La Guerre du Golfe, le conflit en détail (3/3)

Cet article s’intéresse à la Guerre du Golfe. Au-delà de son intérêt historique, ce conflit est l’illustration parfaite d’une doctrine qui se poursuit encore aujourd’hui : la défense des intérêts américains dans la région. Il s’agit de la troisième partie. Elle traitera les conséquences du conflit plus en détail.

 

Les conséquences humaines

Les conséquences du conflit sont d’abord humaines. Du côté des alliés, très peu de pertes sont à déplorer (moins d’un millier d’homme morts ou blessés). Côté Irak en revanche, le bilan est beaucoup plus sévère. On l’estime à plus de 100 000 morts et 175 000 prisonniers.

Les pertes civiles sont nombreuses. Chez les soldats, de pathologies multiples apparurent à long terme. C’est le syndrome de la guerre du golfe. En effet, l’usage de munitions à l’uranium appauvri, les incendies des puits ainsi que l’usage de gaz toxiques provoquèrent maladies de peau, crises d’asthme, bronchites, etc.

En outre, la guerre civile qui suivit en Irak fit entre 50 000 et 75 000 morts, dont 15 000 à 30 000 Kurdes auxquelles s’ajoutent les victimes de nouvelles famines. De son côté, le Koweït a perdu la moitié de ses habitants, soit 1 million sur 2, la plupart des immigrés palestiniens et asiatiques, lesquels représentaient 86% de la main d’œuvre du pays.

 

Les conséquences écologiques 

Le 19 janvier 1991, l’armée irakienne sabote le terminal pétrolier de Mina al Ahmadi au Koweït. Entre 900 000 et 1 500 000 tonnes de pétrole vont alors se répandre dans le Golfe Persique. Encore à ce jour, c’est la plus importante marée noire de l’histoire.

Les incendies des champs de pétrole koweïtiens représentent une perte d’un million de tonnes de pétrole. A titre de comparaison, l’explosion du Deepwater Horizon avait entraîné la libération de 600 000 tonnes de pétrole dans l’océan en 2010. Au total, près de 640 kilomètres de côtes furent souillées dans le golfe persique. 

 

Retour en détail sur la catastrophe

Fin janvier, l’armée irakienne avait ouvert les robinets de réservoirs et coulé 6 pétroliers dans le Golfe persique. L’objectif était alors d’empêcher un éventuel débarquement en menaçant d’enflammer la nappe. L’Irak rejeta ces accusations et mit la faute sur les bombardements massifs de la coalition. En réalité, des ingénieurs de la Koweït Oil company témoigneront avoir vu les irakiens faire sauter les puits à la dynamite.

Fin février, la marée noire atteint les côtes saoudiennes. La compagnie Aramco privilégient dans l’urgence la protection des installations portuaires, industrielles et les usines de dessalement. La protection des zones naturelles sauvages fut prise en compte plus tardivement, avec la création du NCWCD (National Commission for Wildlife Conservation and Development).

 

Lire plus : La Pologne, trente années de miracle économique

 

Les premières considérations environnementales 

Des bateaux spécialisés recueillirent le pétrole, les plages furent nettoyées avec les moyens du bord, par les forces armées britanniques et certaines firmes européennes (Alba et TCA). Cela n’en resta pas moins une véritable catastrophe pour la vie marine. On dénombra 30 000 morts dont des dizaines de milliers d’oiseaux (hérons, flamants, cormorans, sternes, grèbes), les plages restèrent sales un long moment.

Cette catastrophe fit apparaître les premiers soucis écologiques chez les bédouins, les Saoudiens, les princes, etc. On a pu reprocher au gouvernement saoudien d’avoir manifesté moins d’intérêt pour la protection de la nature que pour celles de ses activités pétrolières, mais la priorité aux usines de dessalement étant donné l’urgence de la situation.

Les bédouins sont animés d’une volonté de protéger les outardes, principal gibier à plume de ses fauconniers passionnés. C’est pourquoi les princes saoudiens créèrent le National Council for Wildlife Conservation and Development, NCWCD). Des parcs furent créés pour sauver les oryx et autres gazelles en voie de disparition. Une collaboration avec Greenpeace fut même entamée.

Dans les faits, les pays arabes furent partagés entre le souci d’apparaître aux yeux du monde comme les innocentes victimes de l’Irak et celui de ne pas salir l’image du pétrole, source de leur richesse.

 

Les conséquences économiques 

Resté au pouvoir, S. Hussein continua à financer le terrorisme international. En 2003 a lieu la troisième guerre du golfe. Les américains envahissent l’Irak et capturent Hussein. Celui-ci est condamné à mort et pendu en 2006. Le pays en sort dévasté. On estime les dommages à entre 550 et 600 milliards de dollars pour les deux pays.

L’ONU en profite pour mettre en place le Programme “pétrole contre nourriture” entre 1996 et 2003. Il s’agit pour ces pays de payer les importations de nourriture en pétrole. L’Irak doit par ailleurs verser au Koweït une indemnité fixée à 65 milliards de dollars ainsi que 30% de ses propres exportations de pétrole.

 

Les conséquences géopolitiques  

La fin de la guerre renforça le soutien des Etats-Unis auprès de l’Arabie Saoudite et des autres pays du Golfe. Cela entraîna une polarisation des relations dans la région. Cette guerre permit ainsi de renforcer la position de l’Arabie saoudite lui donna son rôle de puissance régionale centrale dans la politique du Moyen Orient. A l’inverse, l’Irak en sortit très affaiblie. La guerre a donc profondément modifié l’équilibre des forces dans la région.

Des tensions entre les pays arabes furent également ravivée, entre l’Egypte et les autres qui ont soutenu l’Irak notamment. L’isolement de l’Egypte dans le monde arabe l’obligea alors à graduellement se rapprocher des Etats-Unis.

En Irak, la guerre civile commença à la fin des combats. Les chiites entrèrent en rébellion contre Bagdad puis le Kurdistan le lendemain. Hussein parvint à redresser la situation et écrasa la rébellion dans le sang. 

 

Une des premières guerre de l’ère médiatique moderne 

Des images du conflit furent diffusées dans le monde entier ce qui eut un impact important sur l’opinion publique. Jamais aucune guerre n’avait été autant couverte par les médias. Des journalistes sont venus du monde entier couvrir en temps réel les différentes phases des opérations militaires. Le début de l’opération fut même lancé en direct sur CNN.

 

Lire plus : Transformations sociales en France : famille et religion

 

La situation du Koweït aujourd’hui

Le Koweït est un pays riche en ressources pétrolières, qui représente environ 90% de ses exportations et près de la moitié de son PIB. Il dispose d’une économie moderne et diversifiée, avec des industries de transformation, des services financiers et des projets d’infrastructure en cours de développement. Le Koweït est aussi un centre régional pour le commerce et la finance, avec une bourse active et un secteur bancaire développé. 

Sur le plan social, le Koweït est connu pour son système de protection sociale et de soins de santé universel pour tous les citoyens. Le pays dispose également d’un système d’éducation public gratuit et obligatoire pour les citoyens koweïtiens, ainsi que d’un certain nombre d’institutions d’enseignement supérieur de renom. Une population diverse et multiculturelle, reflétant l’histoire du pays en tant que carrefour commercial.

 

La situation de l’Irak aujourd’hui

Membre de l’OPEP, le pays a été confronté à de nombreux défis, tant en matière de sécurité, d’instabilité politique, qu’en matière d’économie et de pauvreté. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, l’Irak a connu une période de transition difficile, avec des conflits internes, des attentats terroristes, une corruption généralisée et une économie instable. 

Les infrastructures de base (réseaux électriques, distribution de l’eau) sont également affectées. Néanmoins, le pays a récemment connu des progrès en matière de sécurité, et son économie commence à se redresser grâce à la hausse des prix du pétrole et aux investissements étrangers. Le gouvernement irakien travaille également à renforcer les services publics et à moderniser les infrastructures, mais il reste encore beaucoup à faire.  

Vous pourriez aussi aimer