Ecologie : que comptent faire les candidats à la présidentielle ?

On a déjà vu il y a quelques jours les politiques que mettraient en œuvre les candidats à la prochaine élection présidentielle concernant l’Union Européenne ou encore l’immigration s’ils étaient élus. Mais c’est loin d’être le seul sujet qui peut intéresser des candidats aux concours CPGE comme vous allez être dans un peu plus d’un mois ou l’année prochaine selon que vous soyez bizuth, cube ou carré. Beaucoup d’autres thèmes centraux de la prochaine élection présidentielle pourront avoir un intérêt dans des copies de géopolitique. Aujourd’hui, voyons, en partant de l’extrême gauche pour aller vers l’extrême droite, la position des principaux candidats concernant l’environnement.

Attention : pour éviter de se disperser, nous nous sommes concentrés sur les candidats qui mi-décembre disposaient de plus de 5% d’intentions de vote dans les sondages.


Jean-Luc Mélenchon (LFI) : Une des mesures de son programme lors de ses deux premières candidatures à l’élection présidentielle (en 2012 et en 2017) était d’inscrire dans la constitution de la France une « règle verte » dont l’objectif serait de supprimer la dette écologique c’est-à-dire de « rembourser » les effets négatifs provoqués par la France sur l’environnement. Une autre de ses mesures phares est une sortie du nucléaire d’ici 2050, le candidat de la France Insoumise visant 100% d’énergies renouvelable à terme pour l’état français.


Yannick Jadot (EELV) : il va de soi que le candidat désigné par la primaire écologiste est le candidat pour qui l’écologie est le plus au centre du programme pour la prochaine présidentielle. Pour lui, l’écologie sera le défi majeur du prochain quinquennat et il souhaiterait notamment résoudre ce défi par une politique européenne commune forte dont la France serait l’un des moteurs. Une proposition qui a mis sa campagne sous le feu des projecteurs a été sa proposition d’interdire la chasse pendant les week-ends et les vacances scolaires et d’interdire définitivement la chasse à courre. Sur le plan du nucléaire il est pour une sortie du nucléaire dans la production nucléaire mais sur une période de 20 ans, positionnement plus dur que ceux de plusieurs membres de son parti.


Emmanuel Macron (LREM) : bien qu’il soit souvent vu à l’international comme un héraut de la défense de l’environnement (tout le monde se souvient de son célèbre slogan « Make our planet great again » à l’intention du président américain de l’époque Donald Trump pastichant le slogan de campagne de celui-ci) ce qui lui a valu de recevoir la distinction de « Champion of the Earth » par l’ONU en 2018, son bilan reste toutefois beaucoup plus contrasté à l’échelle nationale. Il aura notamment connu un vrai recul concernant le glyphosate qu’il avait annoncé vouloir interdire s’il était élu pendant la campagne de 2017. Il avait également défendu avant d’être président le diesel en 2016. Enfin, il demeure en faveur de l’énergie nucléaire. Finalement, la pensée d’Emmanuel Macron peut s’expliquer très simplement : l’écologie ne doit pas être défendue au détriment de l’économie, d’où des décisions souvent ambigües.


Valérie Pécresse (LR) : l’actuelle présidente de la région Île de France fait actuellement de gros efforts pour verdir son programme, mais elle part de très loin tant ses résultats actuels sont faibles (seulement 2% du budget régional est consacré à l’écologie). Dans un entretien donné au journal du dimanche en Août dernier, elle dénonçait l’usage des sanctions pour tenter de faire bouger les choses, préférant une politique étatiste volontariste engageant un véritable mouvement de fond. Elle est notamment en faveur du nucléaire et des énergies renouvelables à condition qu’elles puissent être suffisamment efficaces pour ne pas se révéler ruineuses et sous-exploitables. Elle croit en l’objectif d’une neutralité carbone en 2050.


Marine Le Pen (RN) : La candidate du Rassemblement national qui s’est souvent opposé aux écologistes qu’elle juge trop radicaux a longtemps négligé le sujet de l’environnement avant de finalement revenir vers lui ces dernières années. Elle est notamment en faveur d’une sortie au long cours de la France de l’énergie nucléaire qu’elle aimerait remplacer par des énergies renouvelables. Elle est toutefois opposée aux éoliennes qu’elle juge comme dégradant le paysage. Elle s’est également fendue de déclaration critiques contre la politique des anciens présidents, notamment concernant la Convention citoyenne pour le climat organisée par Emmanuel macron où l’Accord de Paris signé sous François Hollande. Elle est en faveur d’un référendum pour interroger les citoyens sur différents thèmes liés à l’écologie (quinze en tout).


Éric Zemmour (Reconquête) : Dénonçant l’écologie actuelle (particulièrement d’ailleurs le partie EELV) et sa manière d’être punitive à l’égard des français, il préfère valoriser les résultats de la France, affirmant notamment que celle-ci a l’un des mix énergétiques les plus propres du monde. C’est un fervent défenseur de l’énergie nucléaire qui n’hésite pas à critiquer les énergies renouvelables qu’il juge insuffisamment efficaces et créatrices de dépendance notamment à l’égard de la Chine. Enfin, il dénonce les autorités scientifiques, défendant selon lui une confiance dans la France et dans un progrès qu’ils jugent suffisants pour redresser la barre.


Lire aussi: L’Union Européenne vue par les principaux candidats à la présidentielle

Julien Vacherot

Étudiant à HEC Paris en année de césure et rédacteur géopolitique, j'ai pour but de vous faire partager ma passion et de vous aider dans cette matière et partout où c'est possible

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