Enquête : À quel point les réseaux sociaux peuvent-ils être toxiques ?

Les réseaux sociaux se sont imposés comme une composante essentielle de notre quotidien. Ces plateformes, où des millions d’individus interagissent chaque jour, offrent d’innombrables opportunités pour se connecter, partager et apprendre. Cependant, derrière leurs interfaces conviviales et divertissantes se cachent des risques souvent sous-estimés. Cyberghost a ainsi réalisé une enquête mettant en lumière les dangers des réseaux sociaux. De la manipulation de l’information à l’atteinte à la vie privée, en passant par l’impact sur la santé mentale, nous explorerons comment ces outils de communication peuvent parfois être toxiques pour leurs utilisateurs.

 

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Quels sont les principaux problèmes auxquels sont confrontés les utilisateurs des réseaux sociaux ?

  • Faire face au cyberharcèlement : Le cyberharcèlement est un problème qui a déjà touché 14% des utilisateurs des réseaux sociaux, d’après l’enquête menée par Cyberghost. Il peut par exemple prendre la forme de fausses publications, de publications dégradantes, de messages, de campagnes de diffamation ou bien d’appels envahissant la vie privée des victimes. En France, Tik Tok est perçu par 30% des répondants comme la plateforme la plus propice au cyberharcèlement. Ensuite, nous avons X avec 26%, puis Facebook avec 20% des répondants pensant que ces derniers sont les réseaux sociaux comptant le plus de cyberharceleurs. Instagram, Snapchat ainsi que Youtube semblent moins préoccuper les sondés puisqu’il y a respectivement 9, 7 et 3% des répondants qui considèrent ces plateformes comme les lieux de prédilection pour les cyberharceleurs. 
  • Être victime d’escroqueries sur les réseaux sociaux : 27% des répondants affirment qu’ils ont déjà été victimes d’escroqueries sur les réseaux sociaux en France. Ces dernières peuvent par exemple avoir pour objectif de soutirer de l’argent aux victimes ou bien de voler leurs identités. Elles sont d’autant plus dangereuses qu’elles sont souvent difficiles à repérer. En effet, les escroqueries peuvent prendre des formes variées tels que des liens piégés, des logiciels frauduleux, des fausses offres promotionnelles, des faux profils…
  • Encourager la diffusion de fake news : Les fake news se propagent très rapidement sur les réseaux sociaux puisque de nombreux utilisateurs les diffusent. Ainsi, 49% des personnes interrogées par Cyberghost affirment avoir eu affaire à des fausses informations. Le principal problème des fake news, est qu’elles sont, pour beaucoup, indétectables. Il est donc particulièrement difficile de s’en débarrasser.
  • Avoir des idéaux irréalistes : La plupart des personnes souhaitent montrer une bonne image d’elles-mêmes sur les réseaux sociaux. Ainsi, nombre d’utilisateurs embellissent la réalité, en la rendant parfois trompeuse. Cela peut donc affecter la santé mentale des utilisateurs, faisant face à ce type de contenu. En effet, 18% des personnes pensent que les réseaux sociaux mettent en avant des exigences physiques stéréotypées et 12% considèrent que ces plateformes encouragent les comparaisons malsaines.
  • Normaliser certains comportements à risque : 16% des sondés ont déjà vu du contenu sur les réseaux sociaux encourageant les comportements à risque. En effet, de nombreux challenges dangereux peuvent tourner sur ces plateformes et incitent ainsi les personnes les plus influençables à prendre des risques.

D’après leurs utilisateurs, quelles sont les plateformes les plus toxiques ? 

Toutes les applications peuvent s’avérer toxiques, suivant les personnes qui les utilisent. En effet, de nombreux usagers peuvent avoir des comportements malveillants, ce qui peut être nocif pour les autres individus, et principalement les plus fragiles mentalement.

Selon l’étude réalisée par Cyberghost, TikTok est considéré en France comme le réseau social le plus nuisible, avec 44 % des participants pointant du doigt des comportements problématiques tels que les fake news, le trolling ou encore le cyberharcèlement.

X (anciennement connu sous le nom de Twitter) se classe deuxième parmi les plateformes jugées les plus nocives pour ses utilisateurs. En effet, 19 % des répondants perçoivent X de cette manière. Facebook arrive en troisième position, juste derrière X. En effet, 18% des personnes sondées pensent que cette plateforme est la plus toxique pour ses usagers. Ensuite, vient Snapchat avec 9% des répondants jugeant l’application comme la plus nocive pour la santé mentale des individus. 

Instagram et YouTube génèrent moins de préoccupations : seulement 4 % des Français trouvent Instagram nuisible et 2,4 % pensent de même pour YouTube.

 

Qui sont les individus les plus touchés par l’impact toxique des réseaux sociaux ? 

Les réseaux sociaux et leurs fléaux ne touchent pas toutes les personnes de la même manière. En effet, l’impact négatif des réseaux sociaux varie tout d’abord entre les sexes. Comme observé précédemment, des plateformes telles que TikTok et Instagram propagent des idéaux de vie et de beauté souvent surréalistes et donc potentiellement nocifs pour les personnes s’identifiant à ces derniers. L’étude met en lumière que les femmes sont 10 % plus affectées par les pressions relatives aux standards physiques sur ces réseaux, que les hommes. 

Au contraire, les hommes sont 25 % plus susceptibles d’être exposés à des contenus à risque, qui sont davantage diffusés sur Tik Tok ou X. Ainsi, il a été noté, grâce à l’enquête de Cyberghost, que bon nombre d’entre eux les ont identifiés comme les plateformes les plus nocives pour leur santé mentale. 

De plus, les jeunes générations sont généralement plus confrontées à des problèmes liés à l’utilisation des réseaux sociaux, comparativement aux plus âgées. Par exemple, 36 % des baby-boomers perçoivent Facebook comme toxique, alors que ce pourcentage monte à 51 % chez les milléniaux.

 

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Comment limiter les risques des réseaux sociaux ? 

88% des répondants de l’enquête menée par Cyberghost sont conscients des problèmes auxquels ils peuvent être confrontés sur les réseaux sociaux. Pourtant, ils sont très peu à prendre des mesures pour les éviter. En effet, seulement 14% des répondants affirment qu’ils ont changé leur comportement depuis qu’ils sont conscients des risques qu’ils encourent.

Ainsi, voici quelques recommandations pour réduire l’impact négatif des réseaux sociaux : 

  • Personnaliser son fil d’actualité : Suivez uniquement le contenu qui vous plaît et vous ressemble. N’hésitez pas à ne plus suivre ou à signaler les comptes qui ne correspondent pas à vos attentes.
  • Prendre des pauses régulières : Il est crucial de s’éloigner périodiquement des réseaux sociaux pour se reconnecter avec la vie réelle et d’autres activités.
  • Favoriser les interactions réfléchies : Avant de participer à des débats en ligne, pensez à contribuer de manière constructive et objective plutôt que de réagir impulsivement.
  • Limiter le temps passé en ligne : Fixez-vous des limites de temps pour éviter une immersion excessive et préserver votre santé mentale.
  • Se renseigner sur les politiques des différentes plateformes : Informez-vous sur les mesures mises en place par les réseaux sociaux pour lutter contre le cyberharcèlement, les discours haineux et les fausses informations.
  • Prioriser le bien-être personnel : Préférez des activités hors ligne, comme les sorties ou le sport, pour vous détendre et maintenir une bonne santé mentale.
  • Chercher de l’aide en cas de besoin : Si les réseaux sociaux affectent négativement votre santé mentale, n’hésitez pas à consulter un professionnel, afin de vous préserver.

En conclusion, les réseaux sociaux, bien qu’étant des outils de communication et de divertissement puissants, présentent des défis significatifs pour leurs utilisateurs. Les problèmes comme le cyberharcèlement, les escroqueries, la propagation de fausses informations, la promotion d’idéaux irréalistes ou encore la normalisation de comportements à risque sont prévalents et peuvent varier en intensité selon la plateforme.

Pour naviguer en toute sécurité et sainement dans cet environnement numérique, il est essentiel d’adopter une approche proactive et d’avoir une utilisation raisonnée de ces outils. Bien que 88% des sondés soient conscients des risques qu’ils encourent, un petit pourcentage seulement adapte son comportement en conséquence. Il est donc impératif d’encourager une utilisation plus responsable et consciente des réseaux sociaux pour protéger la santé mentale et le bien-être des utilisateurs.

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