement : il détient celles du verrou.
Une capacité de nuisance régionale enfin. La formule héritée des années 2010, qui faisait de Téhéran la clef des règlements afghan, irakien, syrien et israélo-palestinien, ne vaut plus. L’axe de la résistance a été démantelé par séquences successives depuis 2024. Reste un État capable d’empêcher, non de construire : un pouvoir de veto régional plutôt qu’un pouvoir d’arbitrage.
La thèse originale
Gérard Araud, “Proche Orient : surmonter le torrent des passions”, conférence à l’école de guerre en 2024.
La configuration régionale est plus retorse qu’un affrontement bilatéral : « le Hamas est autant l’ennemi d’Israël que des monarchies du Golfe ». Riyad et Abou Dhabi voient dans le mouvement palestinien une émanation des Frères musulmans, c’est-à-dire une menace pour leur propre légitimité dynastique, doublée d’un allié de Téhéran. D’où une convergence tacite d’intérêts avec Israël, que les dirigeants du Golfe ne peuvent reconnaître publiquement sans heurter frontalement leurs opinions. La nuance à conserver est que cette hostilité n’est pas uniforme : le Qatar, qui héberge le bureau politique du Hamas, en a fait un levier de médiation et figure parmi les négociateurs du plan américain. Les monarchies veulent le Hamas désarmé et politiquement neutralisé, ce qui n’équivaut pas à souhaiter son éradication militaire par Israël.
Reste la question de l’origine du conflit, que résume une formule volontairement provocante : « la création d’Israël est en grande partie le fruit des péchés des européens ». Persécutions, pogroms et Shoah ont donné au projet sioniste son caractère d’urgence vitale, et le mandat britannique lui a donné son cadre juridique. La formule a le mérite de rappeler que l’Europe a déplacé vers le Levant la charge d’un crime commis chez elle. Elle a le défaut de réduire le sionisme à une réaction, alors qu’il existe comme mouvement politique autonome depuis les années 1880, et d’effacer les acteurs locaux du récit.
Astuce : même si ce n’est pas un livre à proprement parler, cela peut véritablement faire la différence en surprenant le correcteur.
Les meilleurs livre de géopolitique sur la Chine
La thèse classique
Kishore Mahbubani, Le défi asiatique, 2008
La Chine se heurte aujourd’hui à sept périls majeurs. Les dégâts écologiques, d’abord, imposent de surmonter les contraintes d’un développement devenu insoutenable. S’y ajoutent des inégalités sociales explosives, dont témoigne un indice de Gini de 0,47, et un endettement massif des collectivités territoriales. Le vieillissement de la population constitue un troisième front, résumé par la formule d’Isabelle Attané : « la Chine sera vieille avant d’être riche ». Les inégalités spatiales entre l’Est littoral et l’Ouest intérieur ont pour leur part conduit à l’adoption de la Go West Policy. Enfin, les surcapacités de production, qui frappent au premier chef les industries de base et déséquilibre le marché intérieur, et l’essor du shadow banking achèvent de fragiliser le modèle chinois.
Astuce : cela peut être intéressant dans une copie de montrer que les problèmes de la Chine n’ont pas véritablement changé, malgré les investissements massifs du gouvernement dans ces différents domaines.
La thèse originale
Dan Wang, Breakneck, China’s quest to engineer the future, août 2025
Le titre breakneck, c’est-à-dire vertigineux, vient de la description fulgurante que Wang fait du miracle de la croissance chinoise et des infrastructures impressionnantes qu’elle a produites, jusque dans les villes de second et troisième rang dont il parle, comme Chongqing ou Guiyang. L’idée centrale du livre consiste à opposer l’« État ingénieur » chinois à l’« État juridique » américain : d’un côté une Chine riche en ingénieurs formés et tout entière tournée vers l’investissement, de l’autre des États-Unis engoncés dans une multiplicité de restrictions réglementaires qui freinent ce même investissement. Cette distinction éclaire aussi bien les nouvelles merveilles d’infrastructures chinoises que l’apparent déclin des capacités d’ingénierie américaines. L’argument le plus intéressant tient toutefois ailleurs : pour Wang, les progrès chinois procèdent du développement des processus, et non des seules dépenses d’infrastructures, car à mesure que les capacités manufacturières se déploient, elles soutiennent la formation de nouveaux écosystèmes et de chaînes d’approvisionnement locales. L’« État ingénieur » n’en présente pas moins de graves défauts, tant il conduit souvent à l’erreur, comme l’ont montré la politique de l’enfant unique puis la dureté du « zéro covid ». Les deux modèles, en définitive, ont beaucoup à s’apprendre l’un de l’autre.
Astuce : ce livre un véritable “must” dès qu’il faut établir une comparaison entre les Etats-Unis et la Chine, et ce encore plus dans le contexte actuel. En effet, on assiste à procédé de rapprochement par Trump du modèle chinois en sacrifiant des parts entière de la législation américaine pour tenter de stimuler le progrès et l’innovation.
Les meilleurs livres de géopolitique sur l’Amérique Latine
La thèse classique
Olivier DABÈNE, “L’éternelle actualité du populisme en Amérique latine”, Les carnets du CAPS, 2018
“L’Amérique latine offre bien un terreau favorable au populisme”
Ce continent ne parviendra pas à se défaire de ce style politique “tant qu’il n’aura pas progressé dans la réduction des inégalités, et plus encore, dans la consolidation de ses institutions démocratiques”
Il dresse un portrait critique de la situation politique de la scène politique sud-américaine, tout en appelant à une prise de conscience globale pour une évolution positive de la solution.
Lire plus : les enjeux du populisme en Amérique Latine
La thèse originale
Julie ZAUGG «Pékin avance ses pions en Amérique latine», Le Temps ,2019
Dans ce contexte de repli, voire de rejet, de la part de Washington, les avancées de la Chine en Amérique latine revêtent une importance considérable. L’Empire du Milieu s’y est en effet imposé comme un acteur économique de premier plan : il est devenu le premier partenaire commercial de plus de dix États, dont le Brésil et l’Argentine, et multiplie les accords de libre-échange, à l’image de celui conclu avec l’Équateur en 2023. Les échanges ont été multipliés par trente en vingt ans, ce qui fait de Pékin le deuxième partenaire commercial de la région derrière les États-Unis. La Chine en est également devenue le premier créancier, avec 136 milliards investis entre 2005 et 2025.
Ce qu’il faut retenir
Avec ces thèses, il te sera plus facile de comprendre certains enjeux, et il te sera possible d’appuyer ton raisonnement peu importe l’aire régionale qui tombera potentiellement le jour du concours.