Une méthode miracle pour la Philo ?

En prépa il est presque de règle de penser que les notes de dissertation de culture générale sont davantage liées au hasard qu’à la méthode. Nous vous proposons une méthode qui a pour objectif de mettre fin au “hasard” et de vous assurer de bonnes notes aux concours sans pour autant parler de dissertation parfaite

 

Dans les deux premières parties : analyser les différents sens du sujet

Tout d’abord, un sujet de philo ne doit plus être traité comme au lycée. Le Grand 1 doit être un « sens » du sujet et le grand 2 un autre « sens » du sujet. 

Autrement dit, sur un sujet comme celui posé au concours 2020, « nos désirs nous divisent-ils ? » nous pouvons analyser certains « sens » au sujet :

Le premier sens est la division entre les hommes et le second sens est la division en nous-même. Bref, voilà un exemple de double sens. La problématique consistera à se demander si le sujet veut parler de tel ou tel sens ? 

 

Exemple de problématique : Lorsque nous disons que nos désirs nous divisent, s’agit-il d’une division sociale ou, au contraire, d’une division interne et subjective ?

Voilà comment s’organiseront vos deux premières parties ! Et non pas sur un « Oui, Non.. ». Lors des dissertations de Culture Générale, en classe préparatoire, il est essentiel d’analyser tous les termes du sujet afin de dégager une réelle problématique.

 

Comment faire le grand 3 dans tout ça ?

C’est simple, le grand 3 est un « dépassement » qui a pour vocation d’être la réponse finale, la plus pertinente. Cela peut sembler très scolaire et abstrait dit comme ça, donc on vous propose autre chose… Le sujet est toujours composé en général de 2 grands concepts. 

 

Exemple : « Dire l’animal», “Le crépuscule de la vérité” ou “Mémoire et répétition”

 

Ainsi, il existe une méthode imparable et pertinente, en fin de dissertation qui permet d’avoir de très bonnes notes. En effet, il s’agit de prendre les 2 termes et de trouver s’ils sont « oxymoriques » (n’hésitez  pas à dire clairement cette expression qui fait vraiment sérieux et en jette aux yeux du correcteur ) ou encore « pléonasmiques » ( de même, copiez clairement cette expression..)

 

Précisions : pour ceux qui ne savent pas le sens de ces expressions 

 

  • Une expression Oxymorique veut dire que l’un des concepts ne peut pas exister si l’autre concept existe. 

Exemple : « Le temps du désir » est oxymorique puisque le désir est infini donc contraire au temps. 

 

  • Une expression Pléonasmique signifie que dire un concept revient à dire le second. 

Exemple : « monter en haut » est un pléonasme car monter présuppose « en haut ». De même « L’animalité de l’Homme » peut sembler pléonasmique puisque l’Homme peut être considéré comme un animal par nature donc lorsque nous parlons d’Homme nous parlons forcément d’animalité. 

 

Ainsi, parler du caractère pléonasmique OU oxymorique de l’expression vous invite à dire : « mais finalement, ce débat sur le sens à donner à cette expression n’est-il pas vain dans la mesure ou l’expression est pléonasmique (ou Oxymorique ) donc les deux concepts ne peuvent pas être mis en relation… » voilà votre grand 3 qui montrerait une sorte « d’absurdité » inhérente au sujet qui rend la réponse complexe voire impossible.

Pour précision, cette troisième partie peut être complément autre si vous avez une brillante idée qui serait de nature différente, mais cette méthode peut vous donner des repères pour vous assurer une bonne note.

 

En résumé :

Première partie : Un sens (le plus évident, qui frappe tout de suite les yeux) 

Deuxième partie : L’autre sens du sujet (le plus implicite) 

Troisième partie : caractère oxymorique ou pléonasmique du sujet

 

 

COMMENT ANALYSER LES DIFFÉRENTS SUJETS ?

Le Génitif

Tout d’abord, il existe différents types de sujets… Mais le plus récurrent pour les meilleures écoles sont des « génitifs ». Ce qu’on appelle « génitif » c’est une expression à double sens…

 

Exemple : « L’amour de Dieu » peut être considérée comme étant l’amour DE dieu. Autrement dit, Dieu est le sujet de phrase est l’amour est l’objet… Mais nous pouvons aussi dire que Dieu soit l’objet de la phrase et que l’amour soit porté vers Dieu… Bref vous l’aurez compris, on inverse objet et sujet.

Autre exemple : « Les limites du désir » on peut dire que le désir « Possède » des limites, autrement dit, il est limité… et en même temps le désir peut-être le sujet, l’acteur de la phrase et ce serait lui qui pose les limites sur l’Homme…

 

En somme, sur le génitif : La première partie est le premier sens du génitif, la deuxième partie est le second sens du génitif… et la troisième partie comme d’habitude : Oxymores ou pléonasme..

 

La Question

Lorsque l’on pose une question, nous sommes tentés de répondre par « Oui » et « Non » en grand 1 et grand 2… Mais comme nous l’avons vu, il ne faut plus reproduire les erreurs de lycée pour arriver à dépasser la note de 11/20 au concours des Grandes Ecoles.

C’est pourquoi même avec une question, cherchez les « sens » à donner au sujet... creuser sans vous arrêter, tant que vous n’avez pas un autre sens à donner que le sens évident vous continuez à chercher à progresser… ! Comme nous vous l’avons dit « Les désirs nous divisent-ils ? » est une question mais possède néanmoins plusieurs sens comme nous l’avons vu… 

 

Pour progresser en philo, prenez une dizaine de sujets et cherchez les sens puis demandez à votre professeur s’il y a des sens que vous n’avez pas vu. 

 

Les sujets en « et »

Enfin, ce type de sujet tombe parfois : “Le temps et le désir”, “mémoire et répétition”, “l’homme et l’animal” 

Vous devrez alors user des différentes relations (donc des différents sens ) qui existent entre les deux concepts puis terminer sur un grand 3 comme d’habitude… Oxymorique ou Pléonasmique… Vous pouvez même jouer sur la phonétique en remplaçant le « et » en « est », ce qui est finalement en lien avec le grand 3 proposé dans cet article.

 

 

COMMENT PROGRESSER RAPIDEMENT EN PHILO ?

Pour finir, il est important de vous expliquer comment avoir une progression rapide en dissertation de culture générale.

 

1) Vous devez tout d’abord apprendre les auteurs… On vous l’assure, contrairement à l’ESH, ou à l’HGGMC il ne s’agit pas d’apprendre le plus d’auteurs possible. Il faut avoir des références qui soient comprises et assimilées. Vous ne pouvez pas vous dire « j’apprends une petite synthèse de chaque pensée ». Une seule pensée peut-être tournée dans le sens que vous voulez et peut être tournée de sorte qu’elle vous serve d’argument. Donc, il vaut mieux parfaitement maitriser une trentaine de pensées plutôt que d’en connaitre 100 de façons approximatives. 

 

2) Il est vraiment valoriser de mettre des petites références littéraires et artistiques dans vos copies (peintures, romans, sculptures…) même si cela n’est que votre interprétation personnelle du tableau, mettez-là si vous la jugez pertinente. Ensuite, n’hésitez pas à lire des passages de romans ou lire des résumés afin d’appuyer vos idées en y faisant référence.

 

3) Prenez des sujets en génitif et cherchez le double sens sujet-objet à renverser et les idées à mettre à l’intérieur… Reproduisez ça TOUT LE TEMPS ! Vraiment, une dizaine de sujets dont vous devez trouver les doubles sens par semaine et le tour est joué !

 

Pour conclure, dites-vous qu’il n’existe pas 20000 sujets sur le thème… Il est fort probable que vous retombiez sur la même problématique à double sens que vous auriez déjà traité en autonomie pour vous entrainer… Vous aurez donc le plan tout fait dès que vous verrez le sujet au concours…

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