Passer au contenu principal

Misterprepa

Investir avec Online Asset : comment fonctionne le private equity digital en club deal ?

Sommaire
INVESTISSEMENTS ONLINE ASSET

Fondée en 2022, Online Asset (onlineasset.com) est un club deal spécialisé dans le private equity digital. Son métier : racheter des sites internet déjà rentables, opérant pour la plupart sur le marché américain, les développer pendant plusieurs années, puis les revendre. Chaque opération est ouverte à un petit cercle d’investisseurs, qui perçoivent une part des profits puis de la plus-value. La société publie aussi des guides pédagogiques sur l’épargne et les placements, mais son activité d’investissement se limite aux actifs numériques. Fonctionnement, rémunération, résultats publiés et risques : voici ce qu’il faut savoir.

 

Online Asset en bref

  

Activité

Rachat, développement et revente de sites internet rentables

Création

2022, par Théophile Eliet et Constant Elper

Actifs ciblés

Business en ligne opérant principalement aux États-Unis

Format

Club deal : une opération, une LLC américaine dédiée

Ticket d’entrée

Environ 1 % du montant de l’opération, le plus souvent entre 30 000 et 70 000 $

Horizon

48 à 54 mois en moyenne, selon les opérations

Rémunération

20 % de la performance au-delà de l’objectif, aucun frais de gestion

Encadrement

Société domiciliée aux États-Unis

 

Qui est derrière Online Asset ?

Online Asset est née d’une rencontre à Bali entre deux entrepreneurs du web. Théophile Eliet, connu pour sa chaîne YouTube consacrée à l’entrepreneuriat et à l’investissement, cherchait depuis deux ans à revendre son entreprise de formations en ligne. Constant Elper, spécialiste du rachat et de la revente de sites, avait déjà conduit des dizaines de transactions. Il l’aide à finaliser la cession. De cette première collaboration naît l’idée d’acheter ensemble des business en ligne, puis d’ouvrir ces opérations à d’autres investisseurs.

L’équipe s’est depuis étoffée : acquisitions, coordination avec les cabinets d’avocats, SEO, exploitation des sites et relation investisseurs. Point important du modèle : les deux fondateurs engagent leur propre capital dans chaque opération, aux côtés des investisseurs.

 

Lire plus : tout savoir sur la finance en Grande École

 

Le private equity digital, une classe d’actifs à part

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à prendre des participations dans des entreprises non cotées. Dans sa version digitale, ces entreprises sont des business en ligne. Online Asset en cible quatre familles :

  • les logiciels vendus par abonnement (SaaS), recherchés pour leurs revenus récurrents ;
  • les sites d’affiliation, rémunérés par commission sur les ventes qu’ils génèrent ;
  • les sites de contenu (médias, blogs d’autorité), dont la valeur repose sur l’audience et la marque ;
  • les produits numériques (formations, templates), appréciés pour leurs marges.

Sont exclus le dropshipping sans marque, les jeux d’argent, les contenus pour adultes et tous les sites qui reposent sur une faille passagère des algorithmes.

Face à la Bourse, la grande différence tient à la liquidité : il n’y a pas de cotation quotidienne, et la valeur dépend des résultats de l’entreprise et du marché des acquisitions. Face à l’immobilier, l’actif n’est pas physique : la valeur se crée en augmentant le profit, par le trafic, le taux de conversion, la monétisation ou la base d’emails.

Pourquoi les États-Unis ? C’est le marché le plus profond et le plus liquide pour ce type d’actifs, les multiples de revente y sont mieux standardisés et le cadre contractuel des transactions y est rodé. Les investisseurs, eux, sont majoritairement francophones.

Le club deal : quelques investisseurs, un seul actif

Un club deal réunit un nombre limité d’investisseurs autour d’une opération unique. Contrairement à un fonds qui mutualise des dizaines de participations, l’investisseur sait précisément quel site il finance et selon quel business plan.

Chaque opération est logée dans une LLC américaine (Limited Liability Company) créée pour l’occasion. En signant l’Operating Agreement, l’équivalent du pacte d’associés, l’investisseur devient « Member » de cette société, un statut proche de celui d’associé de SARL en France. Il ne possède donc pas le site en nom propre, mais des parts de la société qui le détient, à hauteur de sa participation. Cette structure isole juridiquement chaque projet et limite la responsabilité au montant investi.

Le tour de table est volontairement resserré : la gouvernance reste lisible, les décisions sont rapides et le coût des audits est partagé entre les participants.

 

Lire plus : emlyon, une école pour le conseil en stratégie

 

Du sourcing à la revente : les cinq étapes d’une opération

  1. Un sourcing hors marché. Les places de marché publiques proposent surtout de petits sites, ou des actifs que les acheteurs professionnels ont déjà écartés. Online Asset passe donc par le contact direct avec des propriétaires et par un réseau de courtiers. La cible : des sites qui dégagent entre 600 000 et 1,8 million de dollars de profit annuel, avec un trafic surtout organique et des revenus peu saisonniers.
  2. Une due diligence complète. L’audit couvre les volets financier, opérationnel, SEO, technique et juridique. Les revenus sont contrôlés à partir des accès aux plateformes de monétisation et des preuves de paiement, pas sur la foi d’un tableau fourni par le vendeur. Règle affichée : une donnée critique qui ne peut pas être vérifiée est traitée comme non fiable. Si un risque majeur apparaît avant la signature, le prix est renégocié, la structure revue, ou l’opération abandonnée.
  3. Un closing sécurisé. Les fonds transitent par un compte séquestre (escrow) chez un tiers agréé. Le vendeur n’est payé qu’une fois les noms de domaine, les comptes et les bases de données transférés. Des avocats spécialisés dans la juridiction du vendeur rédigent les garanties, pour que les recours restent actionnables.
  4. Une exploitation déléguée. L’investisseur n’a rien à gérer. Une équipe d’une douzaine de personnes basée à Bali pilote les sites, épaulée par des spécialistes externes. Un reporting est envoyé chaque mois, et chaque opération prévoit treize versements de dividendes par an : un par mois, plus un le 31 décembre si la trésorerie le permet.
  5. Une revente après quatre ans environ. L’horizon cible se situe en moyenne entre 48 et 54 mois. Le site est alors cédé à un acquéreur stratégique ou financier, sur la base d’un multiple du profit (EBITDA ou SDE). Plus le profit a progressé pendant la détention, plus la valeur de sortie est élevée. Si une belle opportunité se présente plus tôt, elle peut être saisie ; si le marché est défavorable à l’échéance, la sortie peut être décalée plutôt que forcée.

Comment Online Asset se rémunère

C’est le point le plus singulier du modèle. Online Asset ne facture ni frais d’entrée, ni frais de gestion annuels, ni frais de sortie. Sa seule rémunération est une commission de surperformance de 20 %, prélevée uniquement sur la part des gains qui dépasse l’objectif de rendement fixé dans le business plan de l’opération.

Exemple chiffré. Objectif de l’opération : 10 %. Résultat obtenu : 15 %. La commission ne porte que sur les 5 points excédentaires, soit 20 % de 5 points = 1 point. L’investisseur conserve 14 %. Si l’opération reste sous son objectif, Online Asset ne perçoit rien.

Pour situer ce choix : les fonds de private equity traditionnels appliquent souvent le schéma « 2 et 20 », soit environ 2 % de frais de gestion par an, plus 20 % des gains au-delà d’un rendement minimal (le hurdle rate). Online Asset renonce aux frais de gestion et limite sa part à la seule tranche excédentaire.

Restent les coûts externes de l’acquisition (avocats, séquestre, audits, migration technique). Ils sont supportés par l’opération et intégrés au budget global présenté avant d’investir, avec le prix d’achat et un fonds de roulement.

 

Ce que disent les chiffres publiés

Online Asset publie un track record détaillé de ses opérations. Selon ces données, la société a lancé cinq opérations depuis 2022, déployé 24,6 millions d’euros, versé 4,2 millions d’euros de dividendes et réalisé deux sorties. Elle revendique plus de 120 investisseurs.

Le premier exit, l’opération AOG, est entièrement documenté :

  

Prix d’acquisition

6,47 M€

Dividendes versés pendant la détention

1,42 M€

Prix de revente (avril 2025)

8,24 M€

Durée de détention

22 mois

ROI total

49,19 %

TRI

28,37 %

MOIC

1,49x

Source : track record publié par Online Asset.

AOG a donc été revendue au bout de 22 mois, bien avant l’horizon cible de 48 à 54 mois. Les détails du second exit (BOG) restent confidentiels, en vertu des accords signés lors de la transaction. Les trois opérations en cours affichent des rendements annualisés compris entre 13,4 % et 21,3 % selon les actifs et les périodes, pour un rendement moyen pondéré annoncé de 16,47 %. Ces chiffres sont communiqués par la société, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

ROI, MOIC, TRI : trois mesures, trois questions. Le ROI répond à la question « combien l’opération a-t-elle rapporté au total ? » (49 % pour AOG). Le MOIC (multiple on invested capital) indique combien de fois la mise est récupérée (1,49 fois). Le TRI, ou taux de rendement interne, donne un rendement annualisé qui tient compte du calendrier des flux : un même multiple obtenu en deux ans ou en six ans ne produit pas du tout le même TRI. C’est l’indicateur de référence des fonds de private equity, et une notion très attendue en entretien de finance.

Côté retours d’investisseurs, Online Asset affiche une note de 4,3/5 sur Trustpilot (19 avis). Les commentaires saluent surtout la transparence et le suivi mensuel. Certains relèvent aussi des points d’amélioration : un écart entre prévisionnel et réalisé sur une opération (avec un capital préservé et un rendement final positif), un espace investisseur perfectible, ou la difficulté d’accéder aux nouvelles opérations, vite souscrites par les investisseurs déjà en place.

 

Lire plus : l’analyse financière à HEC

 

Les risques à accepter avant d’investir

Ce placement n’a rien d’un livret, et Online Asset le rappelle elle-même. Les principaux risques :

  • Perte en capital. Aucun rendement n’est garanti, et une perte partielle ou totale reste possible.
  • Illiquidité. Les parts ne peuvent pas être revendues librement pendant la durée de l’opération. Une sortie anticipée n’est prévue qu’en cas de force majeure (décès, invalidité, divorce, faillite personnelle) : les parts sont alors proposées aux managers puis aux autres associés, au prix d’achat au maximum.
  • Cadre hors AMF et ACPR. Online Asset n’est pas agréée par les régulateurs français. Domiciliée aux États-Unis, elle opère sous droit américain, sans les protections d’un produit d’épargne réglementé.
  • Dividendes variables. Les treize versements annuels sont prévus, pas garantis : un retard de paiement client ou un besoin de trésorerie peut décaler ou supprimer un versement.
  • Change. Les flux sont le plus souvent en dollars : la performance en euros dépend aussi de l’évolution de l’EUR/USD.
  • Dépendance aux plateformes. Une mise à jour des algorithmes de Google ou la perte d’un partenaire de monétisation peut peser sur les revenus d’un site.
  • Fiscalité. La LLC étant fiscalement transparente aux États-Unis, un résident français déclare en principe ses revenus en France, sous réserve de la convention fiscale franco-américaine. Un document de type Schedule K-1 est fourni chaque année. L’avis d’un conseiller fiscal reste recommandé.

En pratique, ce type d’actif se conçoit comme une poche de diversification, à côté d’un socle de placements classiques (actions, ETF, immobilier).

 

À qui s’adresse ce type d’investissement ?

Les opérations visent des investisseurs avertis, capables d’immobiliser plusieurs dizaines de milliers d’euros pendant environ quatre ans. Aucune compétence digitale n’est requise. Le parcours commence par un appel avec l’équipe, qui vérifie que le fonctionnement et les risques sont bien compris. À l’ouverture d’une opération viennent ensuite l’envoi de sa documentation, les vérifications d’identité (pièce d’identité, justificatif de domicile, origine des fonds), la signature des documents de l’opération et le virement sur le compte séquestre. L’investissement peut se faire en nom propre ou via une société.

Pour un étudiant en prépa ou en école de commerce, Online Asset n’est évidemment pas un premier placement. C’est en revanche un cas concret pour comprendre la mécanique du capital-investissement : création de valeur opérationnelle, valorisation par multiple, alignement d’intérêts entre gérant et investisseurs, arbitrage entre rendement et liquidité. Des notions qui reviennent en cours de finance d’entreprise comme en entretien pour un stage en M&A ou en fonds d’investissement.

 

Questions fréquentes

Online Asset propose-t-elle d’investir dans l’immobilier, les parkings ou à Bali ?

Non. Le site d’Online Asset publie des guides éducatifs sur de nombreux placements, mais ses opérations d’investissement portent uniquement sur des sites internet rentables. Bali est l’endroit où travaille son équipe opérationnelle, pas un marché dans lequel elle investit.

Online Asset est-elle régulée en France ?

Non. La société n’est agréée ni par l’AMF ni par l’ACPR. Elle est domiciliée aux États-Unis et ses opérations relèvent du droit américain, ce qui les réserve à des investisseurs qui acceptent ce cadre.

Quel est le montant minimum pour investir ?

Le ticket représente environ 1 % du montant de chaque opération. Il varie donc d’un deal à l’autre et se situe le plus souvent entre 30 000 et 70 000 $.

Peut-on récupérer son argent avant la revente du site ?

En principe non. L’engagement couvre tout le cycle de l’opération, soit 48 à 54 mois en moyenne. Seuls des cas de force majeure ouvrent une sortie anticipée, au prix d’achat au maximum.

Combien prend Online Asset ?

20 % de la performance qui dépasse l’objectif fixé au départ. Aucun frais d’entrée, de gestion ou de sortie n’est facturé ; seuls les coûts externes de l’acquisition (avocats, séquestre, audits) sont supportés par l’opération.

Ce qu’il faut retenir

Online Asset rend accessible une classe d’actifs longtemps réservée aux acheteurs professionnels : le rachat de business en ligne rentables. Le modèle a de vrais atouts, avec une rémunération conditionnée à la surperformance, une gestion entièrement déléguée et un investissement ciblé sur un actif identifié. Il a aussi ses contraintes : un ticket élevé, un capital bloqué plusieurs années et un cadre juridique américain, hors régulation française. À réserver à une poche de diversification, après lecture attentive de la documentation de l’opération et, si besoin, l’avis d’un conseiller indépendant.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement dans des actifs non cotés comporte un risque de perte en capital et d’illiquidité.

Newsletter
Image de Lou Adam de Beaumais
Lou Adam de Beaumais