Philo A/L, Comment travailler le programme en amont ?

Bienvenue à toi cher khâgneux ! Amoureux ou non de la philosophie, cet article t’est dédié. Aujourd’hui nous allons nous intéresser au programme sur lequel tu vas travailler toute l’année : l’art, la technique. Nous allons te donner des pistes de réflexion afin de travailler ce programme en cet été déjà bien avancé, pour que tu puisses amorcer sereinement ton année et avoir une excellente note au concours.

 

 L’importance des définitions

 

D’abord, il faut bien comprendre le sujet pour pouvoir l’analyser. Surtout en introduction, les définitions sont primordiales pour montrer que l’on a compris de quoi l’on parle et éviter le classique hors-sujet.  Art et technique sont deux termes très proches, car au départ on ne distinguait pas l’artiste de l’artisan. De technê en grec, la technique était d’abord un savoir-faire tout comme l’art, de ars en latin : les deux mots n’en étaient qu’un seul. A partir du XVIIIème siècle, avec l’apparition du terme beaux-arts, on commence à les distinguer. On définit un objet technique comme un outil, un moyen pour atteindre un but donné, alors qu’un objet artistique se suffit à lui-même, il n’a pas d’autre utilité annexe. Cela donne place à une certaine hiérarchisation,  l’artiste peut être considéré comme possédant un génie, inspiré par les muses, contrairement à l’artisan, qui ne fait qu’appliquer mécaniquement des règles de production définies.

 

 

Lire des œuvres et des thèses pour se familiariser avec le sujet

 

Je ne t’apprends rien, mais l’apprentissage de la philosophie repose aussi sur les thèses de grands auteurs. Notamment dans une dissertation, c’est toujours une bonne chose d’avoir un auteur et une thèse sur lesquels se référer. Mais lire des œuvres philosophiques, c’est aussi réfléchir soi-même au sujet, et pouvoir comprendre la façon dont on construit une thèse. C’est pourquoi l’un des meilleurs conseils que je puisse te donner, c’est la lecture d’œuvres portant sur ce sujet, afin que tu aies déjà fait un vaste tour de la question et que tes cours te servent ensuite d’un bon approfondissement.

De ce fait, voici certaines thèses d’auteur venant d’œuvres que tu pourrais lire en cette fin d’été :

  • PLATON, La République: Dans son œuvre, Platon répertorie trois lits afin de nous expliquer sa vision de l’artiste. Il y a d’abord l’idée du lit, le lit réel, puis le lit de l’artisan, qui imite la forme de l’idée que l’on se fait du lit, mais il n’en est qu’une copie. Enfin, le lit de l’artiste se différencie complètement puisqu’il n’est qu’une imitation de l’imitation elle-même. C’est pourquoi Platon met en garde contre l’artiste, qui nous éloigne du réel. Cette thèse est un classique pour ce programme reposant sur l’art et la technique, et je te conseille de lire cette partie de l’œuvre de Platon, qui sera toujours réutilisable en dissertation.
  • ARENDT, La crise de la culture: Dans son essai numéro VI, Hannah Arendt différencie l’œuvre d’art des autres productions humaines. Ces œuvres d’art n’ont aucune finalité, de ce fait elles sont écartées volontairement du principe même de consommation, donc perdurent dans le temps. Les œuvres d’arts échappent à toutes choses, même à leur artiste, elles appartiennent au monde dans l’espace et dans le temps. Cet essai peut se révéler utile en dissertation afin de distinguer l’aspect spécifique d’une œuvre d’art, ou de la définir.
  • KANT, Critique de la faculté de juger: Une œuvre assez costaude, mais comme les autres tu peux te focaliser sur un extrait qui porte la thèse de l’auteur à propos de l’art. Tu peux lire le début de son œuvre, qui s’intéresse à l’esthétique. Il soutient que l’art implique une activité raisonné et une manifestation de l’esprit, car ce n’est pas une production d’instinct mécanique. Kant propose également une réflexion sur le beau, où il défend que la beauté provoque une satisfaction sans intérêt, c’est-à-dire que la beauté n’est pas propre à l’objet, ce n’est qu’un jugement lié à la satisfaction que j’éprouve. Ainsi, il explique que le beau est ce qui plaît « universellement ». Là encore, cette œuvre regorge de thèses à réutiliser en dissertation.
  • SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation: Dans son livre 3 consacré à l’esthétique, Schopenhauer considère que l’art est la contemplation des choses, indépendante du principe de raison. Il affirme que l’art produit une expérience esthétique, et que l’individu se défait d’une pensée rationnelle pour atteindre une perception du sublime à travers l’œuvre. Ici, pour lui le génie relève de la capacité d’une personne à vivre une expérience esthétique, en étant confronté à l’art, à un objet ou à la beauté. Et les artistes ne sont que ceux qui ont eu assez de génie pour retransmettre leur expérience par le biais de l’art, et donc qui serait la manifestation d’une volonté. Je te conseille vivement la lecture de ce livre pour en saisir toutes les subtilités.

 

Réfléchir sur quelques sujets possibles

 

Ici j’encourage ta réflexion personnelle, car tu auras toute l’année le loisir d’apprendre des tonnes de fiches par cœur. Pour être préparé à ce programme, le mieux est encore d’y réfléchir et de poser tes propres thèses. Pour cela, tu peux disserter au brouillon sur des sujets possibles, ce qui permet d’avoir déjà en tête des arguments si le sujet venait à tomber en devoir. Pas la peine de rédiger vingt pages, juste thèse, antithèse, sur des sujets possibles que je vais te donner, tu connais la chanson. (Bien sûr la liste est non exhaustive, libre à toi de prendre d’autres sujets tous aussi intéressants.)

  • Le beau est-il toujours la finalité de l’art ?
  • La valeur de l’art réside-t-elle dans son inutilité ?
  • L’artiste est-il maître de son œuvre ?
  • La technique nous déshumanise-t-elle ?
  • Une technique est-elle bonne parce qu’elle est efficace ?
  • L’art transforme-t-il notre conscience du réel ?
  • A quoi bon expliquer une œuvre d’art ?
Vous pourriez aussi aimer