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Parlons peu, parlons bien #3 : éliminez vos fautes

Sommaire

Vous le savez probablement, mais il est bon de le répéter : les fautes d’orthographes comptent désormais dans la notation en dissertation CSH et un barème leur est dédié (ce choix a été dévoilé dans le rapport du jury de CSH en 2025 suite au constat de l’augmentation du nombre de fautes dans les copies). Et bonne nouvelle pour vous, l’orthographe et la langue française cela se travaille comme n’importe quelle autre matière. De surcroît, vous vous en doutez, même lorsque les fautes de langue ne font pas l’objet d’un barème officiel, l’orthographe et la grammaire sont bien évidemment évaluées – ne serait-ce qu’implicitement.

Voilà pourquoi MisterPrépa vous proposera cette année de vous plonger dans les fautes les plus courantes et souvent ignorées des candidats, mais qui ne manqueront pas d’énerver votre correcteur si vous les commettez. Ainsi, le travail de la langue est facile et demande peu de temps alors, sincèrement, prenez ne serait-ce que 5-10 par semaine pour lire un article MisterPrépa sur cinq fautes classiques, mettez les fautes qui vous intéressent sur anki et vous réduirez les risques d’être sanctionnés.

 

Lire plus : Parlons peu, parlons bien #1#

 

Sans dessus de sou ou sens dessus dessous ?

L’expression correcte est « sens dessus dessous », « sans dessus de sou » n’existe pas. En effet, l’expression signifie qu’il y a du désordre, que le sens dessus se trouve dessous.

  • On n’écrit pas : « La pièce était sans dessus de sou. »

  • Mais on écrit : « La pièce était sens dessus dessous. »

 

Le verbe appeler

Le verbe appeler est une source d’erreurs intarissable. En effet, si appeler a toujours deux « p », selon la personne et le temps de conjugaison, appeler a un ou deux « l ». Cependant, ne vous inquiétez pas, il est facile d’apprendre à différencier les cas avec un l ou deux « l ».

  • Au présent appeler se conjugue de la manière suivante :

j’appelle

tu appelles

il appelle

nous appelons

vous appelez

ils appellent

  • À absolument tous les temps du passé, appeler n’admet qu’un seul et unique « l ».

Ex :

Il a appelé.

Elle appelait.

On appela.

Je pensais qu’il appelât.

  • Au futur simple, appeler prend toujours deux « l »

j’appellerai

tu appelleras

il appellera

nous appellerons

vous appellerez

ils appelleront

  • À l’impératif (voir infra) appeler se conjugue comme suit :

appelle

appelons

appelez

Par conséquent, vous n’avez maintenant plus d’excuses, vous savez qu’appeler s’écrit avec un seul « l » à tous les temps du passé et à la première et deuxième personne du pluriel au présent et à l’impératif. De surcroît, appeler s’écrit avec deux « l » au futur simple, au présent et à l’impératif.

L’impératif présent

Règles fondamentales

Premièrement, l’impératif est un mode verbal utilisé pour exprimer un ordre, un conseil ou une interdiction. Il se caractérise par trois personnes spécifiques : tu, nous, vous, et l’absence de pronom sujet.

Le problème principal que pose l’impératif est le fait qu’il faille mettre un « s » ou non quand on utilise la seconde personne du singulier. Pourtant, c’est bien simple.

Pour conjuguer un verbe à l’impératif présent, on utilise seulement trois personnes (tu, nous, vous) sans jamais mettre les pronoms sujets devant. Les terminaisons viennent du présent de l’indicatif, mais les verbes en -er perdent le « s » final à la 2e personne du singulier.

Ainsi, à l’impératif présent, on met donc un « s » à la deuxième personne du singulier (tu) pour les verbes du deuxième et du troisième groupe, mais on ne l’en met pas pour les verbes du premier groupe, sauf devant en ou y.

  • Exemples simples de conjugaison

Prendre → Prends !

Partir → Pars !

En effet, prendre et partir ne sont pas du premier groupe, ils prennent donc un s à l’impératif présent à la deuxième personne du singulier.

Manger → Mange !

Essayer → Essaie !

Chanter → Chante !

Manger, essayer et chanter sont du premier groupe, le « s » final est donc interdit de séjour.

Règles complémentaires

  • Cependant, devant en et y, tous les verbes conjugués à l’impératif présent à la deuxième personne du singulier prennent un s :

Manges-en ! Prends-en ! Chantes-en !

Manges-y ! Vas-y ! Penses-y ! Amènes-y … !

  • Les traits d’union sont indispensables à l’impératif :

On écrit bien « Manges-en ! » ou « Amènes-y ton frère ! » et non pas « Manges en ! » ou « Amènes y ton frère ! ».

Mais plus important encore, à l’impératif les traits d’union sont indispensables entre le verbe et les pronoms. S’il y a un seul pronom il n’y a pas de problème, on écrit le verbe d’abord puis le pronom ensuite : Allez-vous-en ! Mais s’il y a plusieurs pronoms, le COD passe d’abord : on écrit « Donne-le-moi ! » et non « Donne moi le ! ».

 Autant pour moi

Si apprendre que l’on écrivait « sens dessus dessous » a remis en cause toute votre vie, vous n’êtes pas prêt pour le cataclysme qui arrive. Ainsi, écrire « autant pour moi » est une faute.

En effet, l’expression correcte est « Au temps pour moi ». Elle vient du jargon militaire : « Au temps ! » signifie qu’une erreur a été commise et qu’il faut recommencer l’enchaînement du début. Puis, cette expression a dérivé pour donner « Au temps pour moi ! » qui est une phrase adverbiale : de c’est à reprendre (la signification de « Au temps ! ») on est passé à c’est ma faute, je vais reprendre les choses calmement depuis le début.

  • On ne dit pas : « Autant pour moi, je pensais que l’on était Jeudi. »

  • On dit : « Au temps pour moi, je pensais que l’on était Jeudi. »

 

Le verbe pallier

Le verbe pallier est quasi systématiquement l’objet de fautes et de barbarismes. Alors démarquez vous en ne vous trompant pas.

Premièrement, pallier prend deux « l ». « Palier » avec un seul « l » désigne une plateforme d’escalier.

Deuxièmement, et c’est là une des fautes les plus commises de la langue française, pallier est un verbe transitif, il admet un COD. Donc, en d’autres termes, écrire « pallier à qc » est une abomination car pallier n’a pas à être affublé de « à ». On écrira donc toujours « pallier qc » et non « pallier à qc ».

Je le répète : on écrit « PALLIER QC ».

  • On ne dit pas : « Pour pallier à ce problème » et encore moins « Pour palier à ce problème »

  • On dit : « Pour pallier ce problème. »


Les fautes courantes à éviter

Les doubles consonnes :

  • mourir n’a qu’un « r » car on ne meurt qu’une fois

  • nourrir a deux « r » car on mange au moins deux fois par jour

  • commettre a deux « m »

  • omettre n’en a qu’un

  • notamment a deux « m »

  • institutionnaliser  et  institutionnel ont deux « n », il ne faut pas se tromper sur un terme aussi important que ce soit en ESH, en HGG, voire en CSH.

  • nommément

  • éminemment

  • précisément

  • rationnel a deux « n » mais rationalité n’a qu’un seul « n », ne faites pas la faute en philo, les profs de philo sont fatigués de cette faute immémoriale.

 

Quelques fautes courantes

  • On n’oublie pas le « s » à « avoir recours à »

  • On écrit bien « aux dépens de »

  • Obnubiler ne s’écrit absolument pas omnubiler. Pour le retenir regardons l’étymologie d’obnubiler : le verbe obnubiler vient du latin obnubilare, qui signifie « couvrir de nuages ». Il est formé à partir du préfixe ob- (« devant ») et de nubes (« nuage »). Ainsi l’étymologie rejoint le sens figuré d’obnubiler qui est : Obscurcir le jugement, altérer la lucidité ou les facultés de l’esprit comme s’il était voilé par des nuées.

  • Étymologie ne prend d’ailleurs pas de h, on n’écrit jamais « éthymologie »

  • Hormis a toujours un « s » final

  • Parmi n’a jamais de « s » final

  • Vacarme s’écrit bien avec un « m » et non pas avec un « n » comme on peut le voir parfois

  • Impacter est un anglicisme à éviter

 

Quelques mots de vocabulaire à apprendre

  • Fatuité = manière d’agir de celui qui est fat, c’est-à-dire vaniteux, prétentieux, content de soi et qui le laisse voir

  • Incurie = défaut de soin, négligence

    ex : L’incurie des dirigeants a mené au scandale actuel.

  • Conférer = parler ensemble, raisonner d’une affaire, d’un point de doctrine

    ex : Maîtriser l’art de conférer est indispensable pour être un bon politique.

  • Épiphénomène = phénomène accessoire, sans importance, mode passagère.

    Ex : Cette crise est-elle un épiphénomène ou une crise structurelle ?

  • Misologie = abandon ou ignorance volontaire de la raison, haine de la raison

  • Incartade = extravagance, folie que fait une personne ; brusque sortie verbale, inconsidérée et blessante.

  • Édulcorer = affaiblir, affadir

  • Encablure = faible distance ; cf l’expression « à quelques encablures de là » qui signifie à quelques centaines de mètres.

  • Être godillot = exécuter les ordres sans discuter

  • La panacée = la solution à tous les maux, à tous les problèmes

    ex : Les économistes libéraux présentent souvent le marché comme la panacée.

  • La martingale = recette infaillible ou supposée magique (utilisé souvent de façon ironique).

    Ex : Mais oui, bien sûr, le marché est la martingale ! Nous serons tous sauvés par le marché bien sûr !

 

Lire plus: Parlons peu, parlons bien #2

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Sacha Valette