L’héritage du chavisme sous l’égide de Hugo Chavez à la politique de Nicolás Maduro

A la lecture de cet article, tu pourras y découvrir l’influence prépondérante du socialisme du XXIème siècle au Vénezuela à travers l’héritage du chavisme et dans la continuité, la politique de N. Maduro.

I. « El eje del Chavismo » (1999-2013)

Le chavisme s’est inscrit dans le cadre de la révolution bolivarienne et conserve un certain héritage au sein du socialisme du 21ème siècle. Son représentant, Hugo Chavez, a au cours de l’Histoire impulsé l’ère bolivarien en se dressant du côté de l’extrême gauche qui se veut conserver le socialisme cubain (anti libéralisme, anti impérialiste, etc.). Il fut réélu à trois reprises : 2000, 2006 et 2012.

Sa politique a permis au Venezuela de se dresser une place prépondérante en Amérique Latine mais également, dans le monde, en développant des relations commerciales avec de nombreux pays tels que la Turquie, l’Iran, la Russie ou encore la Chine.

Toutefois, l’exercice de son pouvoir a posé de nombreuses controverses telles que des accusions de fraude électorale, tentative de coup d’état ou encore l’exercice d’un pouvoir autoritaire. En effet, la militarisation du pays, la concentration du pouvoir aux mains de H. Chavez ou encore le recours à la propagande dans la presse publique et face à l’opposition ont été pointés.

Parallèlement à cela, l’économie vénézuélienne a pu profiter des mesures impulsées sous le chavisme. Il convient de rappeler que le pétrole est la ressource phare du Venezuela et qui est à l’origine de la majorité des revenus du pays, et ainsi de son PIB. En outre, sous le mandat de Chavez, on a pu assister au plus grand boom pétrolier de l’histoire du Venezuela avec une croissance moyenne de 5,6% entre 2005 et 2012. Ceci a permis la baisse drastique de la pauvreté, du chômage, du taux d’alphabétisation, mais aussi l’amélioration du niveau de vie de la population qui s’est vu vivre dans de meilleures conditions et plus riche. Également, fut déployé davantage de moyens financiers de la part du gouvernement pour accroître cet effet d’enrichissement. Et pour cause, le Venezuela fut qualifié d’un des pays les plus égalitaire de l’Amérique Latine malgré une certaine présence de la corruption

 

II. Venezuela bajo Maduro (2013-hoy)

La relève sous Maduro est nuancée. En effet, les retombées des performes économiques ont chuté. En guise d’illustration, entre 2014 et 2020, le PIB a chuté de 80% et a enchaîné 7 années de récession. Pour ne rien arranger, le Venezuela a connu un taux d’inflation colossal atteignant son taux record de 1.300.000% en 2018 passant à 9.500% en 2019. Jamais auparavant le monde n’avait connu un tel taux. C’est ainsi que le Venezuela a vu son déficit public ainsi que sa dette externe exploser, de la même manière que son taux de chômage (près de 35%, soit plus d’un tiers de la PA) et des inégalités au cœur du pays conjointement à une baisse considérable de salaire minimum.

Tandis que le pays misait sur son économie de rente via le pétrole pour pallier ces épisodes catastrophiques, le Venezuela aujourd’hui se heurte à un manque d’investissement financier dans le secteur pétrolier. De ce fait, par manque de modernisation, les coûts de production de pétrole sont mirobolants et la production chute jusqu’à entraîner en 2020 une pénurie de pétrole…

Malgré tout, depuis 2014, Nicolás Maduro déploie des moyens pour sortir le pays de la crise. Pour citer quelques exemples, ce dernier a augmenté les retraites, mené une campagne pour augmenter le prix du pétrole ou encore plus récemment, en 2021 a été promulguée la « Ley antibloqueo » afin de développer des règles qui faciliteront les investissements au Venezuela.  Cette dernière loi a également pour but de contrer les sanctions économiques, commerciales diplomatiques, financières et militaires très sévères prises par les Etats-Unis envers le Venezuela en 2015, 2017 et 2019. Par ailleurs, ces mesures n’ont fait que d’empirer la crise dans laquelle le Venezuela se trouve avec la perte considérable de millions de dollars qui auraient pu permettre de pallier la crise.

En plus de vivre une crise économique sans précédent, une crise humanitaire s’installe. Le Venezuela souffre. Nous ne sommes pas sans savoir que persiste un manque accru de matériel médical ou encore une pénurie de médicaments. La conséquence directe est la hausse des maladies tel que le paludisme ou encore du taux de mortalité infantile. La population vénézuélienne est épuisée et beaucoup ont choisi de prendre la voie de l’exil (environ 12% de la population) notamment en Colombie (1ère destination choisie par les vénézuéliens). Cet épisode d’exode massif a accentué les tensions entre les pays d’accueil et le Venezuela.

 

Pour aller plus loin, cet article qui aborde d’une part la période faste du Venezuela exercée au cœur du chavisme nous questionne sur son héritage actuel. Le mandat de Nicolás Maduro bat de l’aile et c’est toute la politique menée depuis 1999 étiquetée « socialisme du 21ème siècle » qui doit être interrogée.

Manon Durand

Actuellement en master entrepreneuriat de Kedge BS, c'est un plaisir d'aider à mon tour les élèves préparationnaires dans leur réussite.

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