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Le rôle et les pouvoirs du roi d’Angleterre

Sommaire

Le 8 septembre 2022, à la suite du décès de la reine Elizabeth II, Charles III devient le nouveau roi. Huit mois plus tard, le 6 mai 2023, il est officiellement couronné à l’abbaye de Westminster, à Londres. Il succède ainsi à sa mère après plus de 70 ans de règne. Si Charles devient roi et prend le pouvoir de la couronne britannique, de quel pouvoir dispose-t-il vraiment ?


Histoire de la couronne britannique

Tout d’abord, revenons sur l’histoire de la monarchie anglaise, qui remonte à plusieurs siècles. La conquête normande de 1066 marque un tournant important dans cette histoire. En effet, Guillaume le Conquérant s’empare de l’Angleterre après sa victoire à la bataille d’Hastings et devient roi d’Angleterre. En 1154, Henri II fonde la dynastie des Plantagenêts, qui restera au pouvoir jusqu’en 1399. Par la suite, différentes dynasties se succèdent, telles que les Tudors, les Stuarts ou encore les Hanovre. C’est finalement en 1917 que le roi George V décide d’adopter le nom de Windsor, donnant ainsi naissance à la dynastie qui règne encore aujourd’hui sur le Royaume-Uni. Durant ces siècles de règne, la monarchie anglaise est marquée par de nombreux événements marquants. Par exemple, c’est en 1215, lorsque le roi Jean sans Terre signe la Magna Carta, que le pouvoir du roi est limité pour la première fois. Il s’agit d’un texte historique qui constitue une étape importante dans l’évolution des institutions anglaises. Ce document, imposé par une partie de la noblesse, est encore aujourd’hui considéré comme l’un des textes fondateurs de l’histoire constitutionnelle britannique. Un autre événement majeur intervient au XVIIe siècle, lorsque l’Angleterre traverse une guerre civile opposant le roi Charles Ier au Parlement. Ce conflit conduit à l’exécution du roi en 1649 et à l’abolition de la monarchie. L’Angleterre devient alors une république, notamment dirigée par Oliver Cromwell, jusqu’au rétablissement de la monarchie en 1660 avec l’arrivée au trône de Charles II. Enfin, dans l’histoire plus récente, il n’est pas possible de ne pas évoquer le règne de la reine Victoria, de 1837 à 1901. Cette période, appelée époque victorienne, correspond à l’expansion coloniale britannique.

 

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Fonctionnement

Intéressons-nous désormais au fonctionnement de la monarchie. Il faut savoir que le Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle et parlementaire, c’est-à-dire que le souverain, actuellement Charles III, est chef de l’État mais ne gouverne pas. Sa constitution repose sur des lois telles que la Magna Carta, comme évoquée précédemment, ou le Bill of Rights. Ce dernier date de 1689, après la Glorieuse Révolution, et limite les pouvoirs du souverain. Par exemple, il ne peut ni hausser les impôts ni suspendre les lois sans l’accord du Parlement. Le monarque exerce des fonctions surtout formelles : il nomme le Premier ministre, issu de la majorité à la Chambre des communes, ouvre la session parlementaire, accorde l’assentiment royal aux lois et représente le pays à l’étranger. Nous pouvons donc voir que le roi britannique a davantage un rôle de représentation puisqu’il doit rester strictement neutre politiquement. Il incarne également la continuité de l’État et l’unité nationale, indépendamment des changements de gouvernement. Son rôle symbolique reste donc essentiel dans la société britannique, notamment lors des grandes cérémonies officielles. La couronne se transmet par primogéniture, c’est-à-dire au premier enfant qui naît, et ce, sans distinction de sexe depuis 2013.

 

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Rôle et pouvoir 

Bien que le rôle du monarque soit principalement représentatif, il conserve néanmoins certains pouvoirs. Tout d’abord, la nomination du Premier ministre est sous la responsabilité du roi. Il intervient également dans le fonctionnement du Parlement, notamment lors du discours du trône, au cours duquel il présente le programme du gouvernement. De plus, chaque loi doit recevoir son approbation, appelée Royal Assent. Bien qu’il puisse théoriquement la refuser, aucun souverain n’a utilisé ce pouvoir depuis 1708. Le roi rencontre également chaque semaine le Premier ministre afin d’échanger sur la situation politique du pays. Il peut ainsi le conseiller, mais doit respecter une stricte neutralité politique, comme expliqué ci-dessus. Enfin, il est gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre et participe à de nombreuses cérémonies officielles.

Cependant, son rôle ne se limite pas au Royaume-Uni. Charles III est également chef d’État de 14 autres pays indépendants, dont le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces États possèdent leurs propres gouvernements, mais partagent le même souverain. Charles III est aussi à la tête du Commonwealth, une organisation regroupant 56 pays indépendants, représentant environ 2,7 milliards d’habitants. Héritée en grande partie de l’ancien Empire britannique de l’époque victorienne, comme vu précédemment, cette organisation favorise la coopération entre ses membres. Le roi n’y exerce toutefois aucun pouvoir politique direct. Enfin, grâce à ses visites officielles et à son rôle diplomatique, Charles III contribue au soft power britannique, c’est-à-dire à l’influence internationale du Royaume-Uni par son image, son histoire et sa culture. Rappelons que le soft power est un terme théorisé par Joseph Nye dans son ouvrage Bound to Lead en 1990.

 

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Louis Dubois