Analyse rapport de jury : Culture Générale (ESSEC/EDHEC)

Analyse rapport de jury : Culture Générale (ESSEC/EDHEC)

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La moyenne générale s’est stabilisé passant de 10,25 à 10,23 en 2019. 

Le sujet : « Que perd-on quand on perd la mémoire ? »

 

l) Analyse du sujet : 

La principale difficulté du sujet proposé cette année a probablement été de sembler trop facilement convertible en d’autres questions plus générales.

Ainsi a-t-il été frappant de constater que, dans leur très grande majorité, les candidats ont assimilé tout au long de leur devoir « perdre la mémoire » et « oublier » sans se demander un seul instant si une telle différenciation valait d’être envisagée. Une analyse rigoureuse du sujet impliquait au moins de se poser la question.

Il suffirait en effet de décrire l’expérience de ce qui se passe quand on dit que l’on « perd la mémoire » pour se rendre compte que l’on n’emploie pas exactement cette expression avec le même sens que « oublier ». C’est la répétition – et l’extension – de l’oubli qui nous fait dire « je perds la mémoire », ce qui décrit, bien plus que la privation d’un contenu quelconque (j’ai oublié une date, un nom, où j’ai mis mes clefs, etc.), la dégradation progressive ou brutale d’une faculté. Quand on « perd la mémoire », on perd moins des souvenirs que la capacité, la faculté d’aller les chercher. Et c’est parce que la mémoire est une puissance que l’on perd, avec elle, solidairement, autre chose qu’elle seule.

Oubli, perte de mémoire, ces phénomènes ont eux-mêmes des degrés. Entre le léger affaiblissement portant par exemple sur la mémoire des noms (affaiblissement souvent normal plutôt que pathologique, bien qu’il puisse être vécu comme angoissant) et, à l’extrême, la maladie d’Alzheimer (où le sujet est lui-même inconscient de la destruction de sa mémoire), il y a bien des nuances, et des situations très diverses.

Peu de candidats ont su le remarquer, parce qu’ils ont préféré se raccrocher directement aux références étudiées pendant l’année plutôt que prendre le temps de réfléchir à l’expérience de ce que c’est que perdre la mémoire, et de la décrire.

 

ll) Remarques de correction 

En règle générale, les candidats ont pris la notion en bloc et sont passés d’une signification à une autre insensiblement. Or les réponses esquissées à la question posée ne pouvaient que dépendre du sens que l’on donnait à ses termes, sens qui peut et doit évoluer au cours du devoir, pour aboutir à un travail de distinction et de précision conceptuelles, faute de quoi on se trouve conduit à soutenir (c’est au fond le chemin suivi par beaucoup de copies) qu’il est nécessaire, qu’il est vital, qu’il est sain de perdre la mémoire… quelques pages après avoir énoncé que quand on perd la mémoire on perd tout, jusqu’à son identité personnelle. La différenciation des niveaux (individuel/collectif, oubli normal/dégradation pathologique, pertes subies/sélection volontaires) permettait au moins d’avancer sans se contredire totalement.

Plusieurs candidats ont prêté attention à la notion de perte et un peu plus rarement ont dégagé la notion d’enjeu. L’enjeu, c’est ce que l’on perd quand on perd la partie – la perte démultipliée par une première perte. La question a une tonalité dramatique ; elle peut sembler placer la mémoire au centre du système psychologique des facultés, voire du monde social. Le sujet pouvait inviter à s’interroger sur les ressorts de cette angoisse, sur son caractère spécifiquement contemporain ou non, et à déterminer une juste mesure dans la représentation et l’usage de la mémoire, comme ont su le faire de très bonnes copies.

 

lll) Notre analyse 

Dès que vous voyez le sujet, il est nécessaire d’aller au delà du caractère simpliste que ce dernier peut avoir. En effet, en Culture Générale, mais dans les autres matières à dissertation, il est nécessaire de se poser beaucoup de questions à la fois très simples, mais aussi complexes. 

Il faut en amont effectuer un travail de distinction conceptuelle afin d’arriver à une bonne problématique au sein de votre devoir le jour J. Il est recommandé d’écrire avec une encre sombre (bleue ou noire) du fait que les copies sont numérisées, évitez de fait au maximum les ratures et le correcteur blanc. Et comme évoqué précédemment, il ne faut pas se contenter de recracher un cours appris par coeur, mais il faut se poser des questions plus ou moins pointues pour dégager différents angles attaques et aboutir à une copie excellente. 

Dorian Zerroudi

Rédacteur en chef de Mister Prépa

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