D’après la Banque Mondiale, les transferts d’argent des migrants sont essentiels pour sauver les pays pauvres

Bien que le nombre de migrants ait chuté au niveau mondial en 2021, dans un contexte de crise sanitaire, limitant les déplacements, il faut noter que les transferts de fonds vers leurs pays d’origine devraient connaître une hausse spectaculaire de 7,3 % cette année, à 520 milliards d’euros.

 

La Banque Mondiale souligne que ces transferts d’argent sont un rempart à la crise économique dans les pays pauvres

Les migrants originaires des pays pauvres envoient trois fois plus d’argent que l’ensemble de l’aide publique au développement dépensée par les pays riches dans le monde.

La Banque mondiale, qui publie ces chiffres mercredi 16 novembre, souligne leur « importance » comme rempart à la crise économique qui frappe actuellement les pays à bas et moyen revenu.

La Banque Mondiale appelle même les gouvernements à « faciliter ces transferts » pour soutenir la reprise mondiale et parce qu’ils sont « une bouée de sauvetage essentielle pour les dépenses des ménages dans l’alimentation, la santé et l’éducation pendant les périodes de difficultés économiques ». 

La hausse est attribuée à deux causes principales : d’abord la vigoureuse reprise économique dans les pays d’accueil, aux Etats-Unis et en Europe, aidée par d’importants plans de soutien ; et les besoins des familles dans les pays pauvres, qui ont subi de plein fouet la pandémie de Covid-19.

Les flux d’argent progressent en Amérique latine et dans les Caraïbes, particulièrement dans les pays qui ont accueilli ces derniers mois des migrants en transit vers les Etats-Unis, notamment au Mexique, ce qui laisse penser qu’une partie des sommes a servi à payer des passeurs. L’autre hypothèse est l’arrivée massive de télétravailleurs américains dans ces pays pendant le confinement, ce qui aurait entraîné d’importants transferts de devises.

 

Zoom sur l’Amérique latine en net progrès 

Par région, c’est l’Amérique latine et les Caraïbes, avec 126 milliards de dollars de transferts, qui enregistrent la plus forte hausse (+21,6 %). La région bénéficie de la forte reprise économique des Etats-Unis, premier pays d’accueil des migrants (52 millions de personnes).

L’augmentation, aux Etats-Unis, de 8 % des gains hebdomadaires moyens pour tous les employés du secteur de la construction, où les Hispaniques sont largement employés, explique en partie cette tendance de mars 2020 à septembre 2021, souligne la Banque. Un autre facteur explicatif est lié à l’augmentation du nombre de migrants en transit dans la région pour aller s’établir aux Etats-Unis.

 

Le situation du Mexique, pays de transit vers les États-Unis

« L’augmentation spectaculaire des envois de fonds au Mexique peut refléter les fonds reçus par les migrants en transit venant du Honduras, d’El Salvador, du Guatemala, d’Haïti, du Venezuela, de Cuba et de nombreux autres pays », indique la Banque. Au cours des neuf premiers mois de 2021, le nombre de sans-papiers nés au Mexique est passé à 264.772, contre 142.694 en 2020.

Ces migrants restant plus longtemps dans des lieux de transit, ont besoin de recevoir des fonds de leurs familles en dehors du Mexique pour couvrir leurs frais de subsistance et de voyage et, dans de nombreux cas, pour payer les passeurs. Si, dans les années 1990, il fallait s’acquitter de quelques centaines de dollars pour passer la frontière, les coûts se sont envolés à plus de 3.000 dollars, selon les autorités mexicaines.

 

Des frais de transaction trop élevés qui ralentissent les transferts 

Avec 159 milliards de dollars, les pays d’Asie du Sud restent encore la première région de destination des envois d’argent. La hausse des prix du pétrole et la reprise économique des pays membres du Conseil de coopération du golfe (Arabie Saoudite, Oman, Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweït, Bahreïn), qui emploient plus de la moitié des migrants d’Asie du Sud, expliquent ce résultat. Ailleurs, les flux ont bondi de 9,7 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (62 milliards de dollars) de 6,2 % en Afrique subsaharienne (45 milliards) et de 5,3 % en Europe et en Asie centrale (67 milliards).

Un inconvénient majeur persiste : les frais de transferts de ces fonds restent trop élevés, constate, la Banque Mondiale. Le coût de l’envoi de 200 dollars s’élevait en moyenne à 6,4 % du montant transféré au premier trimestre 2021.

L’envoi d’argent en Afrique Subsaharienne demeure le transfert le plus onéreux en contraste avec l’Asie du Sud.

 

Conclusion 

La Banque Mondiale relève que ces frais sont largement au-dessus de ce qui a été inscrit dans les objectifs de développement durable (ODD) adoptés aux Nations-Unies en 2015.

Le but est de rabaisser ces frais à 3 % d’ici à 2030.

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