Le Royaume-Uni envoie ses migrants au Rwanda

Depuis quelques jours, une mesure prise par le gouvernement anglais fait polémique. Le premier ministre, Boris Johnson a signé un accord avec le Rwanda, pour que ce dernier accueille les demandeurs d’asile arrivés illégalement sur le territoire britannique.

Une telle mesure est décriée par de nombreuses institutions, allant de l’ONU, à des ONG telles que Detention Action ou Care4Calais. Nous constatons donc qu’une forme de résistance internationale se met en place, pour faire face aux mesures jugées immorales du premier ministre.

Le Royaume-Uni n’a pas tous les droits

Nous pouvons tout d’abord constater qu’une partie de la population, nationale comme internationale, déplore la décision du gouvernement. Ainsi, les chefs spirituels de l’église anglicane ont déclaré en réaction à cette mesure « cette politique immorale couvre le Royaume-Uni de honte ». Une partie de l’opinion publique semble dès lors se monter contre ces mesures.

De plus, même les institutions internationales se mettent à critiquer ces décisions prises par le gouvernement britannique. En effet, le haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a signifié que l’accès à l’asile ne devait pas dépendre du mode d’arrivée sur le territoire. Nous voyons donc que, du peuple aux institutions politiques, la décision du gouvernement est décriée à tous les niveaux.

Nous pouvons aussi voir qu’au-delà des questions d’opinions, le gouvernement Britannique n’est pas tout puissant quand il s’agit de réglementer l’immigration. En effet, le nombre de recours contre les expulsions sont très nombreux. Ce, à tel point que le nombre de migrants devant partir le 14 juin est passé de 130 à 7 pour cause de recours. Chaque individu a donc su faire face aux décisions du gouvernement, pour résister, au moins temporairement.

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Le Royaume-Uni est libre

Malgré tout cela, le gouvernement britannique a décidé de mettre en place cette loi, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour y arriver. Boris Johnson a en effet signifié qu’il ne considérait nullement sa loi comme étant illégale, que ce soit par rapport à la loi britannique, ou internationale. Le gouvernement ne changera donc pas de cap de sitôt.

En plus de cela, nous savons que le gouvernement n’est pas seul pour encourager la mise en place de cette loi. En effet, les électeurs du premier ministre sont en grande majorité pour la limitation de l’immigration et donc pour ce genre de lois. Liz Truss, la secrétaire aux affaires étrangères a même déclaré « il y aura des personnes sur ces vols, et si elles ne sont pas sur ce vol, elles seront sur le suivant ». Une telle déclaration montre son intention de faire appliquer sa loi jusqu’au bout !  Il faut dire que l’accord avec le Rwanda coûte 120 millions de livres sterling au gouvernement britannique ! Signe une fois de plus de la détermination des dirigeants à faire appliquer ces lois, malgré le scepticisme international.

De plus, le gouvernement britannique a le vent en poupe avec cette décision. En effet, ils ont gagné le procès à la cour de justice internationale. L’accord avec le Rwanda est donc considéré comme légal selon la loi internationale. Le Royaume-Uni peut donc faire appliquer sa loi sans souci, malgré les polémiques encore très nombreuses.

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La résistance s’organise

La communauté internationale ne s’arrête pour autant pas là, et s’organise pour faire face à cette loi polémique. La cour européenne des droits de l’Homme a ainsi bloqué le départ d’un Irakien par mesure « d’urgence provisoire », alors qu’il devait partir dans l’un de ces avions. Il ne partira pas avant que la justice britannique ait validé la légalité du projet de loi ! Cette dernière décision devrait être prise en juillet.

L’association Care4Calais espère dès lors pouvoir utiliser cette même méthode pour bloquer le départ d’un maximum de migrants. Les associations et institutions internationales trouvent donc des solutions pour bloquer l’action du gouvernement.

En plus de cela, nous pouvons voir que les associations de défense des migrants mettent tout en place pour permettre aux déplacés de rester sur le territoire britannique une fois arrivés. L’association Care4Calais explique ainsi aux migrants encore en France, et qui se préparent à partir vers le Royaume-Uni, comment ils devront faire pour se protéger face à la loi britannique. Ils leurs expliquent comment prendre un avocat et exercer un recours, pour qu’ils ne se laissent pas rejeter trop facilement une fois en Grande-Bretagne. Nous voyons ainsi qu’un véritable bras de fer se met en place entre le gouvernement britannique et les institutions internationales au sujet de cette loi sur l’immigration.

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