Vous le savez probablement, mais je vais le répéter : les fautes d’orthographes comptent désormais dans la notation en dissertation CSH et un barème leur est dédié (ce choix a été dévoilé dans le rapport du jury de CSH en 2025 suite au constat de l’augmentation du nombre de fautes dans les copies). Et bonne nouvelle pour vous, l’orthographe et la langue française cela se travaille comme n’importe quelle autre matière. De surcroît, vous vous en doutez, même lorsque les fautes de langue ne font pas l’objet d’un barème officiel, les correcteurs évaluent l’orthographe et la grammaire – ne serait-ce qu’implicitement.
Voilà pourquoi MisterPrépa vous proposera cette année de vous plonger dans les fautes les plus courantes et souvent ignorées des candidats, mais qui ne manqueront pas d’énerver votre correcteur si vous les commettez. Le travail de la langue est facile et demande peu de temps alors, sincèrement, prenez ne serait-ce que 5-10 par semaine pour lire un article MisterPrépa sur cinq fautes classiques, mettez les fautes qui vous intéressent sur anki et vous réduirez les risques d’être sanctionnés.
Tandis que et les propositions
De la mauvaise utilisation de tandis que
C’est sans nul doute l’une des fautes les plus importantes. Un nombre incalculable d’élèves commet cette faute, mais pas que, de nombreux journalistes et professeurs la commettent aussi. Alors si vous voulez vous démarquer et ne plus faire cette faute si vite arrivée, soyez attentifs.
Les locutions conjonctives « tandis que » et « alors que » sont très souvent mal utilisées. En effet, ces deux locutions conjonctives sont OBLIGATOIREMENT suivies d’une subordonnée. Or pour avoir une subordonnée il faut une une proposition principale. C’est là l’erreur commune qui consiste à commencer une phrase par « tandis que » sans que cette proposition subordonnée n’ait droit à une proposition principale.
Illustrons cela : dire « Marie aime les fraises. Tandis que Jeanne aime les poires. » est une faute de syntaxe car la seconde phrase ne peut être composée d’une seule proposition subordonnée. Une manière simple de corriger cette faute est tout simplement de mettre une virgule entre la principale et sa subordonnée. Ainsi la phrase « Marie aime les fraises, tandis que Jeanne aime les poires. » est tout à fait juste.
De la bonne utilisation de tandis que
Cependant, si vous tenez à commencer une phrase par « tandis que » c’est tout à fait possible. Il faudra seulement s’assurer que la proposition principale viendra après. Par exemple, dire « Tandis que la démocratie repose sur un plébiscite de tous les jours, selon la formule de Renan, l’autoritarisme repose sur l’écrasement de l’individu. » est tout à fait juste.
En fait, je me suis servi de « tandis que » comme un exemple, puisque cette règle est vraie pour toutes les propositions subordonnées conjonctives. La proposition subordonnée conjonctive complément circonstanciel est une proposition subordonnée, c’est-à-dire qu’elle dépend d’une proposition principale dont elle complète le sens.
Ainsi retenez que quand vous avez une locution conjonctive telle que « tandis que », « alors que », « puisque », « pour que », « afin que » ou « dès que » il doit y avoir une principale dans la phrase – soit un deuxième verbe conjugué.
Aller de pair
Enchaînons avec une règle plus simple pour récupérer de la dernière règle assez barbare. Écrire aller de paire est une faute et une grosse. En effet, l’expression « aller de pair » s’écrit avec pair sans « e ».
L’expression se fonde en effet sur (et non pas “se base sur” qui je vous le rappelle est une abomination – cf #3#) le mot pair qui désigne un semblable. Ainsi, l’expression « aller de pair » signifie aller ensemble, être liés ou être sur un pied d’égalité. Elle vient du mot « égal » (pairus en latin), et non du nom féminin « paire » (qui désigne un couple de deux choses).
• On n’écrit pas : « Démocratie et liberté vont de paire. »
• On écrit : « Démocratie et liberté vont de PAIR. »
Lire plus: Parlons peu, parlons bien #3
Exagérer vs extrapoler
La prochaine faute que je souhaite vous exposer est une faute qui procède de la confusion entre deux mots : exagérer et extrapoler. On entend souvent des phrases du type « Arrête d’extrapoler, tu sais très bien que ce n’est pas vrai. » ou encore « Il est de Marseille, il extrapole toujours. ». Or cette utilisation d’extrapoler est une faute.
En effet, on ne peut pas utiliser extrapoler en lieu et place d’exagérer car le verbe extrapoler « désigne l’action de généraliser à partir de peu d’indices ou d’estimer des chiffres au-delà des mesures. » Bref, extrapoler signifie tirer une conclusion générale ou imaginer une suite à partir d’informations insuffisantes ou incomplètes.
Ainsi,
• Dans le cas d’une généralisation abusive à partir d’éléments réduits vous pouvez utiliser extrapoler.
• En revanche, il est impossible d’utiliser extrapoler pour caractériser une situation d’exagération. Une extrapolation suppose une déduction à partir d’éléments réduits, tandis qu’une exagération c’est dire qu’un fait est plus grand ou plus grave qu’il n’est en réalité.
Comment articuler deux éléments par « et » ?
Attention, cette règle est facile à comprendre, mais une faute d’inattention est vite arrivée. On conserve une même catégorie grammaticale quand on articule deux éléments par « et ».
On n’écrit pas : « Réparer un crime nécessite un savoir exact et de l’exposer à tous », ce qui reviendrait à articuler un nom et un verbe, mais « Réparer un crime nécessité un savoir exact et son exposition à tous. »
Ce ou se ?
Se est un pronom personnel, il est utilisé avec un verbe pronominale. Ex : se marier, s’embrasser, se rejoindre, se croiser…
Ce est en revanche un pronom démonstratif qui suppose, nous le verrons la prochaine fois, une première occurrence de l’objet qu’il désigne s’il est utilisé seul, mais il est bien souvent utilisé devant le nom qu’il désigne. Ex : ce verre, cette main…
Pour les différencier c’est simple : il y a deux cas de figure.
• Si le mot est devant le verbe être et qu’il est remplaçable par « cela » c’est « ce » qui convient.
• Si le mot est remplaçable par un déterminant type « le », c’est « ce » qui convient. • Dans tous les autres cas, il convient de mettre « se ».
Les fautes classiques à éviter
Aujourd’hui faisons un point nécessaire sur les accents:
• Intéresser
• Intérêt
• On écrit bien nécessité et nécessaire mais jamais de la vie « nécéssité » ou « necéssité » ou autre barbarisme.
• On écrit répéter avec deux accents aigus et pas « repeter »
• On écrit événement ou évènement, les deux sont acceptés, mais pas « èvenement »
• Prôner s’écrit avec un accent circonflexe. Attention, par ailleurs à l’utilisation abusive du verbe prôner. En effet, prôner est un verbe avec une connotation forte qui signifie recommander vivement, vanter ou préconiser une idée, une valeur ou une méthode. Ainsi, dans vos synthèses, ne dites pas d’un auteur qu’il prône une idée mais plutôt qu’il la défend ou l’avance.
• Théâtral
• Entraîner
• On écrit dites et pas dîtes
• On écrit “vous faites” et pas “vous faîtes”
• Contrôler
• Hôtel
• Continûment
Continuons sur quelques fautes courantes:
• On écrit « au vu de » mais « en vue de »
• On écrit accueil
• On écrit écueil
• On écrit « à l’attention de »
• On écrit « tirer parti de » sans « e » à parti
• Le participe passé de inclure est inclus. Au féminin cela donne « incluse » et pas « inclue » comme on voit souvent. On dira donc : « Les options sont incluses. » et pas « Les options sont inclues ».
• Accord de l’adjectif « public » : des toilettes publiques (au féminin) ; des concerts publics (au masculin).
• On écrit unanimité et pas uninanimité
• On écrit benêt
• Bâtiment
Quelques mots coruscants pour étoffer votre vocabulaire
• Énergumène = Un énergumène est une personne très excitée, un exalté ou un forcené qui crie et bouge beaucoup. Ce mot vient du grec ancien qui signifiait « possédé du démon ».
• Acrimonie = mécontentement, amertume
• Admonestation = réprimande
• Parler sans ambages = parler franchement
• Apagogie = démonstration par l’absurde
• Atermoiement = action d’hésiter, de remettre à plus tard
• Intrication = état de ce qui est enchevêtré
• Arlésienne = chose attendue mais qui n’arrive jamais
• Déciller = amener qn à voir ce qu’il ignorait ou voulait ignorer. Ex : Il me fallait un malheur comme celui-là pour me déciller les yeux
• Dans le giron de = sous le domaine de (utile en géopo : les pays d’Asie du sud-est sont par exemple dans le giron de la Chine).
• Faîte = point culminant, apogée ; comble, partie la plus élevée d’un bâtiment
• Pusillanime = qui manque de courage, de caractère, qui fuit les responsabilités
• Parangon = modèle, personnage que l’on souhaite imiter en raison de ses valeurs ou de ses qualités
• Vitupérer = blâmer vivement
• Un prurit = désir vif et impatient
Lire plus : Le site de l’académie vous propose une rubrique exceptionnelle intitulée “Dire, ne pas dire”
















