Le rôle de l’entrepreneur au 19ème siècle ?

Cette question est une question importante et qui ne doit pas vous surprendre si elle devait tomber que ce soit à l’écrit ou à l’oral. Cependant, une telle question – quel est le rôle de l’entrepreneur ? – est davantage une question d’oral parisienne. Toutefois, il reste tout à fait possible d’avoir un sujet sur l’entrepreneur à l’écrit. Par exemple en 2017, le sujet HEC en ESH était : « L’entreprise peut-elle se passer de l’entrepreneur?« . Cela dit, il est essentiel de réviser l’ensemble du programme afin d’être prêt le jour J. C’est pour cette raison que nous lançons une nouvelle série intitulée « ZOOM sur l’oral ESH »

 

L’entrepreneur est un innovateur

S’il revient à Jean Baptiste Say d’avoir cerné la double dimension de la fonction de l’entrepreneur qui combine les facteurs de production, et qui est sans cesse à la recherche du progrès économique. Il faut attendre le célèbre économiste autrichien, Joseph Schumpeter, pour que le rôle de l’entrepreneur dans la dynamique économique soit reconnu.

Nous pouvons retrouver dans l’ouvrage de Schumpeter, Capitalisme, Socialisme et Démocratie (1942) la présentation de cet entrepreneur qui est innovateur, preneur de risques et qui rompt avec la routine imposée par la bureaucratisation des entreprises. Sa fonction même d’innovateur en fait alors le personnage central du capitalisme. La réussite de l’entrepreneur dépend de sa capacité à anticiper, à supporter le risque, à passer à l’action et convaincre. C’est un personnage hors-norme qui brise la routine et dynamise le système économique.

La révolution industrielle est donc une révolution technique, issue de « grappes d’innovations » impulsées par des artisans et des entrepreneurs qui apportaient des solutions techniques aux obstacles qu’ils rencontraient pour développer leur activité. Par exemple, nous pouvons mentionner l’invention de la navette volante en 1733 par John Kay qui s’est avérée être à l’origine d’une productivité sans précédent. Une fois que cette innovation a été généralisée à l’ensemble du marché, cela entrainera une pénurie de fils.

 

Le rôle de l’entrepreneur évolue avec l’évolution du capitalisme

Il faut noter que la forte concurrence qui persiste pendant le capitalisme concurrentiel pour reprendre la terminologie de l’école de la régulation conduit aussi les entreprises à se concentrer pour préserver leur part de marché. De plus, il est nécessaire de mettre en place des économies d’échelle pour maitriser les couts de production face à une baisse des prix tendancielle à la fin du 19ème siècle.

Il est à noter que les fonctions de l’entrepreneur vont également évoluer avec le capitalisme. En effet, si selon Alfred Marshall l’entrepreneur est l’organisateur du travail des autres, son rôle est légèrement différent pour d’autres économistes. Selon Alfred Chandler, la « main visible des managers » façonne l’économie moderne à partir de la fin du 19ème alors que la théorie de la main invisible avait dominé depuis l’apparition de l’ouvrage phare d’Adam Smith, La richesse des nations (1776). Les grandes entreprises deviennent alors dominantes, elles conduiront aux premières lois anti-trust tel le Sherman anti-trust act en 1890 ou encore le Clayton act en 1914.

 

Le marché : un rôle essentiel

Dans le cas des pays en retard, les « latecomers » pour reprendre la terminologie de Gerschenkron dans son ouvrage Economic backwardness in Historical perspective en 1962, les conditions du marché sont légèrement différentes de celles rencontrées un demi-siècle plus tôt dans les pays précoces tel que la France ou la Grande Bretagne.

En effet, seule la grande taille permet de faire face à la concurrence étrangère pour l’Allemagne, de satisfaire une demande en expansion rapide comme aux États-Unis ou encore de s’implanter dans des secteurs capitalistiques comme les chemins de fer, la métallurgie ou la chimie.

Ainsi, derrière les fonctions diverses de l’entrepreneur, celle qui permet de le considérer comme l’acteur le plus indispensable à la croissance, c’est la capacité à toujours adapter l’entreprise à la demande qui s’adresse à elle.

La technique et l’organisation ne valent en effet que si elles permettent cette adaptation. A ce sujet, Patrick Verley distingue trois périodes.

Tout d’abord, la période proto-industrielle est dominée par les négociants, parce que la connaissance du marché est déterminante. L’extension du travail dans les campagnes a permis de baisser les coûts de production et d’étendre laconsommation de produits du quotidien.

Mais, lorsque la maîtrise de procédés empiriques de fabrication est devenue nécessaire,les techniciens se sont s’imposés. Ils seront remplacés par les ingénieurs lorsque les découvertes de la science seront généralisées à tous les secteurs d’activité, et que la volonté de rationaliser l’ensemble du processus de production sera devenue indispensable.

Enfin, l’entrepreneur est celui qui trouve la réponse permettant d’amener les coûts de production au niveau des moyens financiers dont dispose le client. Au-delà de la diversité des situations, c’est ce qui le distingue toujours de ses contemporains.

 

Conclusion

Bonne révision sur le thème de l’entreprise ! 

Vous pourriez aussi aimer