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Comment travailler efficacement en prépa ? Méthodes et plannings de deux anciens élèves (ENS, CentraleSupélec)

Sommaire

En prépa, le problème n’est presque jamais le manque d’heures, mais plutôt la façon de les utiliser. La charge de travail est importante et le rythme s’accélère dès le premier mois, entre les cours, les DM, les DS du samedi et les colles. Très vite, les habitudes du lycée ne suffisent plus.

Pour comprendre comment s’organiser sans s’épuiser, nous avons demandé à deux professeurs de l’Institut Hadamard, passés par une ENS et CentraleSupélec, de partager leurs méthodes et leurs véritables emplois du temps de prépa.

 

Le cours d’abord, les exercices ensuite

C’est l’un des pièges classiques en prépa : survoler le cours pour passer directement aux fiches de TD ou aux corrections d’exercices. On a l’impression d’avancer, mais cette impression peut être trompeuse.

Ce qu’en disent les professeurs d’Hadamard :

« Ne commencez jamais un TD sans connaître le cours sur le bout des doigts. En prépa, chercher un exercice sans maîtriser les définitions et les hypothèses exactes des théorèmes, c’est perdre son temps. Quand on connaît parfaitement son cours, on débloque une grande partie d’un sujet de DS plus facilement. La vraie rentabilité se joue là, pas en lisant passivement des corrigés. »

La bonne habitude :

  • Le soir même : relire le cours de la journée pendant que les explications du professeur sont encore fraîches. C’est le moment de repérer les points difficiles et de noter les questions à poser.
  • Dans les 48 heures : refaire les démonstrations importantes sur une feuille blanche, sans regarder le cours, pour vérifier qu’on sait réellement les reconstruire.

 

Comment chercher un exercice (et exploiter le corrigé)

Pour progresser, il faut accepter de rester bloqué quelque temps. Regarder immédiatement une solution empêche souvent de développer les réflexes de recherche attendus en prépa.

Ce qu’en disent les professeurs d’Hadamard :

« Si vous bloquez après dix ou quinze minutes, lisez seulement le début de la correction pour trouver une piste. Puis refermez le polycopié et essayez de terminer par vous-même. Gardez aussi un carnet de vos erreurs fréquentes : un calcul mal conduit ou une hypothèse oubliée, si on ne les analyse pas, risquent de se reproduire au prochain concours blanc. »

Quand un blocage persiste, même après avoir consulté le corrigé, un regard extérieur peut faire gagner un temps précieux. C’est l’un des intérêts des cours particuliers de maths et de physique de l’Institut Hadamard, assurés par des enseignants qui connaissent les attentes des concours.

 

Gérer les colles, les DM et les DS sans perdre de vue l’essentiel

Chaque exercice a son rôle dans la semaine :

  • Le devoir maison (DM) : commencez par chercher seul, puis échangez avec vos camarades si nécessaire. C’est une bonne occasion d’approfondir un problème sans la pression du chronomètre.
  • La colle : préparez la question de cours, entraînez-vous à expliquer votre raisonnement à voix haute et apprenez à rebondir lorsque le colleur vous interrompt.
  • Le devoir surveillé (DS) : travaillez la gestion du temps. Si une question vous bloque trop longtemps, avancez, quitte à y revenir. Une rédaction propre et structurée facilite également la lecture de votre copie.

Mais attention à ne pas faire des échéances une fin en soi. Un DM peut demander plusieurs heures et comporter des questions de recherche très difficiles. Ne pas le terminer n’est pas forcément grave : il reste avant tout un outil de progression. Il en va de même pour les colles et les DS. À force de ne travailler que pour la prochaine échéance, on risque d’entrer dans une spirale où l’on néglige le cours du jour. Or, la priorité doit rester l’assimilation quotidienne du cours. Une colle sert d’abord à tester ce que l’on a compris et à identifier ce qu’il reste à travailler.

 

Lire plus : la méthode pour progresser efficacement en langue en prépa

 

Comment ils s’organisaient : deux profils types

Il n’existe pas une seule méthode pour réussir en prépa. Voici les emplois du temps de deux professeurs d’Hadamard : l’un passé par l’ENS de Lyon, l’autre par CentraleSupélec. Deux façons de travailler, avec un point commun : la régularité.

Le profil normalien (ENS) : régularité et équilibre

En semaine :

  • 7 h : réveil et départ pour le lycée.
  • 12 h : pause déjeuner et, si nécessaire, relecture du cours de l’après-midi lorsque celle-ci n’a pas pu être faite la veille.
  • 17 h 30 – 19 h : assimilation à chaud des cours de mathématiques et de physique du jour ; chimie et sciences de l’ingénieur plus occasionnellement.
  • 19 h – 20 h : une heure de sport pour couper avec le travail.
  • 20 h 30 – 22 h : préparation des TD du lendemain et relecture rapide du cours au programme des colles.
  • 22 h – 22 h 45 : créneau « tampon » pour terminer ce qui a débordé, sans sacrifier la nuit.
  • 23 h : coucher, avec l’objectif de conserver huit heures de sommeil.

Le week-end :

  • Samedi après-midi : repos.
  • Dimanche, 8 h : réveil.
  • 9 h – 12 h : rattrapage du retard accumulé pendant la semaine, s’il y en a.
  • 13 h – 14 h : lecture d’articles en anglais et révisions avec des fiches Anki pour progresser dans cette matière.
  • 14 h – 17 h : travail sur le DM de la semaine.
  • 17 h 30 : séance de sport.
  • 19 h – 22 h : repos.
  • 22 h : coucher.

Le conseil d’Elias, diplômé de l’ENS de Lyon et professeur chez Hadamard :

« Habiter près de sa prépa est essentiel : cela évite de perdre du temps dans les transports et de s’épuiser inutilement. Pour moi, le cours est la composante la plus importante du travail, surtout lorsqu’on vise l’ENS, où il faut savoir exploiter finement les résultats du cours pour résoudre les problèmes. Rater ponctuellement une colle ou un DS n’est pas dramatique. En revanche, si l’on saute régulièrement sa séance de travail sur le cours du jour, le retard s’accumule et finit par devenir très difficile à rattraper. »

 

Le profil centralien (CentraleSupélec) : exercices et objectif concours

En semaine :

  • 7 h : réveil et départ pour le lycée.
  • 12 h : pause déjeuner rapide, puis préparation des exercices de TD de l’après-midi lorsqu’une séance est prévue ; sinon, travail sur les lacunes en anglais ou en chimie.
  • 17 h – 18 h 30 : repos ou colle, selon les jours.
  • 18 h 30 – 20 h : apprentissage du cours du jour. Pour vérifier sa compréhension, le réexpliquer à soi-même ou à un camarade, confronter ses idées et éclaircir les points encore flous. Terminer par quelques exercices d’application classiques.
  • 20 h – 22 h : exercices types pour maîtriser les méthodes incontournables, puis exercices plus approfondis tirés des TD ou de livres, notamment Les 1001 questions de la physique en prépa lorsque cela s’y prête.

Le vendredi soir :

« De 20 h à 22 h, je remplaçais ce travail par des exercices plus poussés sur le programme du DS. Je ne révisais presque jamais spécifiquement les colles : je préférais m’en servir pour tester ma maîtrise du cours et repérer mes faiblesses. »

Le week-end :

  • Samedi après-midi : analyse des erreurs du DS et reprise des questions non traitées.
  • Dimanche, 8 h : réveil.
  • 9 h – 12 h : exercices approfondis sur le cours de la semaine et rattrapage du retard, si nécessaire.
  • 14 h – 17 h : DM de la semaine.
  • 19 h – 21 h : travail ciblé sur les lacunes, notamment en anglais et en chimie.
  • À partir de 21 h : repos, puis coucher.

Le conseil de Yassin, étudiant à CentraleSupélec et professeur chez Hadamard :

« Ce qui a fait la différence pour moi, c’est d’expliquer le cours à moi-même ou à un ami. Cela me permettait de me rendre compte que certaines notions n’étaient pas aussi bien comprises que je le pensais, et de les approfondir. Je n’étais pas forcément le plus doué, donc le travail en groupe m’a beaucoup aidé. Quand on travaille avec des camarades sérieux, les échanges peuvent vraiment faire la différence. Et finalement, je m’en suis bien sorti ! »

 

Lire plus : les conseils pour réussir sa deuxième année de prépa

 

Préserver le sommeil et les pauses

Le repos fait partie intégrante de la préparation. Réduire systématiquement son sommeil pour rattraper du retard est rarement un bon calcul : la fatigue nuit à la concentration, à la mémorisation et à l’efficacité du travail.

Essayez de conserver chaque semaine une véritable demi-journée de repos, sans cours ni exercices. La réussite en prépa se construit dans la durée : mieux vaut une méthode régulière et tenable pendant deux ans qu’un rythme impossible à maintenir.

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Laurent Mary
Ex-préparationnaire, j'ai à coeur d'aider les étudiants dans leur quête des concours.