L’importance de la forme en dissertation d’ESH

La dissertation d’ESH demande beaucoup d’investissement personnel au cours des deux à trois ans de prépa pour apprendre des théories, des exemples ; en bref, du fond. Pour autant, la forme de votre dissertation n’est surtout pas à négliger. La dissertation est un exercice particulièrement formel, et il faut répondre aux exigences des jurys.

Cet article a été en partie inspiré du live sur Instagram du 16/04/2021 dédié à l’ESH, durant lequel nous avons échangé avec Mme Sylvie Laurent, correctrice Ecricome et ex-correctrice ESCP. Vous pouvez trouver la rediffusion de ce live sur ce lien.

Pourquoi ces contraintes ?

Il y a énormément de contraintes de formes, tout autant que de manières d’améliorer la forme de votre dissertation d’ESH, même si ce n’est pas toujours obligatoire. Mais faire attention à la forme de votre devoir rend votre copie lisible, ce qui est un atout majeur pour le correcteur qui doit enchainer la correction de dizaines de copies avant la date butoir. Si votre copie est sale, voire illisible car mal écrite ou avec des fautes de syntaxe et d’orthographe, le correcteur ne va pas avoir envie de faire l’effort de lire votre argumentation dans les détails.

C’est ce qu’on appelle l’effet de halo : lorsqu’on constate que la copie est mal écrite au niveau de la forme, on va avoir un a priori négatif sur cette copie, et donc imaginer que le fond de la copie est lui aussi de mauvaise qualité. Cela jouera donc nécessairement sur votre note finale. Quel dommage de perdre des points dans une matière aussi importante parce que vous aurez utilisé trop de correcteur blanc !

Quelles sont les contraintes de forme obligatoires en ESH ?

Il est évident que votre dissertation doit être structurée. Rédigez donc une introduction, votre plan puis une conclusion.

La forme générale de la copie

Les rapports de jury insistent sur la clarté de l’exposition des idées. Le langage familier est évidemment à proscrire, et il faut privilégier un langage soutenu. Evitez au maximum les fautes d’orthographe et de syntaxe, qui peuvent vous coûter des points si elles sont vraiment trop nombreuses et que le correcteur n’arrive plus à vous lire : « L’orthographe et la syntaxe sont désormais très discriminantes dans la correction, les copies mal rédigées ne permettant souvent pas d’évaluer la qualité de l’argumentation, qui reste le principal critère » (rapport de jury ESH ESCP Skema 2019).

Dans chaque phrase, on ne met qu’une seule idée. Faites donc des phrases simples mais claires, avec un sujet, un verbe, et un complément, si c’est une chose que l’on vous reproche souvent.

Prenez aussi soin de votre écriture, même s’il faut parfois rédiger très vite. Il ne faut pas que votre copie devienne illisible. C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler que depuis quelques années, les copies sont numérisées :

  • Le correcteur blanc a tendance à mal résister à la chaleur durant cette numérisation, ce qui fait de grosses tâches sur les copies une fois à l’écran. Utilisez donc le correcteur avec une grande parcimonie. Si vous devez effacer des parties plus grandes de textes, préférez rayer proprement.
  • Préférez l’utilisation de crayons à l’encre foncée (noir ou bleu très foncé), sinon votre écriture n’apparaitra pas sur l’écran du correcteur

En ce qui concerne la longueur de la copie, Sylvie Laurent nous confie que certains correcteurs ne mettraient pas plus de 14/20 au-delà de 12 pages. La longueur recommandée est en effet de 8 pages, voire 10 si la qualité de l’analyse est au rendez-vous. Préférez donc toujours la qualité des arguments à leur quantité. Il faut parfois éliminer certains arguments, même si on les connait par cœur et qu’ils collaient au sujet, parce que d’autres exemples sont davantage pertinents.

L’introduction

L’introduction se structure de la manière suivante :

  • Accroche
  • Lien avec le sujet et rappel du sujet
  • Définition des termes du sujet
  • Problématique amenée par le questionnement lié aux définitions notamment
  • Contexte spatio-temporel
  • Annonce de plan

Il arrive que le sujet lui-même puisse faire office de problématique. Si tel est le cas, il faut quand même justifier l’introduction de cette problématique. Mais généralement, il est plus prudent de faire une problématique différente du sujet. La problématique peut n’être une question, mais peut aussi être composée de plusieurs sous questions, si cela est plus pertinent. Concernant l’annonce de plan, vous pouvez annoncer entre parenthèse les (I), (II) et (III).

Sylvie Laurent nous expliquait que la longueur de l’introduction ne devrait pas dépasser une page et demie. Sinon, cela représente une part trop importante du devoir (8 à 10 pages) et laisse trop peu de place au développement. De plus, si l’introduction est trop longue, c’est probablement parce qu’elle contient des éléments qui devraient se trouver dans le développement.

Le plan

De même, il va sans dire que votre plan doit avoir des parties, entre deux et trois. Chaque partie comporte plusieurs sous parties, et chaque sous partie plusieurs arguments représentant plusieurs paragraphes. N’oubliez pas que votre plan doit être équilibré :

  • En termes de quantité d’informations, de références, d’exemples
  • En termes de longueur : vous ne pouvez pas avoir une partie d’une page et votre dernière partie qui en fait cinq.

Chaque partie doit elle aussi commencer par une annonce des sous parties que vous allez exposer. N’hésitez pas à mettre entre parenthèses (A), (B), (C), pour que le correcteur voie bien où vous voulez en venir.

La conclusion

Les jurys rappellent souvent que la conclusion semble être bâclée par beaucoup de candidats en fin d’épreuve, alors que c’est elle qui termine votre devoir et laisse la dernière impression à votre correcteur. Ne négligez donc surtout pas cette étape, et rédigez votre conclusion en début d’épreuve.

La conclusion doit vous amener à récapituler votre raisonnement, mais sans le paraphraser. En effet, beaucoup de correcteurs lisent l’introduction, puis immédiatement la conclusion : il est alors très ennuyeux de lire deux fois de suite exactement la même chose.

Après ce résumé, reprenez votre problématique et répondez-y de façon claire et précise. Ensuite, vous pouvez ouvrir votre devoir sur une question se rapportant au sujet mais n’y entrant pas précisément. Elle doit montrer qu’il reste encore des choses à traiter sur ce sujet-là. L’ouverture est fortement recommandée, mais à condition qu’elle soit pertinente : elle ne doit pas, par exemple, reprendre une question déjà évoquée dans le développement, pour ne pas donner l’impression que vous découvrez seulement maintenant le sujet.

Quels conseils supplémentaires pour la forme en dissertation d’ESH ?

Ne commencez pas un paragraphe par le nom de l’auteur ou sa théorie. La dissertation est un exercice de réflexion personnelle, durant lequel vous devez exposer vos idées. Les auteurs servent, eux, d’appui à votre raisonnement. Si vous commencez votre paragraphe par « Keynes affirme que … », cela implique que vous fassiez une simple juxtaposition d’idées et de théorie, ce qui ne fait finalement pas avancer le raisonnement.

En plus de devoir être pertinents dans le cadre du sujet, les graphiques ou schémas que vous décidez d’inclure dans votre devoir doivent toujours être légendés, avec :

  • Un titre
  • La signification des axes
  • La signification des courbes

Sinon, comme l’explique Sylvie Laurent, votre copie ressemblera à une copie de mathématiques qui ne cherche pas à interpréter le réel.

Si vous devez utiliser des couleurs, préférez les couleurs foncées. Les couleurs sont bien visibles au scanner mais les couleurs claires risquent de moins bien se voir. Sylvie Laurent conseille, elle, d’utiliser des crayons de couleur afin de pouvoir gommer. Mais les crayons feutre sont autorisés également.

Les graphiques ne doivent pas être mis en annexe du devoir, mais bien être intégrés dans le déroulement de la copie. En effet, il est assez désagréable pour le correcteur de devoir changer de page pour aller voir le graphique, puis de revenir à la page précédente.

Tous les titres d’ouvrages doivent être soulignés. Attention, si vous n’êtes pas sûrs de l’orthographe d’un mot dans le titre, mieux vaut ne pas le mettre du tout, c’est moins pénalisant.

Vous pouvez, mais sans obligation, écrire le nom des auteurs en majuscules. Cela permet de les faire ressortir de vos paragraphes, au cas où le correcteur lirait rapidement votre copie. Ainsi, il peut plus facilement comprendre votre raisonnement tout en survolant votre copie.

Souvent, on a l’impression que les plans en 3 parties sont plus valorisés. Il n’en est rien si le plan est, comme le disait ironiquement Sylvie Laurent, du type « Thèse, Antithèse, Foutaise ». Il ne sert à rien de faire une troisième partie uniquement pour faire du remplissage ou pire, du hors-sujet. Ne faites une troisième partie que si c’est réellement pertinent et logique dans l’avancée de votre réflexion.

En revanche, lorsqu’on fait un plan en deux parties, le plan qui convient souvent très bien est le plan « Thèse, Antithèse ». Attention, il ne s’agit pas de dire d’abord une chose puis son contraire, mais d’introduire des conditions favorisant l’émergence de telle ou telle réponse au sujet. Cette condition peut aussi être un changement de période historique.

Il peut arriver que, dans le stress et la fatigue du concours, vous oubliiez d’écrire un paragraphe dont l’idée est pourtant importante. Dans ce cas (mais n’en abusez pas), vous pouvez mettre un astérisque à l’endroit où vous vouliez placer ce paragraphe, en indiquant le numéro de la page où vous avez rédigé ce paragraphe. De même, à l’endroit où vous rédigez le paragraphe, indiquez le numéro de la page où il est censé se trouver. Cela facilite la navigation entre les pages.

Alix Portet

Etudiante à l'ESCP Business School après une prépa ECE au lycée Nelson Mandela (Nantes), j'aide les étudiants pendant leur prépa, notamment en allemand, maths et ESH!

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