Que signifie « Liberté » à Hong Kong ?

La notion de liberté est sans doute l’une des plus discutée dans le monde. Tandis que certains tentent de la restreindre, d’autres continuent de se battre pour elle. Chaque personne a une vision différente de ce qu’est la liberté. Cette différence est principalement due à l’hétérogénéité des cultures. En effet, certains pays préfèrent sacrifier certaines de leurs libertés au nom de la sécurité ou du bien-être général. Aujourd’hui, nous allons regarder de plus près ce que signifie « liberté » à Hong Kong.

 

Hong Kong, ancienne colonie anglaise maintenant indépendante, est revenue à plusieurs reprises sur la liberté de ses habitants. La ville avait déjà vu ses rues bondées en 2019 pendant les manifestations pro-démocratiques. Aujourd’hui, la présence grandissante de la Chine au sein du gouvernement Hong Kongais ainsi que les restrictions sanitaires liées au Covid-19 n’ont fait qu’accentuer cette dynamique. Mais après tous ces récents évènements, que devient la liberté à Hong Kong ?

 

Liberté ou sécurité

Si vous allez à Hong Kong aujourd’hui, vous ne manquerez pas les milliers de caméras de surveillances postées partout dans la ville. La vidéo surveillance est ancrée dans le quotidien des Hong Kongais. Chaque jour, ils sont filmés dans la rue, au travail, et même chez eux. Ce système de surveillance généralisée garantie donc aux habitants de Hong Kong une sécurité sans faille. Contrairement à la France, on peut se balader en pleine nuit dans n’importe quel quartier de la ville sans aucun risque. Mais ce climat de sécurité n’est-t-il pas plombé par le sentiment d’être surveillé en permanence ? En effet, les habitants payent leur sécurité au prix de leur liberté.

Ce sentiment s’est renforcé chez les habitants à l’arrivée du Covid-19. Entre les applications de traçages, les tests à répétition ou les règles de quarantaine, la population a encore dû mettre de côtés certaines de ses libertés au nom de la santé collective. Et à Hong Kong, difficile d’échapper aux mesures du gouvernement.

« Je me sens en sécurité, mais j’ai le sentiment de ne pas pouvoir m’exprimer librement, notamment sur les réseaux sociaux. Je ressens vraiment que ma liberté d’expression est restreinte. La politique ne m’intéresse pas particulièrement, mais j’ai l’impression qu’ils repoussent les limites des régulations pour contrôler le discours et l’opinion des gens. » A confessé Alice, jeune étudiante Hong Kongaise.

 

Se battre ou se taire

En France, nous considérons nos libertés comme acquises. Vous vous demanderez donc sûrement pourquoi la population se laisse faire ? Pourquoi n’essaye-t-elle pas de se battre pour ses libertés ?

Le fait est que le terme de liberté que l’on connait est à des kilomètres de ce que les habitants de Hong Kong connaissent. Éducation, médias, politique : tout est contrôlé par le gouvernement. Cela convient à certains, d’autres non. Mais les quelques fois où une partie de la population a essayé d’obtenir plus de libertés, le gouvernement les a rapidement stoppés.

Les habitants de Hong Kong n’étaient d’ailleurs pas tous favorables à une réduction de leurs libertés en 2014 et 2019. Des milliers de personnes étaient sorties dans les rues pour faire entendre leur voix, avec le mouvement des parapluies par exemple. Mais contrairement à la France, Hong Kong réprime sévèrement toute atteinte au pouvoir. Ainsi, des dizaines de manifestants et opposants politiques ont été condamnés ou emprisonnés. Certains sont d’ailleurs encore derrière les barreaux aujourd’hui.

Le gouvernement a déjà écarté les personnes susceptibles de s’opposer aux règles. Alors qui reste-t-il ? Écarter toutes les personnes susceptibles de nuire au gouvernement semble être la meilleure manière de discipliner la population. Dissuader pour éviter le combat. La peur est l’instrument le plus efficace pour lutter contre les contestations. Si la population a peur des conséquences, elle ne risquera pas de s’opposer. Ainsi, plus personne ne souhaite porter la voix de la liberté à Hong Kong. Les risques sont trop grands. La population est donc réduite au silence depuis 2019, forcée de se plier aux règlementations d’un gouvernement de plus en plus proche de la Chine.

 

Liberté et information à Hong Kong

Le gouvernement s’est également attaqué à la presse en supprimant les médias indépendants. Aujourd’hui, l’Etat contrôle presque la totalité des médias d’information à Hong Kong. Alors, la population n’a d’autre choix que d’écouter aveuglement ces quelques médias qui sont pour eux la seule source d’information. Imaginez donc un monde où l’information est contrôlée afin de vous cacher les éléments qui pourraient nuire au gouvernement et à son bon fonctionnement. Ce serait un monde où prendre du recul et de la perspective sur les évènements serait difficile voire impossible. Ce monde, c’est Hong Kong.

 

Sécurité avant liberté, peur de la répression, manque d’informations ? En tout cas, la population se plie sans écart aux règles dictées. Difficile de leur en vouloir, ont-ils vraiment le choix ? Cela nous amène à nous demander quel prix sommes-nous prêts à payer au nom de la liberté ?

Vous pourriez aussi aimer